Terra 17 avril 2014 à 08h00 | Par Claire Le Clève

CETEF se penche sur la populiculture

L'arbre est leur métier et pour mieux le produire, ils essaient, se forment et s'informent au sein du Cetef 56. Et c'est au chevet du peuplier, "arbre du peuple", champion de l'emballage léger, sous replanté, qu'ils se sont penchés, jeudi 10 mars, pour leur assemblée générale sur Josselin.

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Eric paillassa, spécialiste du peuplier au CNPF
Eric paillassa, spécialiste du peuplier au CNPF - © claire le clève

 

 

Roi des fonds de vallées, le peuplier va manquer. Un futur coup dur pour l'emballage léger et le contreplaqué sur lesquels il règne en maître. "Vous imaginez des bourriches d’huîtres en plastique !", lance, provocateur Henri de Bronsac de Bougainville, président du Cetef du Morbihan. Difficile à accepter pour une fabrication aux accents patriotiques et totalement nationale. Car bientôt, cette essence qui, de l'Oust à l'Evel et de la Claie au Blavet, s'est implantée dans le lit majeur des cours d'eau bretons sur 6 000 ha. Nommé "arbre du peuple" pour ses services rendus, il va faire défaut. Premier pays producteur européen, la France est détentrice de 230 000 ha de cette matière première rare qui en 15 ans, est passée de 2 millions d'arbrisseaux plantés annuellement à 730 000. "Or les besoins de la filières sont là, on sait que dans 20 ans, la ressource actuelle ne suffira pas à couvrir les besoins", pointe Eric Paillassa, spécialiste de la popiliculture et du changement climatique au CNPF. Besoins que les spécialistes du carton et du plastique regardent avec les yeux de Chimène. Qu'on se le dise : "le peuplier est une matière première devenue rare", insiste le spécialiste venu en faire la démonstration à cette assemblée générale du Cetef 56 mais également porter les résultats de tous les essais réalisés en France ses cultivars depuis 20 ans.

 

Plantez du peuplier !

 

Le message est clair : plantez du peuplier. Car victime de préjugés, "cette essence a été beaucoup dénigrée et accusée de mille maux du point de vu environnemental, à tord", insiste Samuel le Port, conseiller forestier à la chambre d'agriculture du Morbihan, animateur auprès du cetef 56. L'heure est donc à sa réhabilitation, tant par la filière aval, qui craint la pénurie, que par ses producteurs qui, bon an, mal an, "peuvent escompter sur 400 euros part ha et par an de revenus avec ce bois", enchaîne Samuel le Port. D'où l’intérêt de focaliser les travaux de cette journée d'assemblée générale sur cette essence. "Elle permet de transporter les produits maraîchers et les huîtres, elle participe au rayonnement des spécialités bretonnes", indique la plaquette régionale éditée par l'ensemble de la filière, tout juste sortie des presses et que l'assemblée a découvert, jeudi dernier. Et parce que les travaux initiaux de sa conduite, conditionnent la réussite de la plantation "qui peut offrir un M3 à deux M3 exploitables par arbre à raison de 35 euros le M3", les 56 adhérents du CETEF 56 se sont retrouvés, l'après midi, pour découvrir la conduite de peupleraies sur Guillac et les différences d'accroissements "suivant les cultivars (choix de variétés), les sols, la conduite de la plantation à la récolte au bout de 18 ans".

 

Claire Le Clève

 

 

 

soixante adhérents pour le cetef 56
soixante adhérents pour le cetef 56 - © claire le clève

Vous avez dit Cetef

 

Ce sont les centres d'études techniques forestières, "bras techniques des syndicats des propriétaires" pour Henri de Bronsac. Ils expérimentent, essaient, se forment et informent. Ils sont une quarantaine en France et la Bretagne compte un centre par département qui à l'instar du Morbihan, retrouvent un second souffle. Outre les propriétaires forestiers, leur cercle s'est élargi aux élus, chasseurs, pépiniériste et professionnels de l'aval de la filière. Avec des essais menés chaque année sur de nouvelles variétés, le suivi des précédents ou encore des études économiques telle celle menée sur le bois plaquette comme l'an passé, le Cetef du Morbihan valorise auprès de ses adhérents ses résultats mais aussi l'information. Ce fut le cas lors de cette assemblée générale avec le plan Breizh Forêt qui va voir le jour pour viser au boisement de parcelles, dont celles abandonnées depuis plus de 20 ans pourront bénéficier d'aides à la plantation avec un taux allant jusqu'à 80 % du montant des travaux engagés subventionnés. Au delà "de cette esprit d'expérimentation, il nous faut continuer à acquérir de la technicité, mutualiser nos résultats à l'échelle de la Bretagne et inciter les propriétaires forestiers à s'impliquer dans l'avenir de leur bois". Quant à une fédération régionale ? "Une reconnaissance non écrite nous suffit, il faut que cela reste simple", estime le président morbihannais.

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