Terra 07 mars 2019 à 08h00 | Par Terra

Agricultrices et élues chambre

Cette date du 8 mars, journée internationale des droits des femmes est aujourd'hui encore l'occasion de rappeler le long cheminement vers la parité femme homme dans la société, une parité vers laquelle tend peu à peu le monde agricole, notamment via les élections aux chambres d'agriculture. Depuis 2013, ce scrutin est soumis à l'obligation pour les listes candidates de respecter une forme de proportionnalité d'un minimum d'une femme pour deux hommes, avec un placement dans la liste qui assure que cette proportionnalité sera tenue jusque dans les attributions de sièges. En vertu de ce principe, toutes les assemblées départementales se sont sérieusement féminisées. Constat confirmé lors des élections de janvier dernier. Ce faisant, les élues revendiquent d'abord leur volonté de défendre la profession agricole avec la même légitimité que les hommes. Ni plus ni moins.

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Cécile Planchais, FDSEA et Charlotte Kerglonou Mellier, Confédération paysanne.
Cécile Planchais, FDSEA et Charlotte Kerglonou Mellier, Confédération paysanne. - © Terra

Ille-et-Vilaine

Cécile Planchais - FDSEA

"Avec un tiers de femmes sur les listes, ça permet de coller à la représentativité que nous avons dans les exploitations. Pour l'instant je découvre mes nouvelles fonctions, mais avec mon mari, on s'organise pour qu'il y ait toujours quelqu'un sur la ferme. Mon engagement est une chose dont nous avons discuté tous les deux car je pense que pour qu'une femme s'engage, il faut que son mari soit partie prenante car les absences ont quand même un impact sur la vie à la ferme et sur la vie de famille. Sur la place des femmes en agriculture, je pense que les mentalités ont beaucoup évolué et c'est heureux, car il y a besoin de s'engager pour défendre notre agriculture et son image, au delà même de la place des femmes. Il faut s'investir si on veut que notre métier, dont je suis fière, perdure et que d'autres femmes continuent de s'installer".

Charlotte Kerglonou Mellier - Confédération paysanne

"Je trouve que c'est bien de donner la parole aux femmes même si le fait de devoir faire une journée spéciale montre déjà en soi tout le travail qui reste à faire. À titre personnel, je ne me suis pas posée la question de savoir si je m'engageais en tant que femme, mon engagement l'est avant tout en tant que paysanne parce que je pense que l'on peut bouger les lignes et faire avancer l'agriculture de façon positive. Je veux porter la voix de mon syndicat et de ses idées et que l'on me reconnaisse pour mes compétences avant tout. Après, tant mieux si je peux aussi porter la voix des femmes. S'engager comme je le fais, c'est aussi donner du sens à ce que je fais sur ma ferme et pour le quotidien, on s'arrange avec mon mari. La dimension de la ferme aussi était faite pour qu'on puisse se donner du temps, et nous avons repensé l'organisation. Sur cette mandature, au delà de la place faite aux femmes, ce que j'attends c'est de l'ouverture et que ma parole soit prise au sérieux".

 

 

 

Les élues au collège 1 (de  gauche à droite) : Véronique Le Floch, Sophie Enizan, Hélène Le Roux, Isabelle Salomon et Sophie Jézéquel.
Les élues au collège 1 (de gauche à droite) : Véronique Le Floch, Sophie Enizan, Hélène Le Roux, Isabelle Salomon et Sophie Jézéquel. - © Terra

Finistère


Véronique Le Floch - Coordination rurale

Tête de liste de la Coordination rurale dans le Finistère, Véronique Le Floch est élue pour la première fois à la chambre d'agriculture. Si pour la productrice de lait bio d'Elliant, la priorité numéro 1 des agriculteurs reste le revenu, elle veut profiter de son mandat pour mieux leur faire connaître la chambre d'agriculture. "Nos réunions sur le terrain l'ont montré, il y a une vraie méconnaissance des multiples services qu'elle peut leur offrir au quotidien : restructuration foncière, accompagnement stratégique, phytos...". Un rôle qu'elle voudrait encore accentuer, en renforçant la présence des conseillers sur le terrain. "Et le rôle de la chambre d'agriculture est aussi de préparer l'agriculture de demain, une agriculture plurielle, qui réponde pleinement aux attentes de la société".

 

Sophie Jézéquel - FDSEA

"Je voulais continuer à apporter ma pierre à l'édifice". Déjà élue sous la précédente mandature, où elle s'est chargée de la communication, Sophie Jézéquel, productrice de lait, de porcs et d'énergie à Lennon, a souhaité se représenter. "Ce premier mandat m'a permis de découvrir tout l'environnement agricole, dont je n'avais pas conscience, et de tout ce que fait la chambre d'agriculture". Un enseignement qu'elle voulait continuer à mettre à profit.

Ce nouveau mandat sera aussi l'occasion de continuer à porter haut les couleurs de l'agriculture finistérienne et bretonne. "L'agriculture rend bien plus de services que ce qu'on veut bien lui accorder. Notre agriculture est la plus saine, la plus sûre et la plus durable. Nous, agriculteurs, devons en être fiers. Je veux le faire savoir. Et la chambre d'agriculture est un tremplin pour faire passer ce message". Installation, attractivité des métiers, formation... : Sophie Jézéquel compte s'investir sur de nombreux dossiers. "Tout en gardant un pied dans la com' !"

