Terra 14 mai 2014 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

"Continuer l'évolution de la filière laitière, en gardant l'élan du prix"

Frédéric David, agriculteur sur la commune de Domagné, est le nouveau président de la section lait de la FDSEA d'Ille-et-Vilaine. Pour aller à sa rencontre nous lui avons demandé de livrer son sentiment sur la conjoncture laitière, son actualité et l'avenir de la filière.

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frédéric David, président de la section lait de la FDSEA35
frédéric David, président de la section lait de la FDSEA35 - © A.M

Comment qualifiez-vous la conjoncture laitière à la fois sur les marchés intérieurs et externes ?

Frédéric David. Le marché intérieur est difficile car la grande distribution a toujours le souci de ses marges et l'excuse du pouvoir d'achat. Sur le marché européen, le marché est à l'équilibre global entre l'offre et la demande. Sur l'export, il y a une forte demande, mais à laquelle, nous Français, ne sommes pas forcément prêts à répondre en volume. Par contre, on ne manque pas de lait au niveau des industriels et, en 2013, nous avons produit la quantité nécessaire pour saturer les outils de transformation. L'année a été bonne pour la production et la transformation, sans toutefois connaître l'euphorie qui, en 2009, avait cassé le marché. Aujourd'hui, on n'a pas de stock, on écoule ce que l'on produit même si la consommation intérieure est tendue.

 

Quel regard portez-vous sur le sujet de la fixation du prix, qui cristallise les relations tendues avec les industriels ?


F.D. Les agriculteurs souhaitent produire plus, mais cette dynamique doit être accompagnée d'une visibilité sur les prix. Dès fin 2013, certains industriels ont oublié leurs engagements. Le prix français découlait d'un prix connu allemand et ces derniers ont connu des prix très élevés l'hiver. C'est à partir de cet instant que les engagements n'ont pas été respectés. Nous soutenons la FNPL qui revendique l'application des indicateurs pour fixer le prix du lait. Les indicateurs doivent évoluer et prendre en compte, par exemple, les coûts de main d'oeuvre, car pour produire davantage, il faudra de la main d'oeuvre supplémentaire, encore faudra-t-il avoir la possibilité de la rémunérer. Il faudra aussi bien gérer nos marges et nos coûts alimentaires.

 

Selon vous, existe-t-il une corrélation entre fin des quotas  et qualité du lait plus aléatoire?

F.D. C'est évident que quand on demande à quelqu'un de faire plus, mais que cette personne n'est pas dans "l'aisance", la tendance c'est de moins réformer et du coup, on arrive à  des montées de cellules. Autre conséquence, on augmente l'antibiothérapie, et on peut avoir un risque de contamination jusqu'au camion. Il faut faire attention car, en France, nous avons la plus grande rigueur qualitative. D'autant plus qu'une fois dans ce schéma, les gens ne gagnent pas plus.


Le 14 avril se tenait une réunion de la section lait, que retenez-vous des réflexions sur la sortie des quotas et les organisations de producteurs ?

F.D. Avec la sortie des quotas, c'est primordial que nous ayons une réflexion collégiale, pour définir qui va gérer les volumes. l'entreprise ? l'OP ? Et quelle place donne-t-on aux OP ? Pour cela, l'adhésion à une OP va devenir prioritaire pour le bien fondé de la filière. On a l'opportunité de reprendre la main sur la gestion des volumes. L'avenir de la filière laitière se fera par les OP, les agriculteurs doivent se mobiliser et le syndicalisme restera la base de la démocratie et défendra les intérêts d'une organisation de producteurs. Il faut que chacun apporte sa pierre et c'est tous ensemble que l'on pourra créer les conditions favorables à l'émergence de ces structures. Nous menons donc une réflexion sur des sujets comme, l'intégration, la coopération, quels mots faut-ils mettre derrière les contrats ? Il faut continuer l'évolution de la filière en gardant l'élan du prix. Il faut faire évoluer nos structures en les adaptant sur les éléments où l'administration se désengage.

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