Terra 03 juillet 2014 à 08h00 | Par Chantal Pape

Chambre d'agriculture - Les productions s'invitent à la session

Même si la forêt et les programmes de financement de l'Union européenne étaient aussi au menu, la situation économique des productions aura mobilisé une bonne partie des travaux de la session de la chambre d'agriculture, mardi dernier.

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De gauche à droite : André Sergent, président de la chambre d'agriculture, et Pascal Gourain, directeur.
De gauche à droite : André Sergent, président de la chambre d'agriculture, et Pascal Gourain, directeur. - © Chantal Pape

Poulet export

"La filière export a de l'avenir, martèle André Sergent, le président de la chambre d'agriculture. Il y a de la demande pour ce genre de poulet". Mais la fin des restitutions, en juillet dernier, a déjà entraîné une baisse de la production, estimée à 13% sur la Bretagne entre octobre 2013 et mars 2014. "Pourtant, nos coûts de production ne sont pas si différents de ceux du Brésil, calcule Didier Goubil, qui met plutôt en avant la parité euro-dollar-réal pour expliquer le manque de compétitivité du poulet français à l'export. "Et les Brésiliens ont profité de l'arrêt des restitutions européennes pour tenter de tuer définitivement la filière française, en faisant plonger les prix. Mais ils ne resteront pas durablement au niveau actuel !" Et l'élu de s'interroger sur les réelles motivations de l'Union européenne. "Les restitutions ne représentaient qu'un millième du budget de la PAC ! Par contre, importer tous les ans 600 000 t de poulet lui permet d'engranger 350 à 400 millions d'€ de taxes. Plus l'Europe importe, plus elle remplit ses caisses !"

En soutien aux 5 militants en procès ce même jour à Amiens pour avoir démonté une partie des installations de la ferme des 1 000 vaches, une vingtaine de militants de la Confédération paysanne a investi le hall de la Maison de l'agriculture pendant la session de la chambre d'agriculture et demandé à rencontrer André Sergent.
En soutien aux 5 militants en procès ce même jour à Amiens pour avoir démonté une partie des installations de la ferme des 1 000 vaches, une vingtaine de militants de la Confédération paysanne a investi le hall de la Maison de l'agriculture pendant la session de la chambre d'agriculture et demandé à rencontrer André Sergent. - © Chantal Pape

Lait

"L'amélioration du prix du lait est toujours absorbée par la hausse des coûts de production, constate la chambre d'agriculture. Et les producteurs sont dans l'incapacité d'investir dans la modernisation ou l'adaptation de leur outil". Mais si les prix sont tirés par un marché mondial porteur, la France reste à la traîne. "En mai, Sodiaal a payé le lait 335 €/1 000 l quand les hollandais percevaient 435 €", dénonce Pascal Prigent. Le décalage s'aggrave. Et les producteurs français sont en train de payer la trésorerie de certaines entreprises".

 

Légumes

"La situation est très difficile, explique Georges Guézenoc. Depuis novembre dernier, la perte de chiffre d'affaires de la zone légumière atteint 25%". La faute à un hiver pourri, durant lequel la pluviométrie a pénalisé les rendements et rendu récoltes et mises en production difficiles, mais aussi à un fléchissement de la consommation et des concurrences étrangères renforcées. "A quelques exceptions près, toute la production légumière est touchée". Le secteur horticole, pépinières, plantes en pots, fleurs coupées..., est également en difficulté. "L'automne va être très difficile en matière de trésorerie pour les producteurs".

 

Porc

"Un quart des porcs bretons sont produits sur ce territoire, il y a quelque chose à faire", indique André Sergent, en réaffirmant son soutien au projet de reprise partielle de l'abattoir Gad. Un projet pour lequel les élus de la CFDT sont plus réservés. "Il y a quelques mois encore, tout le monde affirmait qu'il y avait un voire deux abattoirs de trop en Bretagne, rappelle Jean-Luc Feillant. Avant de rouvrir celui de Lampaul, il faudrait regarder la filière abattage dans son ensemble et ne pas mettre en péril un nombre bien plus important d'emplois dans les autres abattoirs".

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