Terra 05 juin 2015 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Aveltis : installer encore !

"L'homme au cœur de la réussite de l'installation", Aveltis, 2e groupement de porcs français, en a fait le thème central de son assemblée générale, hier à Carhaix. Ce, après avoir présenté sur la ferme de Yann et Adeline Jouan, à Bignan, le pack installation et ses nouveautés concoctées pour relever le défi de la transmission. 65 exploitations du groupement seront concernées dans les 5 ans.

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Thierry Gallou, directeur d'Aveltis, Yann Jouan, jeune producteur de porcs à Bignan (56) et Philippe Bizien, président du groupement.
Thierry Gallou, directeur d'Aveltis, Yann Jouan, jeune producteur de porcs à Bignan (56) et Philippe Bizien, président du groupement. - © Terra

"Nous sommes persuadés que la production porcine a de l'avenir. C'est un élément majeur de l'économie bretonne, on a les infrastructures, l'acceptabilité sociale, et surtout, on a les hommes", répète Philippe Bizien, président d'Aveltis. Une confiance en l'avenir que la conjoncture ne déstabilise pas, "même si elle est extrêmement difficile et certainement n'a jamais été vécue avec une telle ampleur", reconnaît-il. Plus clairsemés dans les rangs, les candidats à l'installation sont pour autant toujours là."Nous représentons le quart des installations aidées en porcs en Bretagne en 2014", pointe Thierry Gallou, directeur. Transmettre est plus que jamais un défi majeur pour la coopérative dont 65 élevages devront changer de main d'ici cinq ans, 110 d'ici dix ans.

"Si nous voulons réussir ces transmissions, les éleveurs devront être de plus en plus forts techniquement, mais pas simplement, ils doivent rentrer dans la peau d'un chef d'entreprise", insiste Philippe Bizien, producteur de porcs à Landunvez (29).

L'homme multidimensionnel

Pour les accompagner, le groupement de Landivisiau (voir encadré) a peaufiné son pack installation. "L’homme en est la clé", répètent ses dirigeants. Plus tôt elle est appréhendée, "meilleures sont les chances de réussir l'installation". Pour ce périple, en gage de soutien, le groupement apporte aux porteurs de projet son expertise, tant en matière d'évaluation patrimoniale que d'étude économique, de suivi technico-économique, d'accompagnement dans la vie de groupe. Ce, sans oublier l'apport financier variant de 50 000 à 70 000 euros de prêt à 0 %. "La banque attend ce petit coup de pouce". Deux nouveautés sont apportées à ce pack. "Nous proposons aux jeunes un bilan d'aptitudes. Il leur permet d'appréhender leurs forces et leurs faiblesses sur des points qu'ils auront à affronter, depuis la gestion du management, celle des partenaires, la résistance au stress...", inventorie Thierry Gallou. "Connaître ses points de vigilance et les travailler", constitue un plus pour les responsables d'Aveltis qui proposent également le suivi du parcours du jeune installé par l'association Egée. Une structure qui, par le biais de ses anciens dirigeants, bénévoles, pointe un regard extérieur "appréciable".

Aveltis en chiffres


2e
groupement d'éleveurs de porcs en France, 770 adhérents

115 salariés


3
millions de porcs charcutiers commercialisés en 2014 (1,3 million en Finistère, 700 000 en Côtes d'Armor et est de l'Ille et Vilaine, 650 000 pour le Morbihan et le sud de l'Ille et Vilaine, 370 000 en Pays de la Loire.

Chiffre d'affaires 2014 : 470 millions d'euros pour un résultat net de 100 000 euros et 21 millions d'euros de fonds propres (sans endettement).

65 élevages à transmettre d'ici 5 ans, 110 d'ici 10 ans

55 éleveurs se sont installés depuis 2010 avec en moyenne 265 truies.

En 2014, 1 éleveurs de porcs sur 4 s'est installé avec le groupement qui a investi 2 700 000 euros dans l'installation des jeunes.

Yann et Adeline installés à 24 ans

Quand en 2010, Yann et Adeline s'installent en Bretagne, ils ont tout juste 24 ans, un BTS productions animales en poche et ne sont pas issus du milieu agricole. "Nous avions nos critères de choix, plus de 400 truies, une FAF, un lien au sol même partiel et le traitement du lisier", autant de critères réunis à l'EARL de Kergal. Bien que n'ayant pas d'apport personnel, leur projet suscite la confiance de leur groupement et celle d'une banque. Sur cette exploitation qui emploie deux salariés et un apprenti, ils auront investi plus de 2 millions d'euros en 5 ans pour penser un projet à 30 ans et le dimensionner pour 750 truies dans 5 ans. Ils sont férus des groupe d'échanges techniques, du groupe jeune et des forums : "pour visiter, échanger, progresser mais aussi des formations notamment sur les relations commerciales et la négociation, c'est capital" explique Yann qui aurait apprécié passer un bilan de compétence. "Tous ces éléments sont essentiels dans la réussite de l'installation"
estime le jeune éleveur.

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