Terra 17 novembre 2017 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Breizh Bocage aménage les pentes pour des eaux de qualité

Avec 225 kilomètres de talus et de haies reconstitués en 10 ans sur le bassin versant du Blavet et ses 50 communes, le programme Breizh Bocage participe à la reconquête de la qualité de l’eau. C’est le cas à Kergoff sur Pluméliau. territoire au faible maillage bocager qui, a lui seul, a concentré le tiers du programme basé sur le volontariat.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Autour de François jan, agriculteur volontaire pour bénéficier de ces aménagements anti-érosifs sur ses parcelles, élus et responsables du syndicat du Blavet.
Autour de François jan, agriculteur volontaire pour bénéficier de ces aménagements anti-érosifs sur ses parcelles, élus et responsables du syndicat du Blavet. - © Claire Le Clève

 

 

"J’en avais assez de vider le chemin en bas", raconte François Jan qui constate des épisodes pluvieux aux séquences de plus en plus violentes. En trois ans, 600 mètres de talus, en partie plantés sur trois parcelles, auront donc été reconstitués à la demande de cet agriculteur qui met en culture tous les ans, sur le plateau de Kergoff à Pluméliau, 60 ha de maïs, de céréales et de pommes de terre. Des terrains en pente traversés par la route et au milieu duquel dévale un ruisseau. "Quand il y a de l’orage, ça ravine vers les points bas. Curer les fossés et les routes, c’est une petite fortune à la charge des communes", constate l’élu Jean-Luc Even, adjoint au maire de Pluméliau, vice-président du syndicat du Blavet en charge des pollutions agricoles. Alors pour éviter cette érosion récurrente des sols par des eaux de ruissellement qui chargent la rivière en matières en suspension, "y compris de polluants", le plan Breizh Bocage vise depuis 10 ans à re-tricoter les éléments du maillage bocager, mité.

 

Reconquérir la qualité des eaux

Il n’est de regarder la campagne pour s’en convaincre. Avec 19 mètres linéaires de haie par hectare de SAU, le tissu bocager recensé sur la commune de Pluméliau est l’un des plus faible de Bretagne qui affiche une moyenne est de 110 mL/ha de SAU, (65 mL/ha en Morbihan). "Le premier de programme basé sur le volontariat des agriculteurs, a permis de réaliser depuis 2010, 23 kilomètres d’aménagement de haies et talus installés stratégiquement sur les endroits les plus problématiques. On poursuit depuis 2015 sur le deuxième programme, avec 4 km en cours", détaille Maël Spinec, technicien bocage du syndicat de la Vallée du Blavet. Un secteur sur lequel, depuis lors, "on est passé à 23mL/ha de maillage bocager", note la directrice du syndicat, Marie Clément, "il y a un fort enjeu de reconquête de la qualité des eaux. Nous sommes sur des masses d’eau prioritaires, dégradées sur le Tarun, l’Evel sur les paramètres nitrates et pesticides, sur le Riant et la petite mer de Gavres en bactério, avec un objectif d’atteindre une bonne qualité au vue de la directive cadre sur l’eau".

 

Aménagements anti-érosifs

Suivant la pente du terrain, "les aménagements proposés seront différents", décrit Mael Spinec. Talus ancrés sur deux mètres au sol et haut de 80 cm, plantés ou enherbés, billons ou haies à plat constituent le dispositif anti-érosif mis en œuvre. Et, cerise sur le gâteau, "je ne paye rien, tout a été pris en charge par Breizh Bocage", apprécie François Jan pour un coût de 7 euros du mètre linéaire aménagé, totalement financé*, "y compris la plantation et l’entretien la première année", détaille Maël Spinec pointant des essences proposées telles que le chêne, châtaignier, hêtre, viorne et troène… "Quand on a des exploitants volontaires, ça fait boule de neige. Ça a été difficile au départ de convaincre maintenant ça rentre dans les mœurs", constate François Le Louer, adjoint au maire de Languidic, vice-président en charge du bocage au syndicat de la vallée du Blavet. "Nous avons beaucoup d’appels après les épisodes pluvieux. Tous les volontaires, si c’est pour des aménagements utiles, sont pris", encouragent les élus.

Claire Le Clève

 

 

 

 

 

* par l’Europe (Feader 50%) via la Région et le Département, l’Agence de l’eau (30%)et le syndicat de la vallée du Blavet 20 %, soit 150 000 euros HT par an.

Des talus confectionnés en point bas des parcelles, plantés ils s'enracinent plus profondément
Des talus confectionnés en point bas des parcelles, plantés ils s'enracinent plus profondément - © Claire le Clève

Breizh Bocage en Morbihan

Près de 480 kilomètres réalisés depuis 2008

47 % par le syndicat de la vallée du Blavet

37,5 % par le syndicat du grand bassin de l’Oust

15,5 % par le syndicat de la vallée du Scorff

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui