Terra 20 décembre 2018 à 08h00 | Par Julien Piro

À cinquante ans, l'UGPVB ne pense qu'au futur

Depuis l'annonce faite par la Commission européenne de reconnaître les Associations d'organisations de producteurs dans le secteur de la viande, l'UGPVB est entièrement tournée vers la création d'AOP pour les filières qu'elle représente. Mais il reste encore du chemin à parcourir.

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L'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB) réunie en assemblée générale à Rennes le 7 décembre dernier.
L'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB) réunie en assemblée générale à Rennes le 7 décembre dernier. - © Terra

L'Union de groupements de producteurs de viande de Bretagne croît plus que jamais dans le collectif qui a façonné l'agriculture régionale. Après cinquante ans de patient travail à jeter les bases du sanitaire, de l'environnement, de la qualité, etc. des filières bovine, porcine et ponte (vingt-huit groupements adhérents), une nouvelle étape s'ouvre. Celle des associations d'organisations de producteurs, permise dans le secteur de la viande depuis peu. Lors de son assemblée générale qui se tenait à Rennes le 7 décembre dernier, l'Union a indiqué, par la voix de son président, Michel Bloc'h, que "les travaux sont initiés en oeuf avec une réunion des OP (douze OP, 655 producteurs) en cours de programmation". Les discussions paraissent plus avancées dans le porc, "même s'il y a encore des interrogations sur ce que pourrait être l'AOP", poursuit Michel Bloc'h. Mais il espère toujours qu'elle voie le jour dans le courant 2019.

 

Gagner en pouvoir de marché

Une AOP octroierait à ses adhérents plus de poids dans la détermination du prix de vente fixé s'ils parvenaient à s'imposer une discipline collective pour présenter plus d'animaux qu'aujourd'hui au Marché du Porc Breton (MPB) . De ce point de vue, a souligné en substance Michel Bloc'h, l'UGPVB plaide pour l'organisation prochaine d'une réunion entre les responsables d'OP, un expert du commerce et le MPB pour réfléchir à l'évolution "des fondamentaux" de la mise en marché. L'AOP pourrait aussi, en période d'excédents, exporter du vif pour soulager le marché et ainsi éviter la chute des prix. En consolidant ainsi le socle de la production en amont, l'Union est persuadée que les éleveurs gagneront "en pouvoir de marché pour se rapprocher à minima du prix allemand", souligne son président.

Cependant l'avenir des filières d'élevage ne découle pas du seul prix ; elle résulte aussi de la capacité des éleveurs à moderniser leur outil de production. Aujourd'hui, au vu de la conjoncture économique, investir n'est pas chose aisée. Mais demain, si les AOP étaient reconnues par la Commission européenne, la donne pourrait être différente. Une AOP pourrait prétendre à des programmes opérationnels, c'est-à-dire des co-financements sur des thématiques précises (économie d'énergie et production d'énergies renouvelables, bientraitance animale, qualité et traçabilité des produits, etc.). Aussi l'UGPVB demande-t-elle à l'État français de prendre en compte les orientations des professionnels bretons pour bâtir le plan stratégique national qu'il prépare pour la Commission, dans le cadre de la réforme de la PAC en cours (2020-2027).

 

Promos par dérogation ?

Les ordonnances sur le seuil de revente à perte et l'encadrement des promotions n'étaient pas encore parues que les organisations porcines envisageaient de demander des dérogations pour pouvoir faire des promotions de viande de porc. "On va se prendre le marteau en pleine figure si l'encadrement des promos est appliqué trop rigoureusement" prédit Guillaume Roué qui s'est fait le relais de cette inquiétude lors d'une rencontre avec Emmanuel Macron en octobre dernier.

 

La peste porcine fera-t-elle revenir la Chine à l'achat sur le marché mondial ?

La peste porcine africaine se répand comme une traînée de poudre en Chine et ses éleveurs tremblent. Car le producteur de la moitié des cochons de la planète (55 millions de tonnes) est très vulnérable, les règles de biosécurité y étant quasi inexistantes. "On peut s'attendre à une hécatombe dans les élevages dans les prochains mois, explique Guillaume Roué, président du groupement Evel'Up et de l'interprofession Inaporc. Certains évoquent 5 % de pertes (2,5 à 3 millions de tonnes), d'autres 20 %, soit plus de 10 millions de tonnes, c'est-à-dire la moitié de la production européenne". On devrait donc logiquement revoir les Chinois à l'achat sur le marché mondial. À condition, bien évidemment, que le pays fournisseur soit indemne de peste porcine. C'est la raison pour laquelle Inaporc participera en début d'année à un colloque à Pékin en présence des principaux importateurs de l'Empire du Milieu. Objectif : leur faire comprendre qu'une région éventuellement touchée dans l'est de la France n'aurait aucun impact sur le principal bassin de production français de l'Ouest.

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