Terra 24 septembre 2016 à 09h00 | Par Claire Le Clève

AFDI ou le «langage international de l'agriculture»

Avec l'AFDI, Tombomora est en Bretagne pour 21 jours avec 2 autres paysans malgaches. A Sulniac, ce président de l'AOP Union Matanjaka, a fait une étape durant 3 jours sur la ferme maraîchère bio de Gilles Mercier et Marie-Anne Juhel. Rencontres.

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Autour de Tombomora à Sulniac, Marie-Anne Juhel, Gilles Mercier et Loïc Cheval, membres de l'Afdi.
Autour de Tombomora à Sulniac, Marie-Anne Juhel, Gilles Mercier et Loïc Cheval, membres de l'Afdi. - © Claire Le Clève

 

«C'est une découverte pour moi. Tout, tout m'intéresse ici, depuis les variétés en passant par la conduite des cultures, la répartition des tâches sur cette ferme où il y a 5 associés. J'ai compté ici 15 personnes à plein temps à l'année. Et puis il y a les organisations professionnelles, les coopératives...Tout». Tombomora que l'on surnomme chez lui Ramossy (le prof), sur l’île de Madagascar, va, son petit calepin à la main, «et avec l'appareil photo !», montre t-il, main sur la poche. Sur la ferme maraîchère de Gilles Mercier et Marie-Anne Juhel à Sulniac, ils partagent ensemble «ce langage international de l'agriculture », note le couple qui l'accueille avec une sensibilité marquée pour les pays de sud.

L'engagement

«Cela remet en question ce que nous faisons, ce qu'on fait collectivement et les conséquences que cela peut avoir à l’international. Cela repositionne aussi notre développement agricole ici en France, comment c'est venu, les aides à l'installation, les prêts bonifiés, les taux bancaires très différents par rapport aux pays du Sud. On a des facilités et des filets sociaux. Voir les contraintes, comment ça a été résolu ici avec tous les outils de structuration et de développement agricole. Ça nous engage à une solidarité un peu vivante», résume Gilles Mercier, notamment au travers de cet accueil, via l'Afdi.

Tombomora acquiesce. Il observe, interroge, discute, met la main à la pâte. Car l'ancien prof de physique-chimie en retraite, a du entamer un parcours d'agriculteur pour pouvoir tout simplement vivre. Et pour donner un coup de mains à ses nouveaux collègues parmi lesquels sévit l'illettrisme, lui le lettré, est devenu président de l'OP de sa région, forte de 110 paysans, l'Union Matanjaka avec laquelle travaille l'AFDI par le biais des deux salariés mis à disposition pour le développement agricole et la formation. L'Union est elle-même fédérée en une association de 16 organisations de producteurs.

L'éducation populaire

«Chez nous la patate douce rose, on attend un peu qu'elle se sucre pour la vendre ou la consommer, tu n'as pas ce délai avec la blanche», pointe Tobomora. «Ah tu vois, je vais essayer», relève Gilles Mercier passant au pied de cette culture dont la fleur ressemble à s'y méprendre à celle du liseron. «On mange aussi la feuille», enchaîne aussi Ramossy qui depuis le 8 septembre poursuit son périple sur le sol breton avec 2 collègues. «Le 4 éme n'a pas eu son visa par crainte migratoire, nous sommes très déçus», ne cache pas Loïc Cheval, ancien horticulteur à Baden, membre du bureau de l' Afdi Bretagne. «Notre vocation, c'est exactement l'inverse. C'est d'appuyer la structuration d'organisations paysannes pour qu'elles prennent en main leur destin, leur modèle de développement et leur agriculture. C'est de l'éducation populaire pour former, faire reconnaître l'agriculture, permettre à des jeunes de s'installer et en vivre avec une agriculture familiale. 2/3 de la population a moins de 20 ans à Madagascar. L'enjeu est fort. Pour qu'ils n'aillent pas grossir le flux des chômeurs en ville ou celui des flux migratoires», pointe Loïc Cheval.

 

Claire le Clève

 

 

Accroche : Ça nous engage à une solidarité un peu vivante»

 

 

Avec l'AFDI, Tombomora est en Bretagne pour 21 jours avec 2 autres paysans malgaches. A Sulniac, ce président de l'AOP Union Matanjaka, a fait une étape durant 3 jours sur la ferme maraîchère bio de Gilles Mercier et Marie-Anne Juhel. Rencontres.

