Terra 06 juillet 2015 à 08h00 | Par Emmanuelle Bordon

Accompagner les évolutions de l'emploi agricole

Mardi 23 juin se tenait à Vannes la journée de l'emploi. Consacrée aux assemblées générales du Seremor, de Solutis-emploi et d'AEF 56, la séance s'est terminée par une table ronde au cours de laquelle les représentants des différentes structures concernées par l'emploi agricole se sont penchés sur ses évolutions et sur les moyens de les accompagner.

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Pierre-Yves Le Bozec, président du Seremor, Laurent Kerlir, président de la chambre d'agriculture, Daniel Audo président d'AEF 56 et Jean-Marc Le Penuizic, membre du bureau JA 56
Pierre-Yves Le Bozec, président du Seremor, Laurent Kerlir, président de la chambre d'agriculture, Daniel Audo président d'AEF 56 et Jean-Marc Le Penuizic, membre du bureau JA 56 - © Terra

L'emploi agricole évolue. La taille des exploitations augmente, le nombre de celles qui regroupent 3 ou 4 associés aussi. Dans la foulée, leur organisation subit une mutation ; les associés se relaient, prennent des congés, se font remplacer. La nature du travail change également : 50 % des nouvelles exploitations sont robotisées. C'est donc tout naturellement, et par ricochet, que l'emploi agricole connaît ses propres mutations. Les différentes organisations concernées par l'emploi en agriculture se doivent d'accompagner cette évolution globale.

Des profils en évolution
Parallèlement, le profil des candidats au salariat se modifie. On voit de plus en plus se présenter des personnes qui opèrent une reconversion professionnelle entre 30 et 40 ans, sans être issues du monde agricole. Cela a des conséquences sur les besoins en formation car certaines compétences -ne serait-ce que la conduite d'un tracteur- ne sont plus acquises préalablement. En revanche, ces postulants sont souvent très motivés. "Combien les chambres d'agriculture sont-elles prêtes à mettre sur la table pour leur proposer des formations adaptées ?", a demandé Laurent Kerlir. Dans la salle, un représentant des MFR a confirmé la nécessité d'adapter le parcours de formation aux jeunes non issus du milieu agricole. Ceux-ci n'ont "que leur motivation". Une réflexion est donc en cours pour proposer une année supplémentaire au cursus bac pro, dont un stage longue durée à l'étranger.
Plus généralement, il faut, pour améliorer l'employabilité des postulants, adapter les formations aux besoins des exploitations qui, toujours plus pointues, recherchent des salariés capables de manipuler un robot ou du matériel très technique.

Apprendre à embaucher
Le recrutement est souvent peu familier des exploitants agricoles. Pourtant, réussite ou échec, cette décision aura des conséquences importantes sur la vie de l'exploitation. Il est donc fortement souhaitable d'être accompagné dans cette entreprise. Seremor-Solutis veut analyser et structurer les besoins des exploitants et créer une grille des besoins communs à tous, dans le but de proposer des outils et une méthode susceptibles d'aider les employeurs. Pour Pierre-Yves Le Bozec, président du Seremor, il est important de sécuriser les primo-employeurs. Laurent Kerlir, président de la chambre d'agriculture, a rappelé que celle-ci proposait des formations à l'embauche ou au management et il a déploré qu'elles soient trop peu fréquentées.

Etre attractif
Mais avant même de parler formation, il est indispensable de faire venir les jeunes vers l'agriculture. Comment être attractif ? Jean-Marc Le Penuizic, qui représentait les JA, a évoqué en premier lieu la nécessité de faire connaître les métiers de l'agriculture. Pour cela, les JA ont réalisé des interventions dans les écoles pendant les temps périscolaires et cette année, 500 élèves de 18 écoles ont participé à des animations qui s'inscrivaient dans ce cadre. Les JA portent l'image du métier dans ces actions.
Chez les jeunes en âge de choisir un métier, il est indispensable de se faire connaître en participant aux forums des métiers, en proposant des visites d'exploitation ou des stages de découverte. Et par-dessus tout, l'accueil doit être soigné pour que le premier contact soit positif et conduise les jeunes candidats à persévérer.
Enfin, Pierre-Yves Le Bozec a posé la question de l'insertion professionnelle. Quel parcours de formation est-il possible de construire ? "Il ne faut pas que les exploitants qui s'investissent dans l'encadrement de stagiaires soient toujours les mêmes".
En conclusion, Frank Guéhennec, président de la FDSEA 56, a souligné le fait que demain, une exploitation sur deux sera à transmettre et que cette transmission sera difficile. Elle nécessitera de la main-d’œuvre qualifiée et nombreuse. L'agriculture reste donc fournisseur d'emplois durables ; charge à la profession de s'organiser pour attirer, former et accompagner.

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