Terra 22 mars 2018 à 15h00 | Par Jean Dubé

Des lignes directrices pour l'agriculture bretonne

Lundi dernier à Mûr-de-Bretagne, la session de la chambre d'agriculture de Bretagne avait invité Philippe Chalmin dans la droite ligne des États généraux de l'alimentation, en attendant la préparation de la loi qui clôturera ces travaux. (lire l'entretien en page 8) Mais une session, c'est aussi l'occasion de se fixer des lignes directrices de travail pour les mois à venir, que Jacques Jaouen a résumé dans sa conclusion.

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Les élus garicoles bretons réunis en session de la chambre régionale à Mûr-de-Bretagne.
Les élus garicoles bretons réunis en session de la chambre régionale à Mûr-de-Bretagne. - © Terra

"Les États généraux ne nous conduiront pas au grand soir", a averti Jacques Jaouen, président de la chambre d'agriculture de Bretagne, en ouvrant son intervention. Mais pour autant "ne boudons pas la dynamique engagée, les débats et les propositions qu'ils suscitent" a-t-il estimé, considérant qu'"il faudra que les producteurs s'impliquent pour éviter que l'on décide à leur place".

S'impliquer dans la suite des États généraux et en particulier dans les travaux d'élaboration des plans de filière sera probablement l'un des éléments majeurs des chantiers des chambres d'agriculture en 2018.

 

Un agriculteur sur deux en retraite dans les dix ans

Mais Jacques Jaouen liste d'autres priorités, la prochaine PAC bien sûr, qui est d'ores et déjà remise sur le métier et, au quotidien, la chambre régionale se fixe pour ambition "le mieux vivre des agriculteurs". Mieux vivre, c'est à la fois vivre dignement de son métier, mais aussi améliorer ses conditions de travail et d'une façon générale améliorer l'attractivité du métier. L'agriculture bute aujourd'hui sur une dure réalité : elle n'attire plus suffisament de jeunes pour permettre l'embauche de salariés et asurer le renouvellement des générations. Le cap d'un agriculteur sur deux partant à la retraite dans les dix ans à venir sera très difficile à passer. "S'il n'est pas correctement abordé, c'est la vitalité de tout un pan d'activité qui risque d'être mise à mal", prévient le président de la chambre d'agriculture de Bretagne.

 

"N'en rajoutez pas"

Le contexte général dans lequel s'insère l'agriculture n'est bien sûr pas oublié. Sur l'environnement et la directive nitrates, "reconnaissez les améliorations significatives observées et n'en rajoutez pas" insiste-t-il, en évoquant aussi la situation des agriculteurs en difficulté, "osons l'innovation sociale territoriale pour sortir de cette situation inacceptable". Sur l'enjeu du foncier, Jacques Jaouen rappelle que les bretons ont su préserver le développement d'entreprises à taille humaine et à responsabilité personnelle des capitaux investis. Mais ce modèle évolue et doit continuer d'évoluer, plus de sociétés, plus de salariés, plus d'associés tiers à la famille, des entreprises qui adoptent des trajectoires différentes en taille, en organisation du travail, en système de production.

L'agriculture est donc dans une phase de transition, une transition qui situe l'agriculture au cœur des débats de société. L'essentiel est qu'elle n'y perde pas son âme, voire qu'elle y gagne un avenir.

Concernant la suite donnée aux États généraux de l'alimentation, "Il faudra que les producteurs s'impliquent pour éviter que l'on décide à leur place" estime Jacques Jaouen.
Concernant la suite donnée aux États généraux de l'alimentation, "Il faudra que les producteurs s'impliquent pour éviter que l'on décide à leur place" estime Jacques Jaouen. - © Terra

Fraudes au lisier au Pays-Bas, les bretons interpellent la commission europÈenne

Dans un courrier daté du 14 mars, les cinq présidents des chambres díagriculture de Bretagne font part de leur stupéfaction devant le système de fraude mis à jour aux Pays-Bas pour déroger à la directive nitrates.

"Comment l’Union Européenne a t-elle pu accorder une dérogation à la directive nitrates, à l’État hollandais sans s’assurer de l’existence de contrôles appropriés ?". "Pourquoi n’a-t-elle pas identifié le lien entre non respect des règles déclaratives et augmentation importante de la production laitière sur cette même période ?". Ils dénoncent le "principe de concurrence libre et non faussée autant dévoyé" qui, notent-ils, se traduit par une économie de charges estimée à 10 000 € par entreprise aux Pays-Bas et un stock de poudre de lait qui pèse sur les marchés. À un moment où les discussions sont ouvertes en Bretagne sur la prochaine directive nitrates, les présidents de chambres d'agriculture de Bretagne demandent qu’une enquête soit diligentée pour faire la lumière sur cette fraude et identifier les responsabilités. Mais leur interrogation va plus loin. Ils interpellent la Commission sur son intention de donner plus de subsidiarités aux États sur ces questions environnementales et sur la PAC. "Détricoter la PAC, c’est affaiblir son ambition commune", affirment-ils. Mais le message essentiel est direct : "ne découragez pas la Bretagne et les agriculteurs bretons" sur le dossier environnement. En clair, ne donnez pas raison aux fraudeurs. Agissez, sanctionnez !  / Jean Dubé


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