Terra 28 février 2019 à 10h00 | Par Claire Le Clève

11 millions d’euros investis par les Cuma en 2018

Record battu, les Cuma du Morbihan ont investi 11 millions d’euros pour acheter en commun du matériel agricole et l’utiliser ensemble. Autant de charges de mécanisation individuelles en moins pour les adhérents. Des investissements dont il aura été question lors des trois réunions d’hiver qu’organisait la FD Cuma.

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Les responsables de la Cuma de la Croix de l’Iff à Mohon ont accueilli avec une partie du parc, une des trois réunions d’hiver organisées par la FD Cuma
Les responsables de la Cuma de la Croix de l’Iff à Mohon ont accueilli avec une partie du parc, une des trois réunions d’hiver organisées par la FD Cuma - © Claire Le Clève

 

"Dès que le matériel est amorti, on le remplace", détaille Philippe Launay, le trésorier devant la trentaine de responsables de Cuma venus en ce mercredi matin à Mohon. Renouveler sans attendre la panne, investir, c’est la politique de cette Cumaqui a fêté ses 30 ans. Une Cuma matériel, forte de ses 50 adhérents avec 40 machines jusqu’à la récolte, pour leurs 2 500 ha de cultures. Elle a présenté une partie de son parc, le 20 février dernier à l’occasion de la troisième réunion d’hiver organisée par la FD Cuma, après un détour par les établissements Claas de Pontivy puis par la Cuma l’étoile de l’Oust, à Saint Martin sur Oust, la semaine passée.

Investir en neuf

"L’an dernier nous avons acquis un nouveau semoir à semis direct. La subvention donne un bon coup de pouce", et permet d’être très compétitif. Ainsi, "sur ce semoir Sky, on a fait 250 ha en semis direct facturés 25 euros/ha", poursuit l’éleveur investi. Avoir à disposition un matériel performant à coût maîtrisé, c’est tout l’intérêt des subventions à taux unique (40% plafond 30 000 euros) sur l’achat de matériels agro-environnementaux éligibles en neuf. "On a aussi renouvelé la fendeuse, l’épandeur à fumier avec table en 2018" poursuit le trésorier de cette Cuma qui désigne "un responsable par matériel pour le bon suivi" et qui n’hésite pas à faire signer un engagement d’hectares. "Si ce n’est pas tenu, c’est payé tout de même, le montant de l’annuité en dépend". Dernier principe en vigueur, "un fond de caisse confortable par matériel pour pallier les variations annuelles". Et du coup, "nos activités sont bien placées en prix de revient" s’en réjouissent les responsables de cette Cuma ayant également acquis un outil automoteur pour la récolte : "340 ha de battage dont 50 de maïs". Le tout, "avec du matériel, performant et neuf. Ça évite les pannes en pleine saison et c’est appréciable", renchérit Patrice, l’un des adhérents.

L’herbe dans tous ses états

Une politique choisie par bon nombre de Cuma avec des investissements records en 2018 de 11millions d’euros. "Et déjà 3 millions depuis 2019, ça repart fort", constate Christopher Brachet de la FD Cuma. Plébiscitée, l’herbe et ses matériels de la récolte : andaineurs, faucheuses, faneuses… Idem côté semis-direct et désherbage mécanique, sans oublier l’ ensilage, avec l’UD Cuma et les Cuma, dont l’activité se développe. "On voit l’intérêt de la récolte en collectif pour maîtriser les coûts", appuie le technicien. Autre thème abordé, l’emploi. "On a beaucoup de mal à trouver des salariés", pointe Cédric Le Floch, nouveau président dela FD Cuma. "Les cuma c’est de l’emploi pour les jeunes", plaide-t-il avançant le thème fort de la future assemblée générale, le 14 juin prochain à Baud, où tous les lycées agricoles seront invités, une nouvelle fois.

Claire Le Clève

 

Cédric Le Floch, nouveau président de la FD Cuma
Cédric Le Floch, nouveau président de la FD Cuma - © Claire Le Clève

Cédric Le Floch "être présent dès le parcours à l’installation"

40 ans, jeune il l’est. "Ma femme qui s’est installée avec moi l’est encore plus !", s’amuse Cédric Le Floch, nouveau président de la FD Cuma du Morbihan qui livre 350 à 380 000 l de lait à Biolait. Salarié durant 10 ans sur l’exploitation familiale (en bio depuis 1998), il s’y est installé depuis 10 ans à Séglien, désormais en Gaec avec son épouse, "nous avons refait toute la salle de traite, le parc d’attente, la nurserie pour pouvoir travailler tout seul, se libérer du temps", raconte ce papa de trois enfants. "A 7h15 tout est fait et le soir, nous sommes à 18h à la maison...". Une organisation du travail avec la Cuma, choisie pour "notre vie de famille et pouvoir s’engager ailleurs. Mais nous n’avons pas investi dans du matériel", raconte ce Cumiste convaincu, élevé par un père qui l’était tout autant et qui a créé la Cuma de Saint-Jean, intégrale, que Cédric préside désormais… La Cuma, cet outil " qui n’est pas assez utilisé par les jeunes", estime t-il. Il en fait un cheval de bataille, avec un souhait, d’"être dans le parcours installation pour nous faire connaître car la charge de travail ne va pas aller en diminuant".

 

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