Terra 24 janvier 2014 à 08h00 | Par Frédérique Canno

Certiphyto : les agricultrices se forment aussi

En octobre dernier, la chambre d’agriculture des Côtes d’Armor innovait en proposant une première formation Certiphyto réservée aux agricultrices. 12 exploitantes ont ainsi obtenu leur certificat "décideur en exploitation agricole". Certaines en ont besoin en qualité de chef d’exploitation. D’autres, associées sur leur exploitation, l’ont vue comme une bonne opportunité pour mieux connaître les phytos, être plus autonome et mieux comprendre les préconisations sur les choix de produits. Une première expérience réussie et motivante pour les participantes autant que pour les organisateurs qui ont programmé une prochaine session… déjà complète !

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"J’ai adoré !", conclut Elodie, l’une des participantes actives à ces deux journées. Cette réaction enthousiaste n’est pas unique dans le groupe, puisque chacune avoue n’avoir trouvé que des intérêts à ces temps d’échange. Sur une exploitation, les femmes, seules ou en société peuvent avoir différents liens avec les produits phytosanitaires utilisés. Elles réalisent rarement les traitements et ne sont donc pas personnellement concernées par les mesures de protection. Pourtant, elles citent : "c’est moi qui gère les factures; je ne sais pas toujours à quelle culture correspondent les produits", ou encore "je vais parfois chercher les produits à la coop, sans savoir à quoi ils servent". Pour elles, le bilan est sans appel : "j’ai appris plein de choses qui vont m’aider à devenir plus autonome"…et pourquoi pas être capable de remplacer leur mari en cas de problème, comme l’évoquent certaines.

"J'étais venue pour le papier, j'ai appris plein de choses !"


Comme les hommes, certaines sont venues par obligation : le certificat est exigé pour tout professionnel qui achète et/ou utilise des produits phytosanitaires (rappelons que pour être identifié comme professionnel, il faut avoir un statut sur l’exploitation, être cotisant à la MSA et exploiter une surface au moins égale à 1/8 de la Surface Minimum d’Installation, soit 3,12 ha en polyculture élevage par exemple). Malgré ce caractère réglementaire, ces femmes ont toutes beaucoup apprécié ces journées qui leur permettent de faire le point sur leur propre situation. A l’issue du stage, la réglementation est plus claire, elles identifient les actions à mettre en place chez elles : stockage et rangement des produits dans le local, diagnostic du pulvérisateur, choix et efficacité des équipements de protection, points de vigilance sur les conditions d’application des produits. Particulièrement sensibles aux aspects santé, elles vont désormais être plus vigilantes sur la protection de leurs associés : "je vais insister pour qu’ils portent des gants, au moins pour la préparation du pulvé". Les nombreux temps d’échanges dans le groupe ont été très appréciés, permettant de s’informer mutuellement de la diversité des pratiques de protection des cultures. Autant d’expériences qui ouvrent des perspectives enrichissantes sur les méthodes de protection des cultures avec "moins et mieux de phytos".

Un groupe exclusivement féminin


La spécificité de ce groupe, exclusivement féminin est enfin l’un des points forts de cette première expérience, comme en témoigne Claudine : "Je suis venue parce que c’était un groupe de femmes. Ça met plus à l’aise pour poser des questions, car je ne connais pas grand-chose aux cultures". Pour toute personne qui ne pratique pas, le côté "formation" peut en effet inquiéter. Que vous soyez novice ou expérimenté, rassurez-vous : les formations Certiphyto ne prévoient pas d’examen de connaissance. Elles doivent au contraire être perçues comme une base minimum d’informations pratiques ou l’occasion de se mettre à jour de l’actualité phyto et des nouvelles techniques. Jusque septembre 2014, la prise en charge financière est assurée par Vivea pour les agriculteurs et par le Fafsea pour leurs salariés. Alors si vous ne vous l’ avez pas encore fait, inscrivez-vous sans tarder à une prochaine formation !

 

Frédérique Canno Chambres d’agriculture de Bretagne

PRATIQUE

Pour connaître les prochaines dates sur votre secteur et vous inscrire :
- Côtes d’Armor : Marie-Pierre Gouriou 02 96 79 21 92
- Finistère : Olivier Laborde Debat 02 98 86 59 80
- Ille et Vilaine : Marie Paule Tande 02 23 48 27 10
- Morbihan : Sylvie Tico – 02 97 46 22 28


Alain Hindré, président d'Écophyto Bretagne
Alain Hindré, président d'Écophyto Bretagne - © terra

Alain Hindré, président d'Écophyto Bretagne : "plus que quelques mois pour obtenir votre Certiphyto !"

"Parce qu’il permet de faire le point sur les risques pour la santé et l’environnement, sur les conditions de l’utilisation au quotidien, sur la réglementation et sur les pratiques alternatives, le Certiphyto me semble être le premier pas indispensable pour s’engager dans la réduction des phytos.

A ce jour, plus de 16 000 agriculteurs bretons ont reçu leur carte. C’est bien, mais il reste encore des agriculteurs à former. Le 1er octobre prochain, vous ne pourrez plus ni acheter ni utiliser des produits phytosanitaires sans cette carte. N’attendez pas le dernier moment et prenez contact dès maintenant avec votre centre de formation ! Ceux qui ont suivi la formation le disent : ça n’est pas qu’une formalité administrative, c’est également l’occasion de faire le point sur ses pratiques, prendre conscience des risques et mettre à jour ses connaissances.

L’enjeu est important. Dans les mois qui viennent, en partenariat avec la Draaf et les centres de formation habilités en Bretagne, nous lancerons une campagne d’information sur les échéances et modalités pratiques du Certiphyto. Nous comptons sur vous, la profession agricole doit se mobiliser autour de ce dossier !"

"Agronomie pour Elles" :
de nouvelles dates de formation

"Agronomie pour Elles" est une autre série de formations destinées aux agricultrices. Prochaines dates et thèmes :
13 février : les bases de la culture du blé, à Quintenic
13 mai : adapter les espèces prairiales à ses objectifs de valorisation fourragère
27 mai : la biodiversité, pourquoi et comment la préserver ?
date à définir : les bases de la culture du maïs
Cout : 35 €/jour (éligible au crédit d’impôt formation)
Programme, renseignements et inscriptions : Chantal Ollivo, Frédérique Canno – 02 96 50 93 23

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