Terra 20 décembre 2018 à 14h00 | Par Chantal Pape

A quand un retour direct dans les cours de ferme ?

La semaine dernière, Samuel Vandaele, secrétaire général des JA national, s'est rendu dans le Finistère. Une visite qui a permis aux élus finistériens d'échanger sur bon nombre de sujets et de faire remonter leurs attentes, notamment en ce qui concerne les EGA, les états généraux de l'alimentation.

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Samuel Vandaele, secrétaire général des Jeunes agriculteurs (à droite), a visité les exploitations laitière de Pierre-Yves Buzit, à Brasparts (photo) et avicole d'Anthony Taoc, à Dinéault, avant une soirée d'échanges avec les JA du Finistère, à Saint Ségal.
Samuel Vandaele, secrétaire général des Jeunes agriculteurs (à droite), a visité les exploitations laitière de Pierre-Yves Buzit, à Brasparts (photo) et avicole d'Anthony Taoc, à Dinéault, avant une soirée d'échanges avec les JA du Finistère, à Saint Ségal. - © Chantal Pape

"Le Docteur Macron vient de sortir ses ordonnances... Il faut maintenant qu'elles soient suivies d'effets". S'il manie volontiers l'humour, Stéphane Cornec n'en cache pas moins son inquiétude. A commencer par l'étiquetage, un combat que les Jeunes agriculteurs du Finistère mènent de longue date. "Mais plus le temps passe et moins c'est clair, déplore leur président. Transformé, élaboré, fabriqué en France... tout ça cache bien souvent une origine étrangère, écrit en tout petit, voire pas écrit du tout... Et chaque entreprise y va de son logo alors qu'il y en a un seul qui garantit une production 100% française". Une analyse que partage Samuel Vandaele, le secrétaire général de JA national. "Mangez français est un gage de qualité ! On va perdre la confiance du consommateur si on met le drapeau français sur n'importe quelle barquette de jambon".

Une reconnaissance du métier

"A quand un retour direct dans nos cours de ferme ?" Venu dans le Finistère une journée, le temps d'échanger avec élus et adhérents des Jeunes Agriculteurs, Samuel Vandaele attend, lui aussi, beaucoup de l'aboutissement des EGA, les états généraux de l'alimentation. "Il est temps d'avoir enfin un prix rémunérateur, une reconnaissance de nos métiers et de nos produits".

L'agri-bashing, ou dénigrement de l'agriculture, préoccupe aussi l'élu. "Alors que nos exploitations répondent aux attentes des consommateurs, tant en matière de qualité que d'environnement, des associations, voire même le gouvernement, avec sa startup glyphosate, ne cessent de nous montrer du doigt". Et de dénoncer "les agitateurs de peur", ceux qui saccagent les boucheries mais aussi Greenpeace et sa carte des fermes-usines. "On balance l'info sans mesurer la détresse de certains agriculteurs !" Sans compter que, suite à cette publication, certains se sont cru autorisés à entrer sur des fermes voire dans des bâtiments. "Ces exploitations ont été autorisées, les contrôles ont été faits. Nul besoin que Greenpeace en rajoute ! Si l'association n'est pas d'accord avec la loi, qu'elle la conteste plutôt que de mettre en cause les élevage, qui s'y conforment". Et d'exhorter "pouvoirs publics et ministre de l'agriculture à s'exprimer pour que s'arrête cette délation".

Stop à la multiplication des cahiers des charges

Les Jeunes agriculteurs du Finistère ont profité de la venue de Samuel Vandaele pour rappeler leur opposition à la multiplication des cahiers des charges, imposés par la grande distribution. "Pour se différencier, chaque enseigne veut le sien !" Là encore, la profession voudrait pouvoir reprendre la main. "Leur multiplication fait qu'il n'y a plus de plus-value pour le producteur !".

"Nous voulons aussi simplifier l'installation, rajoute Stéphane Cornec, qui cite, entre autres, les contrôles à mi parcours ou à l'issue de l'installation. On nous demande des critères qui ne figurent même pas dans les documents comptables de l'exploitation !" Là encore, la demande est simple. "Pas besoin d'inventer des critères supplémentaires ! Il faut que les jeunes puissent être autonomes et remplir eux-mêmes leur dossier, sans avoir recours, forcément payant, à leur centre de gestion".

Après avoir visité deux exploitations, laitière à Brasparts et avicole à Dinéault, en présence d'une bonne partie des élus de JA 29, Samuel Vandaele a poursuivi les échanges en soirée avec les adhérents, au centre de Saint Ségal. "Nous sommes tous là pour avancer ensemble", affirme le secrétaire général de JA national, qui consacre une bonne partie de son temps à aller à l'écoute du terrain.

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