Terra 29 novembre 2018 à 11h00 | Par Chantal Pape

Chambre d'agriculture : une dernière session avant les élections

Alors que les élections à la chambre d'agriculture auront lieu en janvier prochain, la dernière session de la mandature a eu lieu mardi dernier, au centre de formation de Saint Ségal. Loin de toute surenchère syndicale, elle a fait le point sur la conjoncture avant de dresser un bilan des six années écoulées.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
De gauche à droite : André Sergent et Olivier Manceau, président et directeur de la chambre d'agriculture du Finistère, et Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d'agriculture.
De gauche à droite : André Sergent et Olivier Manceau, président et directeur de la chambre d'agriculture du Finistère, et Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d'agriculture. - © Chantal Pape

"Evidemment, ce n'est pas dans une chambre d'agriculture qu'on fixe le prix du lait, le cours du porc ou le prix du cadran en légumes", rappelle André Sergent, son président. Pour autant, chaque session, et la dernière de la mandature n'a pas fait exception, est l'occasion de se pencher sur la conjoncture des productions principales du département.

Reconquérir le marché intérieur

"La consommation de viande de volailles s'est accrue de 2,3% l'an passé, rappellent les élus, au travers de la délibération économique. Il serait incohérent de laisser les importations s'accaparer ces marchés". "Mais le consommateur est toujours à la recherche du prix le plus bas", constate Hervé Guillerm, en évoquant une promotion de 12 cuisses de poulet à 6 €. "Jamais on ne pourra produire au même prix que la Pologne, rajoute Didier Goubil. Heureusement que le grand export est reparti ! Le Quatar ou l'Arabie saoudite veulent du poulet français, quitte à le payer 10 ou 20% plus cher que le poulet brésilien".

En production porcine, c'est la situation sanitaire qui alarme les élus : que la France perde son statut d'indemne de fièvre porcine et aussitôt nombre de marchés à l'export risqueront de se fermer. Avec, à la clé, "une baisse inévitable du prix du porc payé à l'éleveur, un prix qui vient déjà de passer sous la barre des 1,20 €/kg alors que le prix de l'aliment, lui, a gagné 40 €/t entre janvier et octobre".

Un seul cahier des charges

En production laitière, si les élus s'inquiètent de la baisse du cours des veaux et des vaches de réforme, ils s'interrogent aussi sur la multiplicité des marques qui voient actuellement le jour en lait de consommation. "Lait de pâturage à 150 ou 200 jours, 10 ares/vache... c'est incompréhensible et peu lisible pour le consommateur". Alors pourquoi ne pas avancer ensemble au sein d'une seule démarche collective ? "Les agriculteurs doivent s'organiser pour peser dans cette segmentation et ne pas se laisser imposer de normes par d'autres".

Des producteurs fatigués

"Les producteurs sont sans cesse montrés du doigt alors qu'on a fait un sacré boulot, estime Jacques Jaouen, le président de la chambre régionale d'agriculture, avant de mettre en garde. "Attention aux effets négatifs ! Les producteurs sont fatigués. Et si, en Bretagne, on compte 30 000 bovins de moins et une production laitière en régression de 4%, ce n'est pas seulement dû à la sécheresse". Et Thierry Merret de renchérir, en dénonçant la dernière campagne de Greenpeace France, qui vient de publier la liste, commune par commune, des "fermes-usines". "Mais c'est la guerre civile qu'ils veulent provoquer ? On est en train de tuer l'agriculture familiale française. Pourquoi ne parlent-ils pas des élevages espagnols à 5 000 truies ? Des feed-lots américains aux milliers de bovins ?"

Une retraite à 85% du Smic

"Les retraités agricoles ne pourront attendre la mise en place de la réforme des retraites". Cette dernière session de la mandature a aussi été l'occasion, pour les retraités, de faire entendre le leurs revendications. "Il faut obtenir dès la loi de finances de 2019 une revalorisation des pensions à 85% du Smic, y compris pour les conjointes", souligne Jean Tromeur. Votée à l'unanimité, la délibération demande aussi la remise en place de la demi-part fiscale pour les veufs et veuves, une forfaitisation de la bonification pour enfants, un relèvement du plafond fiscal "et la suppression des prélèvements sociaux pour les retraites en-dessous du seuil de pauvreté".

Un bilan de mandature en quelques chiffres

 

Cette dernière session de la chambre d'agriculture a donné lieu, mardi après-midi, à une présentation d'un bilan axé sur les territoires (voir aussi Terra de la semaine dernière). Dans son discours, André Sergent, le président, a voulu mettre l'accent sur quelques chiffres :

- 130 installations aidées par an ces deux dernières années,

- 60 €/1 000 l, c'est l'EBE supplémentaire que dégagent en moyenne les éleveurs des 13 groupes lait accompagnés par Res'agri,

- une baisse de 20% du coût de l'identification depuis 2012,

- 56 communes finistériennes sorties des zones d'action renforcée de la directive nitrates grâce à la mobilisation de la profession,.

- ... et une baisse de 30% du taux de nitrates dans les eaux bretonnes depuis 1996.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes
L’actualité en direct
Infos techniques terra sur Synagri

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui