Terra 27 septembre 2018 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Agriculture et territoire, les élus à la ferme

Quelle agriculture se pratique sur le territoire des 34 communes qui composent la nouvelle communauté d’agglomérations GMVA, Golfe du Morbihan Vannes agglomération ? Pas une mais plusieurs et complémentaires. Au Gaec Lann Bihan à Plescop, une vingtaine d’élus en ont pris la mesure.

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Une vingtaine d’élus reçus au Gaec Lann Bihan à Plescop pour découvrir l’agriculture du territoire, une et diverse à la fois.
Une vingtaine d’élus reçus au Gaec Lann Bihan à Plescop pour découvrir l’agriculture du territoire, une et diverse à la fois. - © Claire le Clève

 

Dans la cour du Gaec laitier de Guénaël Bainvel et Philippe Le Méro, à Plescop, plus d’une vingtaine d’élus pointent avec attention les panneaux de cette ferme menée avec un salarié. Ceux dévolus à la ferme du Golfe à Arradon, de Ronan Le Sommer et ses deux associés et deux salariés, en lait bio et transformation, le sont tout autant. Et les questions s’enchaînent, pour comprendre et battre en brèche les idées reçues. C’est tout l’objectif de cette rencontre initiée par les élus de la chambre d’agriculture de Vannes, montrer pour démontrer.

Enjeux

Ainsi à Plescop, de l’autre côté de la haie où le groupe est réuni, sur 220 ha, 120 vaches donnent 1,1 million de litres de lait livré à Lactalis. C’est l’une des 554 "entreprises agricoles", de cette nouvelle communauté d’agglomérations abritant une population de plus de 170 000 habitants. Près du quart de la population morbihannaise (750 000 hab) "Nous avons voulu vous inviter à découvrir ce qu’est une exploitation aujourd’hui, comment elle fonctionne en cohabitation avec l’ensemble de la population de son territoire. Nous voulons aussi vous faire part de ce dont nous avons besoin en terme de foncier, de circulation, tous les enjeux notamment en matière d’alimentation locale auxquels nous pouvons répondre", cadre Philippe Le Dressay, élu référent chambre d’agriculture de l’antenne de Vannes, également élu du GAT. Il ne faudra pas moins d’une matinée, suivie d’un déjeuner concocté avec des produits locaux, pour englober la complexité du sujet qui ne se satisfait pas des réponses toutes faites.

Répondre à un marché

Pour preuve, 87 % de la production bretonne est consommée dans l’hexagone. "Mais 13 % quitte la France. C’est une chance d’être sur un territoire où il est possible de produire, c’est même un devoir de le faire", renchérit Philippe Le Dressay. Ainsi, "nous sommes en conventionnel mais pas fermés à des évolutions, notamment sur la production d’un lait non OGM", illustre l’éleveur de Plescop. "Le groupe Lactalis pour son usine de Bouvron, en Loire Atlantique en recherche, notamment pour ses marchés d’Europe du Nord. Et nous songeons à en produire", situe Guénaël Bainvel. Et la question des OGM fait débat. Et les éleveurs d’expliquer les besoins nutritionnels de leurs bovins. "Aujourd’hui la filière des protéines végétales n’est pas autonome en France. Pour y parvenir, il faut nous laisser un peu de temps".

Diversité et complémentarité

A la ferme du Golfe, la question a été tranchée. "On était au bout d’un système". Alors Ronan Le Sommer et ses deux associés et deux salariés, ont passé progressivement leur exploitation laitière sur 280 ha en bio, en novembre 2017 pour 840 000 litres de lait livrés. "Ça n’a pas été simple. Mais on était convaincus. On peut faire de belles choses. Nous sommes proches de Vannes, ma femme a créé un atelier de transformation pour 24 000 l à l’année. Ça n’a rien à voir en terme économique. Nous livrons sur un rayon de 10 km, pas plus, entre autres à des collèges, au Super U d’Arradon. On donne notre prix, il n’y a jamais eu de discussion". Et si le siège d’exploitation est situé à Arradon, le hangar à fourrage lui, est sur Ploeren. "Par rapport à la loi littorale, les élus ont compris, on a pu le couvrir de panneaux photovoltaïques. C’est une autre production, ça nous sécurise et cela va nous permettre de sécher notre fourrage en grange, d’ être totalement autonome".

Claire Le Clève

 

 

 

En chiffres

 

Sur les 34 communes de Golfe du Morbihan Vannes agglomération

170 144 habitants, 208 hab/km²

69 798 emplois, 2 % en agriculture

554 exploitations avec 767 chefs d’exploitations et 278 salariés

Générant 123 millions de chiffre d’affaires

La SAU occupe 44 % de la surface du territoire

Majoritairement en bovins lait et viande (43%)

107 exploitations commercialisent tout ou partie de leur production en circuits courts

168 installations en 5 ans (2011-2015)

180 départs potentiels d’ici 5 ans

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