Terra 26 avril 2018 à 14h00 | Par André Sergent, président de la chambre d’agriculture du Finistère

Construisons la R&D professionnelle publique de demain !

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André Sergent, président de la chambre d’agriculture du Finistère.
André Sergent, président de la chambre d’agriculture du Finistère. - © Terra

En agriculture, comme dans toute activité professionnelle, nous sommes condamnés à l’excellence technico-économique et à la remise en question perpétuelle de nos pratiques et de nos systèmes. Cependant, l’agriculture a une particularité : elle doit également répondre à des enjeux collectifs (territoires, environnement…) et aux attentes sociétales de plus en plus impactantes pour nos métiers, nos produits et nos filières. Bien entendu, chacun est un chercheur dans son exploitation et le terrain est un acteur majeur de l’innovation.

Mais nous avons besoin d’une recherche et développement (R&D) collective qui prenne les risques à notre place et qui anticipe sur les problématiques à venir. En France, nous disposons d’une R&D puissante en agriculture avec l’Inra, les instituts techniques et les chambres d’agriculture même s’il lui est souvent reproché un manque de cohérence et de lisibilité entre structures. Au cours des dix dernières années, la R&D agricole a fondamentalement évolué, la baisse des financements publics est certes une explication mais pas la seule. Nous constatons également le développement d’une R&D privée adossée à nos structures économiques dont les résultats ne sont pas accessibles à tous et dont le rôle n’est pas d’anticiper les enjeux collectifs de demain. Le développement du numérique et des datas révolutionne l’acquisition de références, notamment en direct des exploitations, ainsi que le transfert et la diffusion. Dans ce contexte, nos structures de R&D publiques ne pourront vraisemblablement pas maintenir leurs capacités d’intervention ni conserver toutes leurs stations de recherche. Le Président Macron, le 11 octobre 2017, appelait de ses vœux le rapprochement R&D des chambres d’agriculture, de l’Inra et des instituts techniques au niveau régional. Une convention entre l’Inra, l’APCA (assemblée permanente des chambres d’agriculture) et l’Acta (association de coordination technique agricole) a d’ailleurs été signée lors du salon de l’agriculture. Mais l’impulsion nationale ne suffira pas, surtout si elle ne donne aucun cadre à cette restructuration. Mais c’est peut être tant mieux car c’est à nous de repenser et de pérenniser cette R&D professionnelle publique afin de la rendre plus efficace et d’assurer son lien au terrain autant pour répondre aux besoins que pour diffuser les résultats. Les chambres d’agriculture de Bretagne ont engagé une restructuration de leur dispositif, en rapprochant leurs équipes de recherche appliquée et de développement ; en resserrant le parc de stations expérimentales et en développant des partenariats étroits avec les chambres d’agriculture du Grand Ouest et les instituts techniques comme avec Idele. Dans cette période de doute, nous devons construire la R&D de demain : une R&D professionnelle c’est-à-dire "par et pour les agriculteurs", une R&D publique, au bénéfice de tous.

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