Terra 28 juin 2018 à 08h00 | Par Chantal PAPE

À la Sill, Emmanuel Macron réaffirme sa vision de l'agriculture de demain

Après un passage en Côtes d'Armor pour évoquer l'éolien off-shore, Emmanuel Macron s'est rendu à la Sill, à Plouvien (29) le 20 juin dernier. L'occasion, avant son discours de Quimper, de mettre en avant une entreprise agro-alimentaire "exemplaire" et de revenir sur sa vision de l'agriculture de demain.

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À la Sill, Emmanuel Macron était accompagné de Stéphane Travert, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, et Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères.
À la Sill, Emmanuel Macron était accompagné de Stéphane Travert, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, et Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. - © Terra

Gilles Falc'hun, le P-DG de Sill entreprises, avait fait le déplacement en Chine avec Emmanuel Macron. La semaine dernière, le Président de la République s'est rendu à Plouvien (29) pour découvrir l'entreprise agro-alimentaire. "Vous êtes un groupe exemplaire", lance-t-il, aussitôt arrivé dans l'enceinte de l'usine. Et le Président de la République de mettre en avant "le choix de conquérir des marchés à l'international, d'embaucher tout en ne perdant pas l'esprit artisanal, synonyme de qualité".

Huit sites, 1 400 salariés

Créée en 1962 par les familles Falc'hun et Léon, la Sill est aujourd'hui encore une entreprise familiale, que s'apprête à diriger la troisième génération. Spécialisée dans la collecte laitière et la fabrication de beurre, l'entreprise s'est peu à peu diversifiée, d'abord dans le secteur des jus de fruits puis dans les potages et plats cuisinés, les produits baby food, avant de lancer des gammes bio.

Comptant huit sites industriels, dont six en Bretagne, la Sill emploie désormais plus de 1 400 salariés. Et se lancera, le 2 juillet prochain, dans de nouveaux travaux pour remplacer sa tour de séchage. D'un montant de 80 millions d'euros, cet investissement permettra la fabrication de 18 000 tonnes de poudre de lait infantile, principalement à destination de la Chine, et la création de 60 emplois supplémentaires. "Âgée de 45 ans, notre tour de séchage actuelle est obsolète et énergivore", indique Gilles Falc'hun, qui a lancé les premières études en 2014. Retoqué deux fois, à Plouvien et Guipavas, pour cause de loi Littoral et de recours intentés par des riverains, le projet verra finalement le jour à Landivisiau, pour une mise en route programmée en 2020.

Monter en gamme

"La loi Littoral va être modifiée pour répondre aux aberrations" qu'elle engendre, répond Emmanuel Macron, avant de réaffirmer sa vision pour l'agriculture de demain. "Il faut que les agriculteurs puissent vivre dignement du prix de leurs produits". Pour y parvenir, les EGA, les États généraux de l'alimentation ont voulu changer le cadre des négociations avec la grande distribution, en construisant le prix à l'envers, un prix qui tienne compte des coûts de production.

Mais pour que ça marche, hors de question de garder "nos pratiques d'hier, affirme Emmanuel Macron. Il faut que chaque filière se prenne en main. Que l'on aille ici vers plus de circuits courts, là vers plus de bio, de qualité ou de transformation". Une montée en gamme qui vaut aussi pour l'export. Et le Président de la République de pointer le déficit de la balance commerciale en produits bio, 1 milliard d'euros, ou en viande, 6 milliards d'euros. "Est-ce normal qu'on exporte des animaux en vif ou de la viande et qu'on importe des produits transformés ?"

Des changements que le Gouvernement entend accompagner. "Au 1er janvier prochain, les plans de filière seront dotés de 4 milliards d'euros, sous forme de subventions ou de garanties de prêts, pour aider les producteurs et la transformation à investir".

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