Terra 05 octobre 2017 à 08h00 | Par Claire Le Clève

À Kerlebost, "le concours, c’est aussi de la formation agricole"

Ils sont quarante jeunes du lycée Kerlebost de Saint Thuriau (56) à découvrir, tous les ans, l’univers des concours sur leur ferme pédagogique. Pour les guider dans la préparation des animaux, Michel Jaglin, éleveur en race charolaise, coutumier des rings, est là, aux petits soins. Huit d’entre-eux présenteront à Pontivy sept animaux du troupeau lors de l’inter-régional Charolais. Une fierté.

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Avec Michel Jaglin, éleveur en race Charolaise, quarante jeunes de Kerlebost se forment à la préparation aux concours en race à viande, dont Gurvan, Guillaume, Benjamin et Benoît.
Avec Michel Jaglin, éleveur en race Charolaise, quarante jeunes de Kerlebost se forment à la préparation aux concours en race à viande, dont Gurvan, Guillaume, Benjamin et Benoît. - © Terra

Après les honneurs du Space cette année, avec trois animaux triés sur le volet, ce sont un taureau, quatre veaux, une génisse de 30 mois et la belle Éolienne âgée de neuf ans, qui défileront à Pontivy le samedi le 14 octobre. "C’est toujours une fierté de présenter des animaux", estime Patrice Bihoës. Il conduit l’exploitation pédagogique du lycée Kerlebost. La seule de Bretagne à mener un troupeau allaitant en race Charolaise. "En 2008, j’ai pu acheter cinq mères à taureaux. On a fait de la transplantation embryonnaire et cela a permis d’augmenter le niveau génétique du troupeau". Depuis lors, pas un Ohhh la vache sans la présence d’un animal de ce cheptel construit avec 35 mères et la suite. Depuis l’an passé, un bâtiment tout neuf les héberge, "et permet de travailler en toute sécurité. Un vrai support pédagogique pour nos jeunes qui portent l’image du lycée avec l’accompagnement de professionnels", renchérit Virginie Malle, directrice de l’établissement. "Car les concours, c’est aussi de la formation agricole", résume Patrice Bihoës.

Motivation +++

Pour les accompagner, Michel Jaglin. Cet éleveur à Saint Gilles Vieux Marché (22), avant de créer des vocations parmi les lycées, s’est exercé avec succès auprès de ses "fistons". Ils ont repris l’EARL de la Ville Neuve, bien connue des rings. "Depuis quatre ans, je viens deux fois par semaine, les mardis et vendredis matins. Au total je forme une quarantaine de jeunes et ça se passe plutôt bien parce qu’ils sont motivés", apprécie l’éleveur, pédagogue. "Pour ceux qui ne sont pas du milieu, ça les met en confiance". "Et ce sont 50 % de nos effectifs", enchaîne Virginie Malle, à propos de ce vivier qui se prépare au renouvellement des générations. Un accompagnement que Michel Jaglin apprécie également, "chez ces jeunes très intéressés qui en veulent vraiment". Et les messages passent d’autant mieux, "sur la manipulation des animaux en sécurité. Quand ils partent en stage, ils ont cette sensibilisation", apprécie l’équipe pédagogique. Depuis la prise en main des plus jeunes animaux, en passant l’apprentissage de la marche, la préparation et le clipage, la formation s’achève sur une journée spécifique sur le pointage avec un technicien.

Des vocations qui se révèlent

Une démarche qui crée des vocations ou révèle des aptitudes. "On a eu un élève de Moréac dont le papa élevait des Normandes. Il est allé avec le lycée à Ohhh la Vache et l’année d’après il présentait des bêtes avec son père. Désormais il est installé et mordu des concours", apprécie Patrice Bihoës. "C’est nickel avec Michel, c’est sympa, convivial. On est en petit groupe", glisse Gurvan, élève de terminale. "Ça m’impressionne la manière dont il les tient, les aborde", témoigne ce lycéen de 17 ans non issu du milieu agricole qui rêve "depuis tout gamin", de devenir agriculteur. "J’ai un bout de champ, un tracteur, une charrue", un vrai début. Même dada pour Guillaume qui a grandi près de l’élevage laitier de ses parents : "J’ai la même envie de devenir agriculteur. Je ne connaissais pas l’élevage allaitant, c’est l’occasion de découvrir". Quant au concours ? "C’est très sympa mais c’est beaucoup de temps qu’on dégage difficilement", reconnaît-il à regret. Une réalité qui n’a pas échappé à Benjamin qui a grandi sur une exploitation laitière. "On aime ce métier mais quand on voit les contraintes, l’astreinte, ça claque. Et puis il faut avoir la tête sur les épaules…", met à distance ce lycéen pour autant ravi de l’initiation. "J’ai découvert la contention, la manipulation en sécurité tout en gardant le sens du bien-être des bêtes". Même remarque pour Benoît, 16 ans qui enfant, dès qu’il le pouvait, sautait dans ses bottes pour rejoindre son oncle sur la ferme. "C’est l’élevage qui m’intéresse. Le lait. Je sais ce que ça implique mais c’est ce que j’aime", affirme-t-il. Il sera peut être l’un des huit élèves à participer au concours pour présenter les animaux du lycée.

