Terra 21 juillet 2016 à 08h00 | Par Jean Dubé

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- © H.B

Le gouvernement s‘est engagé il y a quelque années dans une grande réforme de la gestion des aides à la presse. Il y a un an, la ministre de la culture et de la communication de l'époque, Fleur Pellerin, en charge des sujets relatifs à la presse, annonçait la création d’une nouvelle catégorie de presse dite "de la connaissance et du savoir ", à côté d'une part de la "presse d’information politique et générale" déjà existante, d'autre part de la "presse des loisirs". Cette nouvelle catégorie de presse devait permettre, entre autres, de distinguer la presse de loisir des presses scientifique, médicale, agricole … dont les contenus d’intérêt souvent professionnel sont éloignés du divertissement. La presse agricole et rurale était donc directement concernée par la création de cette nouvelle catégorie de presse, qui devait notamment permettre le maintien de tarifs postaux préférentiels. Sans aucune concertation ni discussion avec les représentants professionnels des organes de presse concernés, nous avons appris vendredi 17 juin que le projet, pourtant confirmé lors du conseil des ministres du 2 décembre, était purement et simplement abandonné. Officiellement pour des raisons de gestion administrative, probablement pour d’autres motivations moins avouables ! La traduction concrète et immédiate de cette nouvelle position semble être une hausse encore plus soutenue des tarifs postaux ! L’écart des tarifs postaux entre la presse d’information politique et générale et notre type de presse est déjà de plus de 50 %. Nos tarifs postaux ont progressé de 47 % sur les sept dernières années, dans le but de régler le déficit de la Poste, … qui reste aujourd’hui toujours dans le rouge. Les soutiens à la presse sur ce point ne règlent pas les problèmes des titres qui en profitent le plus (IPG, presse d'information politique et générale), et ne permettent pas de résorber le déficit de la Poste. La récente décision est purement scandaleuse ! Elle résonne comme une provocation à l’égard de notre type de presse. Pour la production et les services que la profession agricole apporte à notre société, pour l'information que notre type de presse assure entre les pouvoirs publics, la société et la profession, n’y a t-il pas la place pour un soutien et une reconnaissance à la hauteur des services rendus ? Le lecteur de la presse agricole, presse des territoires par excellence, ne mérite-t-il pas la même considération que celui de la presse dite générale ?

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