Terra 01 février 2018 à 10h00 | Par Claire Le Clève

6 eme Directive Nitrates : "Pas plus de contraintes"

Ce n’est qu’un projet. Mais les dispositions du 6 me programme de la directive nitrates mettent vent debout FDSEA et JA bretons. Les responsables du dossier environnement du Morbihan et d’Ille et Vilaine les ont dénoncées, au motif d’une amélioration constante de la concentration ds eaux en NO3.

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Pour dénoncer les dispositions de la future directive nitrates en projet, Christian Mochet, en charge du dossier environnement à la FDSEA 35 comme Franck Pellerin, également vice président de la FDSEA du 56 et Florian Salmon président des JA 35 et Pascal Avenier.
Pour dénoncer les dispositions de la future directive nitrates en projet, Christian Mochet, en charge du dossier environnement à la FDSEA 35 comme Franck Pellerin, également vice président de la FDSEA du 56 et Florian Salmon président des JA 35 et Pascal Avenier. - © Claire Le Clève

 

"Pourquoi nous rajouter encore des contraintes alors que la qualité des eaux ne cesse de s’améliorer grâce aux efforts que nous avons fait", dénonce Franck Pellerin, éleveur en bovin viande, vice président de la FDSEA du Morbihan. A ses côtés, venus d’Ille et Vilaine, Christian Mochet, vice président de la FDSEA Florian Salmon président des JA, tous deux en charge du dossier environnement, pointent chiffres et courbes. "Depuis 5 ans, le seuil des 50 mg de N03 n’a pas été dépassé. On est sorti du contentieux européen et cité en exemple", notent en préambule ces éleveurs laitiers. "90 % des analyses faites en Bretagne en 2016 donnent une moyenne de 31 mg de NO3/l", démontrent-ils, courbes à l’appui. "On peut se féliciter du travail fourni par la profession qui s’est investie". Et d’invoquer la politique de couverture des sols généralisée à toute la Bretagne, "une contrainte devenue aujourd’hui un atout. On a de l’avance", souligne Christian Mochet. "Ça a un rôle formidable pour nos sols avec les bandes enherbées. On fait de l’agronomie, On fait attention et on a investi lourdement pour tout cela", défendent-t-ils sur les efforts fournis, "et qui portent leur fruits".

 

Des pointeuses au pâturage

Pour autant, ces responsables ont l’impression que "l’administration fait du zèle et veut nous en rajouter… Elle est où la simplification ? " dénoncent-ils. Leurs craintes ? "La pointeuse pour vaches à l’entrée du champ! L’administration veut mettre un indicateur de temps de séjour dans les parcelles accessibles au pâturage*", relève Florian Salmon installé en GAEC et chez qui "les vaches ne disposent que de 4 ha accessibles autour du bâtiment avec robot. Les routes et les voisins nous contraignent. Mais elles sont bien mieux à pâturer sur ces parcelles qu’enfermées". "Un non sens", pour ces éleveurs qui redoutent une réglementation poussant "à avoir des animaux enfermés. L’administration veut des élevages hors sol ?". Ils dénoncent également la mise en place de bassins tampons, la non prise en compte de leur demande de simplification des plans d’épandage ou de pouvoir fertiliser les couverts végétaux… "On nous concerte dans des réunions ou nous donnons notre avis dont on ne tient pas compte. C’est insupportable d’être traité comme ça ! , s’insurgent-ils, réclamant qu’avant toute "nouvelle couche de contraintes supplémentaires, un bilan complet du cinquième programme soit fait".

 

*indicateur JPP pour journée de présence au pâturage

 

Claire Le Clève

 

 

 

 

Pascal Avenier. Il s’est installé en 1996 en lait avec un salarié à mi temps sur 75 ha à la Chapelle Caro, au bord de l'Oust
Pascal Avenier. Il s’est installé en 1996 en lait avec un salarié à mi temps sur 75 ha à la Chapelle Caro, au bord de l'Oust - © Claire Le Clève

"C’est mieux de voir les vaches pâturer"

"Les vaches ici, elles sortent toute l’année", apprécie Pascal Avenier. Il s’est installé en 1996 en lait avec un salarié à mi temps sur 75 ha à la Chapelle Caro et fait partie de l’aventure des Energiculteurs de l’Oust, une méthanisation collective à 12 agriculteurs. Autour du bâtiment d’élevage, pour produire leurs 620 000 l annuels, ses 60 laitières accèdent à 15 ha de pâture d’un seul tenant dont certains en rive de canal. "15 ha d’herbe, il y a mieux mais il y a pire aussi, je fais avec. Les vaches, on aime les voir dehors. C’est pratique, elles sortent seules pour pâturer au moins 300 jours par an. Au niveau des finances, c’est mieux de voir les vaches pâturer que d’avoir des frais de récolte, de conservation et de distribution d’herbe à la table d’alimentation", défend cet éleveur.

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