Terra 30 janvier 2019 à 14h00 | Par Chantal Pape

2018, une année compliquée à gérer pour les ETA

Météo compliquée, exonération de la TIC, défiscalisation des heures supplémentaires, difficultés de recrutement... : l'assemblée générale, le 24 janvier dernier à Briec (29) a permis aux entrepreneurs des territoires de Bretagne de faire le point sur une actualité riche.

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Frédéric Jan, président d'Entrepreneurs des territoires Bretagne.
Frédéric Jan, président d'Entrepreneurs des territoires Bretagne. - © Terra

Un mois de mars particulièrement pluvieux, retardant les travaux des champs, et un été très chaud, avançant la date des ensilages... 2018 a été une année compliquée à gérer pour les entreprises de travaux agricoles ! "Au printemps, les trésoreries ont été mises à mal, nous obligeant à demander des reports de cotisations à la MSA, indique Jean-Marc Leroux, délégué régional d'EDT, entrepreneurs des territoires de Bretagne. Et en été, il a fallu rappeler les salariés en congés, après la moisson, pour démarrer les ensilages, dès le 20 août dans certains secteurs". Un télescopage qui pose question. "Le réchauffement climatique est une réalité. Comment ferons-nous demain pour gérer le personnel, dans de telles conditions ?"


Jusqu'en 2022

Suite à une action menée en juin avec les FDSEA et JA de Bretagne et Pays de Loire contre la hausse du prix des carburants, les ETA ont obtenu, dès septembre 2018, le maintien du remboursement de la TICPE sur le GNR, le gazole non routier, jusqu'en 2022. "Une victoire importante, estime Jean-Marc Leroux. À lui seul, le carburant représente 15 % des charges des ETA". "La défiscalisation des heures supplémentaires, obtenue suite aux actions des Gilets jaunes, va dans le bon sens, rajoute Frédéric Jan, président de l'Union régionale des entrepreneurs. C'est plus de pouvoir d'achat pour nos salariés".


Former des apprentis

Des salariés que les ETA peinent à trouver. "Aujourd'hui, le délai de recrutement dépasse les trois mois". Pour le président d'EDT Bretagne, la solution passe aussi par l'apprentissage. "Depuis 2017, le conseil régional a décidé d'ouvrir de nouvelles formations et le nombre de places a doublé. Mais les entreprises manquent à l'appel". Et Frédéric Jan de lancer un appel pressant aux chefs d'entreprise. "En 2016, en filière agro-équipement, 40 apprentis sont sortis des écoles, contre 240 pour la branche du paysage... 6 fois plus que nous pour un nombre d'entreprises équivalent !"

Pour compléter cette offre, EDT Bretagne a fait le choix de ses propres formations, avec un CQP, un certificat de qualification professionnelle conducteur d'engins agricoles. Élaboré par les professionnels de la branche, le programme colle aux attentes des entreprises. "Et les jeunes sont immédiatement opérationnels", affirme Jean-Marc Leroux. Après Montauban de Bretagne (35), l'expérience se poursuit dans le Finistère, au centre de formation de Saint Ségal.

 

De nouvelles obligations

Si la suppression annoncée du glyphosate et de nombreuses matières actives inquiète le monde agricole, elle n'est pas sans conséquences sur l'activité des ETA. "La suppression du Sonido oblige toutes les entreprises qui font du semis à détenir leur agrément", indique Frédéric Jan. Mais bon nombre d'entre elles ne sont, pour le moment, pas à jour de leurs obligations.

Suite à une rencontre avec l'Agence de l'eau Loire Bretagne, les ETA pourront désormais bénéficier, comme les Cuma ou les exploitations, d'aides à l'achat de matériel de désherbage alternatif. "Cette année, une cinquantaine d'ETA devraient pouvoir y pré tendre, détaille Jean-Marc Leroux. C'est un bon début".


Respecter la loi en forêt

"La loi est bafouée". Regroupant aussi les entreprises de travaux forestiers et sylvicoles, EDT Bretagne tire la sonnette d'alarme sur des distorsions de concurrence au sein de la profession. "Il n'est pas normal que des personnes travaillent en forêt sans attestation de levée de présomption de salariat, alors que le code forestier le demande". Un sujet sur lequel EDT Bretagne entend "peser de tout son poids pour faire appliquer la loi".

 

 

Jean-Marc Leroux, délégué régional d'Entrepreneurs des territoires Bretagne.
Jean-Marc Leroux, délégué régional d'Entrepreneurs des territoires Bretagne. - © Terra

Les entrepreneurs de Bretagne, ce sont :

1 149 entreprises, dont 921 de travaux agricoles et ruraux et 228 de travaux forestiers et sylvicoles.

709 employeurs de main d'œuvre.

4 641 emplois, dont 93 % d'hommes.

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