Quarante lycéens de Kerlebost au total rejoindront les rangs des petites mains de tous les lycées agricoles morbihannais qui prêtent mains fortes à l’événement durant quatre jours et préparent, nettoient, assistent et rangent… et contribuent ainsi à sa réussite par leur engagement.

 

- © Terra

Place aux artistes parmi les nouveautés

Bien sûr, parmi les animations proposées aux visiteurs, il y aura les incontournables : démonstrations culinaires autour des produits locaux, grand marché des produits
fermiers tout le week-end, sans oublier les plus petits : course de mini-tracteurs, baptême de conduite tracteur, montée à bord d’une moissonneuse, mini-ferme, éclosion des poussins…
Des nouveautés seront aussi à découvrir dont :

- un parc matériel impressionnant cette année avec près de 3 000 m² de matériel agricole,

- des animations spéciales enfants le samedi avec atelier maquillage et jeux des sens,

- des tests sensoriels pour reconnaître les produits typiques de notre région,

- un parcours virtuel en vélo à la découverte des produits laitiers,

- l’espace "Le talent est dans le pré" valorisera les réalisations artistiques d’agriculteurs ou de futurs agriculteurs,

- une performance artistique sur toile géante tout le week-end par Franck Lesieur, artiste de Grand-Champ, qui fera apparaître, entre fusain et estompe, deux grands portraits de vache.

 

 

La race Charolaise est à l’honneur cette année avec son concours inter-régional.
La race Charolaise est à l’honneur cette année avec son concours inter-régional. - © Terra

Les concours

Samedi 14 octobre

9h-13h / Concours inter-régional Charolais [ Halle 1 ]

9h30-12h / Show génisses Prim’holstein – morpho [ Halle 2 ]

12h15-15h / Concours interdépartemental Montbéliarde [ Halle 2 ]

13h30-15h30 / Concours interdépartemental Limousin [ Halle 1 ]

15h-21h30 / Concours départemental Prim’holstein [ Halle 2 ]

15h30-16h30 / Vente section bouchère race Charolaise [ Halle 1 ]

 

Dimanche 15 octobre

10h-12h  / Présentation race Blonde d’Aquitaine [ Halle 1 ]

10h30-14h30 / Concours départemental Normande et show génisses [ Halle 2 ]

13h-13h15 / Présentation race Bretonne Pie Noir [ Halle 1 ]

13h15-15h15  / Concours interdépartemental Pie Rouge [ Halle 1 ]

14h30-17h30 / Show génisses Prim’holstein Présentation [ Halle 2 ]

16h-17h / Présentation et défilé de toutes les races [ Halle 1 ]

En extérieur : concours foire aux poulains et concours du cheval breton de 18 mois

 

 

Des centres de formation très investis

Le salon Ohhh la vache est une aventure collective qui peut compter, depuis de nombreuses années, sur l’appui énergique des centres de formation du territoire. Les élèves et équipes pédagogiques de dix centres de formation sont aujourd’hui à pied d’œuvre pour faire de cette édition une réussite : les lycées Le Gros Chêne, Kerlebost, La Touche, Saint Ivy, Saint Yves, Anne de Bretagne, Saint Jean Brévelay, Kerplouz, le centre de formation de Kérel à Crédin et la MFR de Questembert. Nettoyage des rings et des allées, parking, animations pédagogiques, appui au montage et démontage… De nombreuses missions pour des élèves passionnés et investis chaque année !

En chiffres

Sur les 214 élèves depuis la 4e jusqu’au BTS, 60 jeunes suivent la filière CGEA au lycée de Kerlebost à Saint Thuriau. Support à cet enseignement, la ferme pédagogique assure sur l’atelier porcin le post sevrage et l’engraissement sur 850 places grâce à une FAF alimentée par 160 ha dont 140 de cultures qui permettent également la conduite du troupeau allaitant de 35 mères en race Charolaise.

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