Terra 30 juin 2016 à 08h00 | Par Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne

Comment faire rebondir la Bretagne agricole et agroalimentaire  ?

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On entend souvent les propos suivants chez les parlementaires et les élus territoriaux de notre région, "en Bretagne, il y a un avant-Doux et un après-Doux, un avant Gad et un après-Gad". Ajoutons, un avant quotas laitiers, et un après quotas laitiers. Un avant et un après restitutions à l’exportation dans la volaille.

L’année 2015 a concentré, non plus des signaux de rupture, mais la concrétisation d’une transformation profonde et définitive. 2016 confirme cette transformation.

La Bretagne, à l’exception de certains micro-territoires, ne se céréalise pas. Elle reste une terre d’élevage et de production légumière. Mais quelle terre d’élevage ? Quelle dynamique légumière ? Cette dynamique de production de valeur ajoutée est-elle durable ? C’est la question qui nous est collectivement posée.

En 2015, les producteurs ont payé au prix fort le poids exorbitant de la grande distribution dans le prix des produits alimentaires agricoles, quels que soient leurs niveaux de transformation et d’élaboration. Ils paient aussi les effets désastreux d’un abandon par la puissance européenne de toute forme de régulation des marchés agricoles. A ce jeu-là, c’est le moins disant social de l’agro-alimentaire allemand qui gagne, ou le moins-disant environnemental espagnol. Il faut gagner les parts de marché de produits de base alimentaires totalement substituables où le seul critère qui prime est le prix le plus compétitif.

Comment faire rebondir la Bretagne agricole et agroalimentaire ?

En rapprochant sur les territoires les producteurs des consommateurs sur la question alimentaire, sur les filières courtes et longues, en redonnant la place qu’ils n’auraient pas dû perdre aux productions régionales dans la restauration hors domicile.

En rapprochant sur les territoires les producteurs des consommateurs sur la question sociale. N’en déplaise aux idées reçues, la production agricole bretonne n’est pas industrielle, ni encore aux mains de financiers. Elle reste à taille humaine, familiale, associative. C’est une valeur ajoutée à défendre auprès des consommateurs citoyens.

C’est avec ces atouts que l’agriculture bretonne doit retrouver de la rentabilité, de la fierté pour donner envie aux agriculteurs d’investir, de se moderniser, de recruter, de progresser dans l’organisation des filières et notamment dans les relations entre acteurs pour permettre à la Bretagne de rester une région agricole et agroalimentaire qui compte en France, en Europe et dans le monde.

Nous en débattrons les prochaines semaines lors de nos sessions départementales et de notre session régionale.

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