Terra 13 juin 2019 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Breizh COP : plus de 5 000 engagements pour le climat

Pendant une semaine, Saint-Brieuc a rassemblé associations, élus, jeunes, entrepreneurs... autour de la Breizh COP. Les engagements recueillis par la Région afin d'agir pour le climat atteignent le chiffre de 5 485 propositions.

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Une semaine d'échanges, de réflexion et de débats sur la façon de freiner et de s'adapter au réchauffement climatique.
Une semaine d'échanges, de réflexion et de débats sur la façon de freiner et de s'adapter au réchauffement climatique. - © Terra

Ils étaient plus de 2 600 à venir échanger, réfléchir, proposer des solutions autour du climat. Les associations, les collectivités, les chercheurs et les entreprises se sont retrouvés à l'occasion de la Breizh COP du 4 au 7 juin à Saint-Brieuc. Des figures connues ont participé aux échanges : l'académicien Erik Orsenna, le patron de la CFDT, Laurent Berger et l'ancien ministre Nicolas Hulot, parrain de l'événement. Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne s'est félicité des propositions et des engagements pris. "Plus de 5 000 alors que depuis plusieurs mois, nous espérions un millier. Il faut agir avec le sentiment de l'urgence tout en s'inscrivant dans le temps".

Limiter la consommation de foncier

Parmi les engagements en lien avec le secteur agricole, le président de la Région Bretagne a exprimé celui de ne plus consommer de foncier agricole. "A un horizon qu'il nous appartient de définir, la Bretagne s'engage à ne plus consommer de foncier agricole et d'espaces naturels. Dire cela, c'est acter que la terre n'est pas consommable à l'infini, c'est redonner de la valeur aux friches industrielles, aux friches commerciales, aux milliers de poulaillers et bâtiments agricoles délabrés. Cela se fera par différentes étapes, par différents outils que nous aurons à construire ensemble".

Par ailleurs, il a annoncé la mise en place d'un plan à la rentrée sur le bien-manger avec le développement du bio et des produits locaux dans les cantines, en visant "les 50 % pour les produits locaux et le 20 % pour le bio" (inscrits dans la loi Egalim, ndlr). "Un véritable Plan alimentation tourné vers les consommateurs et les citoyens" s'inscrit dans les engagements.

Il s'est ensuite adressé aux agriculteurs pour leur rappeler (s'il le fallait) qu'ils étaient des partenaires au centre de nombreux sujets : le bien-manger, l'énergie, le stockage de carbone, la biodiversité... "Nous avons besoin de vous, continuez ces mutations".

Des ambitions atteignables

Dans la liste des engagements, le président de la Région a évoqué le budget supplémentaire de 20 M€ tous les ans dans la rénovation énergétique des lycées bretons ; l'affirmation du rôle de leader de la Bretagne dans la production d'énergie marine renouvelable. En Bretagne, championne du tri, Loïg Chesnais-Girard souhaite atteindre le "zéro enfouissement" puis arriver au "zéro déchet". Il a aussi souligné les efforts réalisés en matière de transport collectif avec Breizhgo ou encore dit la nécessité de repenser la fiscalité.

En conclusion de ces annonces, Nicolas Hulot a estimé : "Vous n'êtes pas dans l'irréalisable et l'utopie, mais le zéro consommation de terres agricoles est probablement un des objectifs le plus difficile. Il y a une gourmandise un peu effrénée des terres agricoles, qui n'est pas toujours justifiée d'un bénéfice social ou économique".

 

 

Erik Orsenna : grand témoin de la Breizh COP le 6 juin à St-Brieuc.
Erik Orsenna : grand témoin de la Breizh COP le 6 juin à St-Brieuc. - © Terra

Il y a urgence

D'ici 2050, le climat mondial encaissera une hausse de 2°C si les accords de Paris sont respectés. Cela correspondrait à une hausse de 3,5°C en France. "C'est énorme !", indique Marie Carrega de l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique. Ce qui se joue, c'est donc l'après 2050. "Soit on coupe le moteur du paquebot et on va finir à stabiliser à +2°C, soit on est parti vers +4,5 à 5°C à l'échelle mondiale. Ce qui veut dire des étés à 50°C en France à la fin du siècle. L'adaptation, il faut la mettre en œuvre !", clame la spécialiste. Gérer la ressource en eau, gérer les conflits d'usage, anticiper les secteurs à risque, la hausse du niveau des océans... C'est aussi une question sociale. "Il faut mesurer, observer pour guider les politiques à une réalité qui va se passer. Cela va venir très vite", alerte Gérard Gruau, membre du conseil scientifique de la Breizh COP. À l'image de la crise bancaire, il faudrait que l'Europe débloque des sommes énormes pour accompagner la transition.

"Comment articuler la transition et l'urgence " : le grand témoin de la journée du 6 juin Erik Orsenna a reproché l'impuissance de l'État devant l'urgence. "Il était une fois l'impuissance, il était une fois la France".

 

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