 

 

 

 


Les élues présentes lors de la session d’installation de la chambre d'agriculture du Morbihan (de gauche à droite et de bas en haut) : Marie-Andrée Luherne, Annie Gauter, 
Soazig Le Bot, Sylvaine Dano, Eurielle Coatrieux, Anne Françoise le Bihan, Sylvie Le Cam et Valérie Passin.
Les élues présentes lors de la session d’installation de la chambre d'agriculture du Morbihan (de gauche à droite et de bas en haut) : Marie-Andrée Luherne, Annie Gauter, Soazig Le Bot, Sylvaine Dano, Eurielle Coatrieux, Anne Françoise le Bihan, Sylvie Le Cam et Valérie Passin. - © Terra

Morbihan

 

Euriell Coatrieux - Confédération paysanne

Tête de liste de la Confédération paysanne dans le Morbihan, Euriell Coatrieux est installée depuis 17 ans avec associés, en lait avec transformation et vente directe sur 55 ha à Arzal :

"Je me suis engagée car c’est important que des femmes accèdent à des postes de responsabilité, autant dans le syndicalisme que dans nos collectivités. Nous sommes en grande capacité de le faire, légitimes, tout autant que nos collègues hommes. Nous nous fermons souvent les portes nous-mêmes. C’est le fruit d’un formatage séculaire, d’une éducation… Les femmes n’osent pas se mettre en avant, n’osent pas se dire, je suis autant, aussi, capable de faire le boulot. Alors oui, il y a des freins familiaux, oui, mais ça se gère. Les hommes se posent rarement cette question…, ils y vont. Ce que j’attends de mon engagement ? Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas bien, alors j’essaye d’être cohérente entre ce que je pense et ce que je dis. Je ne veux pas me contenter de ronchonner, il faut agir. J’ai ma part de responsabilité, j’essaye de faire ce que je pense pour que ça change selon les valeurs que je défends".

 

Anne-Françoise Le Bihan - FDSEA

Anne-Françoise Le Bihan, est installée avec son mari sur une ferme en vaches allaitantes, génisses à viande et légumes de conserve à Nostang :

"Je me suis engagée pour la représentativité, oui des femmes bien sûr, pour qu’elles soient présentes et représentées. C’est essentiel pour nos territoires". Une affaire d’équilibre pour elle afin de promouvoir et défendre cette agriculture familiale pour laquelle elle s’investit. "Il faut s’imposer. On se doit d’être là quand les femmes représentent 33 % d’une profession. Elles doivent s’exprimer et être entendues et je les trouve d’ailleurs aujourd’hui plus écoutées que les hommes. Elles ont des choses à dire. L’exemple pour moi, c’est celui que donne Christiane Lambert. Elle est écoutée et entendue", appuie Anne-Françoise Le Bihan qui attend de cet engagement, "en tant que nouvelle élue, c’est d’apprendre. Progresser dans mes connaissances pour la défense de notre monde agricole dans toutes ses dimensions".

 

 

Edwige Kerboriou, Fabienne Garel, Christine Touzé, Nathalie Bourdonnec, Isabelle Allain, Cécile Nicolas, Ghislaine Lucas, Rozenn Lefèbvre. Absente sur la photo Anne Renouard.
Edwige Kerboriou, Fabienne Garel, Christine Touzé, Nathalie Bourdonnec, Isabelle Allain, Cécile Nicolas, Ghislaine Lucas, Rozenn Lefèbvre. Absente sur la photo Anne Renouard. - © Terra

Côtes-d'Armor

 

Nathalie Bourdonnec - FDSEA

Nathalie Bourdonnec, agricultrice en Gaec avec son mari en production laitière et viande bovine à Calanhel (22) s’engage pour la première fois et devient élue à la chambre d’agriculture des Côtes d’Armor.

"Je suis élue avec mes collègues agriculteurs pour défendre les intérêts agricoles des Côtes d’Armor et représenter mon secteur de l’Argoat que ce soit dans ses avantages et dans ses inconvénients. J’ai été sollicitée et j’ai accepté ce mandat, qui je le sais sera parfois difficile mais j’ai l’intention de m’y impliquer. Les femmes sont représentées dans cette mandature et cela a été une opportunité pour moi qui ne me serais sans doute pas présentée de moi-même. Je saisis cette chance pour enrichir mes connaissances et les transmettre autour de moi. J’imagine qu’il faudra dégager du temps mais la présence d’un robot de traite à la ferme me permettra d’être plus disponible pour me consacrer à mes nouvelles fonctions. L’organisation du travail se fera selon les besoins avec certainement l’embauche d’un(e) salarié(e), d’autant plus que je suis soutenue dans ce choix par mon mari. Aujourd’hui, je succède à Yvon Boutier qui s’est investi pendant 18 ans. Je compte encore un peu sur lui pour m’épauler et que la transition soit facilitée !"

Ghislaine Lucas - Groupama

Ghislaine Lucas s'est installée en 1996 avec son mari sur un élevage en production laitière et porcine à Langourla-Le Mené.

"Je suis engagée chez Groupama depuis 1999, on entre par la petite porte et on gravit les marches. J'aime mener des actions de prévention, de proximité : je suis très sensible à cela. C'est une nouveauté pour moi, je vais représenter l'assurance. J'espère apporter aux autres, être le maillon entre Groupama, la chambre d'agriculture et la préfecture également. J'espère être entendue ! La demande est venue de Jean-Yves Le Diouron (membre sortant). Je n'aime pas ces proportions que l'on doit respecter, je trouve cela dévalorisant pour la femme. J'ai toujours un doute lorsque l'on me demande de prendre un engagement. Moi je veux défendre la proximité, continuer à fédérer des élus pour poursuivre nos belles actions de prévention".

 

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