Terra 04 décembre 2014 à 08h00 | Par Paul Jegat

Anticiper pour ne pas subir

Président de la coopérative Garun-Paysanne (1) qui tenait son assemblée générale vendredi dernier, Jean-Luc Cade défend avec conviction la nécessité pour le monde coopératif agricole de faire entendre sa voix. Administrateur de Coop de France, il est l'un des artisans de la campagne (2) de communication "produisons l'avenir" actuellement diffusée sur les radios et télévisions, campagne à laquelle participe la coopérative bretonne.

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Jean-Luc Cade
Président de la coopérative Garun-Paysanne
Jean-Luc Cade Président de la coopérative Garun-Paysanne - © Terra

Comment se porte la coopérative Garun-Paysanne ?

Jean-Luc Cade. La coop se porte bien. Nous sommes dynamiques et réactifs au quotidien par rapport aux métiers qui sont les nôtres. Nous produisons de l’aliment pour le bétail, alors bien-sûr nous ressentons les difficultés, liées au contexte économique, rencontrées par les productions animales. Effectivement, nous voyons bien que, en aval, nos coopératives ne sont peut-être pas à la taille de leurs concurrents sur le marché. Si la taille n'est pas la réponse à tout, à un moment donné il y a tout de même un effet taille, surtout dans un marché mondialisé. Je dois dire que, en tant qu’acteur coopératif, la perte de l'outil d'abattage Gad est un peu un crève-cœur. Il y a des raisons à ce choix et je ne me permettrais pas d'émettre un jugement. Mais je regrette que la seule issue aux difficultés rencontrées ait été de céder l'outil. Il faut aujourd'hui en tirer les enseignements et voir comment on peut se repositionner par rapport à l’avenir.

Sous le slogan "produisons l'avenir", Coop de France a lancé l’an dernier une campagne de communication sur trois ans marquée par une forte présence sur les médias télés et radios. Pourquoi la coopérative Garun-Paysanne a-t-elle choisi d'y participer?

J.L.C. Nous l'avons fait par conviction. Uniquement par conviction. J'ai fait part de mon souhait au conseil de la coopérative. Nous avons décidé d'en débattre en assemblée générale (Cette AG s'est déroulée vendredi dernier NDLR). Les raisons de l'engagement de la coopérative Garun Paysanne sont simples à comprendre. Nous nous apercevons que nous sommes dans un monde de plus en plus médiatisé et de plus en plus urbain. Aujourd’hui, le jeu du pouvoir est aussi le jeu de l’opinion. Nos politiques décident de plus en plus en fonction d'elle. Nous devons donc en tenir compte et agir en conséquence. On s’aperçoit que, trop souvent, ceux qui ont pu prendre la parole sur le thème de l'agriculture sont aussi ceux qui voulaient la détruire et lui porter atteinte. Face à cela, Il n’y avait pas de message dynamique émanant de la profession. Il y a des initiatives régionales comme "Agriculteurs de Bretagne" ou alors des communications autour des produits ou des métiers, telle la campagne des artisans. L’idée portée par Coop de France a été de s'inspirer de toutes ces initiatives en leur donnant une dimension nationale. Coop de France ne fait qu’amplifier toutes ces initiatives.

Qu’est-ce que l’ensemble économique coopératif peut espérer du politique ?

J.L.C. Nous attendons une reconnaissance de nos métiers, de notre organisation économique et de nos spécificités coopératives. Il y a deux enjeux. Celui de la compétitivité et celui des attentes sociétales sur lesquelles nous devons être beaucoup plus présents. Nous devons anticiper et nous devons intégrer cela dans notre modèle économique. Nous devons le faire savoir pour éviter aussi que l’on puisse nous imposer des décisions contraires à nos attentes. Le "on", c’est un peu tout le monde. Certaines fois, ce sont les politiques ou l'administration qui prennent des décisions qui n'encouragent pas suffisamment les initiatives. Ou alors ce sont des cahiers des charges inspirés par la grande distribution ou par des intermédiaires. Les uns et les autres aspirent à décider de notre avenir à notre place.

Les coopératives n'ont elles pas été un peu agacées de ne pas trouver de réponses à leurs préoccupations dans le pacte de responsabilité ?

J.L.C. La réalité, c'est que les plus gros bénéficiaires du CICE (crédit d'impôt compétitivité emploi auquel les coopératives ne peuvent prétendre compte tenu de leur statut NDLR) sont déconnectés des marchés concurrentiels alors que le CICE avait été fait pour retrouver de la compétitivité sur l'échiquier international. Les coop ont fait savoir qu'elles n'étaient pas satisfaites et elles ont obtenu une compensation, le remboursement anticipé de la C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés). C’est une

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