Terra 20 décembre 2018 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Bretagne viande bio continue de grandir

Déjà 27 ans d'existence et pour la deuxième année, une augmentation de plus de 27 % de chiffre d'affaires. Pour Bretagne Viande Bio (BVB), la niche bio n'en est plus une. Pour accompagner son développement, sans dévoyer son cap et ses valeurs, afin que chaque maillon de la filière y trouve son compte, l'échange y est de mise, comme lors de son assemblée générale.

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Lors de l'assemblée générale, le 3 décembre dernier à Noyal-Pontivy.
Lors de l'assemblée générale, le 3 décembre dernier à Noyal-Pontivy. - © Terra

La niche a grandi et attise les convoitises. Or ce sont les éleveurs qui font la valeur de la bio avec les bouchers, les transformateurs... Le monde change, BVB doit s'adapter tout en maintenant le partage dans la filière de cette valeur équitable et la solidarité", redisent à mots choisis ses administrateurs. En 2017, ils ont été 88 nouveaux éleveurs sur désormais 500 à franchir le cap BVB pour commercialiser leurs animaux. Et pour Bretagne Viande Bio, installée au Faouët, un objectif : "Accompagner le développement de la bio, accueillir les éleveurs qui tapent à notre porte, la croissance vient de là, et trouver des débouchés pour la production sans sacrifier le prix", rappelle Christophe Le Gall, président de cette filière et éleveur laitier à Séglien (56). Face au marché de la bio en pleine expansion, et pour éviter un développement à marche forcée, BVB a choisi de réécrire son projet politique, "pour plus de clarté" explique Christophe Le Gall. "Nous y rappelons l'autonomie de la structure, la notion de filière avec un partage équitable de la valeur ajoutée, et la dimension sociale de l'entreprise pour les salariés et adhérents", insiste le président.Une démarche qui aura pris près de deux années à BVB et sur laquelle sont revenus ses administrateurs, le 3 décembre dernier lors de l'assemblée générale.

 

L'exigence de qualité

Ainsi, quatre grands cercles et autant de tables rondes dédiées aux boucheries, aux transformateurs, aux éleveurs ou à la filière se sont formés dans la vaste salle de l'espace Artus de Noyal-Pontivy. Et c'est un même besoin que tous expriment :"Compte tenu de l'évolution du marché, il y a besoin que tous les acteurs se connaissent. On est à la recherche de partenaires fiables". Coté distribution bio, si les magasins Biocoop continuent à se développer avec 550 unités en France, dont 106 ont ouvert un rayon boucherie, l'objectif est d'atteindre les 150 d'ici 2020. "La partie viande est encore faible, les possibilités de développement sont importantes. On doit prendre garde à la qualité de maturation des viandes". Quant à l'obligation de moyens conférée à la bio, "il faut aller au-delà, jusqu'à l'obligation de résultat", estime-t-on dans la salle. Mais compte tenu de l'explosion du marché et de l'arrivée de nouveaux opérateurs de la grande distribution, il y a risque estiment aussi les participants aux tables rondes. "Le marché de la viande se développe. Pour satisfaire la demande, on ira chercher le bio ailleurs, et là je m'attends à des scandales. Il faut aller au-delà de la certification, bien affirmer nos différences, la qualité que fait BVB et nos choix", a mis en garde, pour sa part, un des adhérents historiques de la filière.

 

- © Terra

Gaspard Fourchette, nouvelle marque

Gaspard Fourchette est la nouvelle marque créée par BVB pour "écrêter la saisonnalité sur les petites productions d'agneau, de lapin ou de porcs", pointe Christophe Le Gall, président de BVB. La marque a commencé à s'implanter dans les magasins en Bretagne et ses départements limitrophes, proposant une gamme de terrines, rillettes et autres pâtés ou plats cuisinés tels que hachis, bourguignon, blanquette...

Christophe Le Gall, président de BVB, éleveur laitier à Séglien.
Christophe Le Gall, président de BVB, éleveur laitier à Séglien. - © Terra

BVB en chiffres

La filière compte : 500 éleveurs, 40 points de vente et boucheries, 2 abattoirs, 4 salaisonniers

+ 27 % de chiffre d'affaires (sur 9,5 millions d'euros)

477 éleveurs facturés dont 88 nouveaux

4 300 bovins commercialisés (+ 20 %)

4 000 porcs (+13 %)

680 veaux (+10 %)

2 000 agneaux (+ 33 %)

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