 

«C'est une découverte pour moi. Tout, tout m'intéresse ici, depuis les variétés en passant par la conduite des cultures, la répartition des tâches sur cette ferme où il y a 5 associés. J'ai compté ici 15 personnes à plein temps à l'année. Et puis il y a les organisations professionnelles, les coopératives...Tout». Tombomora que l'on surnomme chez lui Ramossy (le prof), sur l’île de Madagascar, va, son petit calepin à la main, «et avec l'appareil photo !», montre t-il, main sur la poche. Sur la ferme maraîchère de Gilles Mercier et Marie-Anne Juhel à Sulniac, ils partagent ensemble «ce langage international de l'agriculture », note le couple qui l'accueille avec une sensibilité marquée pour les pays de sud.

L'engagement

«Cela remet en question ce que nous faisons, ce qu'on fait collectivement et les conséquences que cela peut avoir à l’international. Cela repositionne aussi notre développement agricole ici en France, comment c'est venu, les aides à l'installation, les prêts bonifiés, les taux bancaires très différents par rapport aux pays du Sud. On a des facilités et des filets sociaux. Voir les contraintes, comment ça a été résolu ici avec tous les outils de structuration et de développement agricole. Ça nous engage à une solidarité un peu vivante», résume Gilles Mercier, notamment au travers de cet accueil, via l'Afdi.

Tombomora acquiesce. Il observe, interroge, discute, met la main à la pâte. Car l'ancien prof de physique-chimie en retraite, a du entamer un parcours d'agriculteur pour pouvoir tout simplement vivre. Et pour donner un coup de mains à ses nouveaux collègues parmi lesquels sévit l'illettrisme, lui le lettré, est devenu président de l'OP de sa région, forte de 110 paysans, l'Union Matanjaka avec laquelle travaille l'AFDI par le biais des deux salariés mis à disposition pour le développement agricole et la formation. L'Union est elle-même fédérée en une association de 16 organisations de producteurs.

L'éducation populaire

«Chez nous la patate douce rose, on attend un peu qu'elle se sucre pour la vendre ou la consommer, tu n'as pas ce délai avec la blanche», pointe Tobomora. «Ah tu vois, je vais essayer», relève Gilles Mercier passant au pied de cette culture dont la fleur ressemble à s'y méprendre à celle du liseron. «On mange aussi la feuille», enchaîne aussi Ramossy qui depuis le 8 septembre poursuit son périple sur le sol breton avec 2 collègues. «Le 4 éme n'a pas eu son visa par crainte migratoire, nous sommes très déçus», ne cache pas Loïc Cheval, ancien horticulteur à Baden, membre du bureau de l' Afdi Bretagne. «Notre vocation, c'est exactement l'inverse. C'est d'appuyer la structuration d'organisations paysannes pour qu'elles prennent en main leur destin, leur modèle de développement et leur agriculture. C'est de l'éducation populaire pour former, faire reconnaître l'agriculture, permettre à des jeunes de s'installer et en vivre avec une agriculture familiale. 2/3 de la population a moins de 20 ans à Madagascar. L'enjeu est fort. Pour qu'ils n'aillent pas grossir le flux des chômeurs en ville ou celui des flux migratoires», pointe Loïc Cheval.

 

Claire le Clève

Encadré :

 

Accroche : Ça nous engage à une solidarité un peu vivante»

Légende

 

Autour de Tombomora à Sulniac, Marie-Anne Juhel, Gilles Mercier et Loïc Cheval, membres de l'Afdi.

L'union Matanjaka

Cette organisation paysanne regroupe au nord de Madagascar, 110 paysan répartis dans 5 grandes communes rurales des districts d'Antsiranana. Elle est gérée par un conseil d'administration composé de 16 paysans élus et de 3 salariés, ( coordinateur,  technicien mis à disposition par l'AFDI et comptable) ainsi que des paysans relais pour assurer les différents services de base et des vaccinateurs agréés. L'union est membre du réseau SOA, syndicat récent des organisations agricoles pour développer des partenariats, notamment avec l'AFDI, des financements...

Sa devise ? "Izay miara-mita, miara-manonga mivoatra", "ceux qui marchent ensemble, évoluent ensemble".

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