Terra 14 décembre 2017 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Consommation, les nouvelles tendances à la loupe

Les nouvelles tendances de consommation étaient au menu des huit Forums gagnants du CER France Brocéliande. L’occasion de mettre en lumière, auprès des adhérents du centre de gestion, les évolutions à l’œuvre dont chacun pourrait tirer parti, à condition de les intégrer.

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Dans cette salle de Moustoir-Ac, il n’est pas question d’éteindre son portable, moyen de sonder les pratiques (voir encadré).
Dans cette salle de Moustoir-Ac, il n’est pas question d’éteindre son portable, moyen de sonder les pratiques (voir encadré). - © Terra

Pour camper le décor de ces comportements qui évoluent, il faut bien se rendre à l’évidence : la France a changé. "Nous étions 55 millions quand j’étais à l’école, nous sommes presque 67 millions maintenant", dépeint Anne-Lucie Menier, ingénieure étude du CER Brocéliande. Et la jeune femme de poursuivre : "nous sommes aussi 80 % à vivre dans des zones urbaines quand nous étions à peine 60 % dans les années 60". Plus vieux sont devenus les Français dont un tiers a plus de 60 ans, contre un cinquième il y a cinquante ans… Plus nombreuse, plus citadine, plus vieille aussi, la population de l’Hexagone s’est transformée avec son cortège de nouveaux besoins. Ils sont satisfaits, ou non, par les nouveaux pouvoirs d’achat dont dispose cette population, car 75 % de ses actifs occupent un emploi dans le domaine tertiaire. Autre trait marquant, la diminution du nombre de personnes par ménage. "En 1962, les personnes seules constituaient 20 % des ménages français. Aujourd’hui 34 %". Conséquences ? Des logements plus petits, idem pour la taille des portions… Le développement de la consommation de biens et de services, également par le recours aux crédits, et l’accroissement des dépenses pré-engagées (loyers, abonnements, mensualisations, forfaits…) réduisent la part des moyens disponibles, d’où l'arbitrage.

Alimentaire, la portion au régime sec

"Ce sont les dépenses liées à l’alimentation qui ont le plus évolué", souligne l’économiste pointant les années 60. 35 % du budget des ménages étaient à l’époque dévolus à l’alimentation (toutes dépenses confondues, dont 24 % pour les seuls produits alimentaires). Dans les années 90, la part de ces dépenses n’étaient plus que de 22 % (14 % pour les seuls produits alimentaires), en 2015, 20 %, dont 12 % pour les produits alimentaires, soit une baisse de moitié en 50 ans. Un régime sec ! L’arrivée du supermarché et sa généralisation ont bouleversé la donne du petit commerce de proximité. Reste que "nos achats alimentaires se font essentiellement en grande surface. Mais il faut noter le poids croissant de l’achat des légumes sur les marchés ou en Amap (28 %) et en magasins bio (10 %)". L’émergence d’Internet rebat de nouveau les cartes. Avec quelle régularité d’achat ? "Sur le panel enquêté, toutes les semaines pour un tiers des Français, mensuelle pour un autre tiers et rarement pour le dernier tiers. Mais en premier lieu, Internet est un moyen de s’informer", brosse Anne-Lucie Menier qui souligne une autre tendance de consommation non négligeable : "l’achat de matériel d’occasion. Sa part progresse".

Porte valeurs

Le nerf de la guerre reste le pouvoir d’achat, "pour trois quarts des Français, c’est un frein : ils doivent arbitrer. Cela veut dire que pour un quart, il n’y a pas de contrainte de budget". La recherche de plaisir, "l’hédonisme, est un moteur puissant d’acte de consommation", souligne-t-elle, chiffres à l’appui. Après le plaisir, "il y a un fort besoin de sécurité dans l’alimentation : la fraîcheur, l’origine et les produits dits "sans" (pesticides, OGM)". Et de réassurance avec des produits porteurs de valeurs : "diététique, équitable ou bien-être animal ont le vent en poupe". Autant d’éléments à valoriser pour les producteurs.

 

Interactif

"Et vous, quel consommateur alimentaire êtes-vous ?", interroge Yvonig Racouet, en charge du marché agricole sur la région centre Morbihan. Face à lui, à Moustoir-Ac, les adhérents du CER Brocéliande ont saisi leur téléphone portable et c’est par SMS qu’ils répondront, tout au long de la soirée, aux questions du sondage qui leur sera présenté sur un thème fédérateur, "celui des tendances de consommations. Toutes ces nouvelles tendances impactent nos vies, nos manières de consommer, d’acheter", pointe Gérard Roulleaux, président de la structure et éleveur laitier à Bain-de-Bretagne. "Cela peut aussi constituer des opportunités et des positionnements pour nos adhérents. On peut vivre et développer son activité à Moustoir-Ac en créant de la vente en ligne pour une partie de sa vente directe", enchaîne-t-il. Un moyen participatif de rendre également ces réunions annuelles, statutaires et électives, rebaptisées Forums, "en moment interactifs et fédérateurs entre des agriculteurs mais aussi des artisans, des commerçants ou des professions libérales qui sont tous nos clients".

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