Terra 20 novembre 2014 à 08h00 | Par Chantal Pape

A Pleyben, de l'orge à la place des friches

Les Jeunes agriculteurs de Pleyben ont semé de l'orge en plein coeur d'une zone artisanale, sur une parcelle en friches depuis des années. Une façon d'attirer l'attention des élus sur le gaspillage de foncier.

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Un tracteur au milieu d'une zone artisanale ! Les JA de Pleyben ont labouré puis semé en orge une parcelle de près de 2 ha, en friches depuis des années.
Un tracteur au milieu d'une zone artisanale ! Les JA de Pleyben ont labouré puis semé en orge une parcelle de près de 2 ha, en friches depuis des années. - © Chantal Pape

"Cette parcelle est en friches depuis des années : alors qu'elle aurait pu produire du blé, du maïs ou de l'herbe, elle reste regarder le ciel pour rien". Vincent Auffret, le président JA du canton de Pleyben, ne décolère pas, en ce jeudi matin. Avec une poignée de jeunes et quelques "aînés" de la FDSEA, il a décidé de profiter du "mois du foncier", organisé par Jeunes agriculteurs, pour passer à l'action sur une parcelle de près de deux hectares, appartenant à la communauté de communes de Pleyben. Et, alors que se succèdent averses et rayons de soleil généreux dans le ciel, cinq tracteurs sont à pied d'oeuvre, en plein coeur de la zone artisanale de Pleyben, pour labourer et semer de l'orge.

 

Le 13 novembre dernier, les Jeunes agriculteurs de Pleyben, aidés par quelques responsables de la FDSEA, ont dénoncé le gaspillage du foncier.
Le 13 novembre dernier, les Jeunes agriculteurs de Pleyben, aidés par quelques responsables de la FDSEA, ont dénoncé le gaspillage du foncier. - © Chantal Pape

Des zones artisanales désertes

 

"Aujourd'hui, nous sommes à Pleyben. Nous aurions aussi bien pu aller à Lothey ou à Châteaulin, où des hectares de terre dorment dans des zones artisanales désertes". Qu'on ne s'y trompe pas : les JA ne s'opposent pas au développement de l'activité économique dans leurs bourgs et villes. Mais ils ne comprennent pas cette faim de foncier qui fait perdre l'équivalent d'un département à l'agriculture tous les 7 ans. "Dans le Finistère, ce sont 1 250 ha qui disparaissent tous les ans, moitié pour le logement, moitié pour les activités économiques. Ca représente 3 ha par jour, l'équivalent de 4 terrains de foot".

La solution ? "Avant de créer de nouvelles zones artisanales, commerciales..., il faudrait commencer par remplir celles qui existent déjà et réhabiliter les friches industrielles", prônent les JA, qui demandent aussi à densifier l'habitat, réhabiliter les centre-villes... "Et, en attendant que toutes ces parcelles soient un jour construites, pourquoi ne pas permettre aux agriculteurs de continuer à les travailler ?" Mise à disposition, baux précaires..., les solutions existent. Ne manque qu'une réelle volonté politique. "Les élus ont pris conscience du problème", estime Marie-France Le Boulch, conseillère générale de Pleyben, en évoquant la charte signée le 20 février dernier entre la chambre d'agriculture, le conseil général, les maires et l'Etat pour préserver le foncier. Pourtant, ceux de la commune et de la communauté de communes de Pleyben ont décliné l'invitation des JA à venir discuter sur le terrain...

 

 

 

A Pleyben et Morlaix

Mangez français !

 

L'opération nationale du 5 novembre dernier en faveur du "Mangez français" était encore dans tous les esprits ! Après avoir dénoncé les pertes de foncier pour l'agriculture et semé de l'orge dans une zone artisanale, les JA du canton de Pleyben se sont rendus à l'Intermarché, tout proche. Ils y ont contrôlé la provenance des viandes, l'étiquetage des produits. Et interpellé consommateurs et responsables de l'enseigne sur la nécessité d'acheter et de manger français pour que vive une agriculture dynamique et pourvoyeuse d'emplois sur les territoires.

Une opération qu'ont réitéré les JA de Morlaix-Plouigneau le 15 novembre en se rendant dans l'enseigne Géant. "Nous avons rappelé aux consommateurs qu'acheter français permet de maintenir l'emploi au niveau local", indique Frank Kermarrec, le président. Et les JA de rappeler la fermeture de l'abattoir Gad et les difficultés du volailler Tilly Sabco, deux entreprises du secteur. "Nous avons aussi mis l'accent sur la qualité des produits français. Une tomate marocaine ou un poulet brésilien ne sont pas produits avec les mêmes normes !". Aux parents d'élèves, ils ont demandé d'interpeller la cantine où mangent leurs enfants. "Vouloir un repas bio par semaine, c'est bien. Mais si les 4 autres repas proviennent d'on ne sait où, où est la qualité ?"

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