Terra 02 août 2018 à 08h00 | Par Dorothée Briand, Agri 72

Drill and Drop Sentek, des sondes capacitives nouvelle génération

Les nouveaux réseaux de communication basse puissance ouvrent de nouvelles voies en agriculture. Cette révolution dans la télétransmission profite aux sondes capacitives et les rend plus accessibles. Focus sur la sonde Drill and Drop Sentek associée au transmetteur de données via réseau Sigfox.

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"L'installation et le bon positionnement de la sonde sont des étapes importantes pour une bonne interprétation du besoin de la culture, souligne Eric Faure, pour la culture du maïs, le positionnement idéal est  à 6-8 cm du rang".
Les sondes de 60 cm sont composées d'un chapelet de condensateurs qui mesurent de façon immédiate et en continu l'humidité du sol.
"L'installation et le bon positionnement de la sonde sont des étapes importantes pour une bonne interprétation du besoin de la culture, souligne Eric Faure, pour la culture du maïs, le positionnement idéal est à 6-8 cm du rang". Les sondes de 60 cm sont composées d'un chapelet de condensateurs qui mesurent de façon immédiate et en continu l'humidité du sol. - © Terra

L’efficacité des sondes capacitives n’est plus à prouver. Cet outil d’aide à la décision est devenu un partenaire privilégié pour les irrigants. Mesurant le volume hydrique dans la terre, par envoi d’un courant diélectrique (il ne contient pas de charge électrique), susceptibles de se déplacer dans un volume de sol qui l'entoure pour en évaluer le taux d'humidité, elles diffèrent des sondes tensiométriques qui mesurent sa tension en eau.

 

Mesures en mm

La sonde capacitive Drill and Drop Sentek a été choisie par la chambre d’agriculture des Pays de la Loire et est utilisée par le conseiller en irrigation Eric Faure en Vendée depuis plus de six ans. L’installation a récemment été déployée en Sarthe au stade 4-5 feuilles du maïs avec une dizaine de sondes installées pour 2018. Celle-ci effectue en direct et en continu les relevés via ses capteurs répartis tous les 10 cm (différents modèles existent entre 10 et 120 cm, la plus polyvalente étant la sonde de 60 cm avec 6 capteurs). Pour Eric Faure, le système permet la mesure hydrique aux différents niveaux d’enracinement et prévient l’agriculteur, à la fois de la bonne santé du végétal et de l’éventuel stress hydrique. Il juge cette méthode plus fiable que l'utilisation de plusieurs sondes implantées à divers endroits et profondeur car cela biaise la mesure et l’interprétation. Résultat de l’envoi des données par télétransmission, un premier graphique présente les données de chaque capteur, le second, celui de l’état d’humidité du sol sur la totalité du profil. Sur ce dernier, deux seuils de gestion indiquent la capacité au champ et le bas de la réserve facilement utilisable, estimés selon la texture et la profondeur du sol. Ils signalent à l’agriculteur ses marges d’intervention. L’intérêt de cette sonde est de traduire les données directement en millimètres et non pas en pourcentage d’humidité ou en dépression, un vrai apport selon le conseiller, pour la lisibilité des résultats et l’interpolation entre mesures et événements (pluie/irrigation).

 

Répondre aux questions de l'irrigant

Avec cet outil, l’irrigant décide au mieux quand démarrer ou arrêter le tour d’eau sur ses parcelles. Il peut également aider à ajuster en cours de végétation la quantité à apporter par passage (lien texture, stade de la plante, état d’humidité des horizons). Avec les sondes capacitives, il a une visualisation directe de l’enracinement des plantes par zone de prélèvement et de son évolution dans le temps. Cela lui permet d’apprécier la perméabilité ou la compaction du sol par horizon et de diagnostiquer des problèmes agronomiques, tels que la croûte de battance ou la semelle de labour. Le pilotage permet de répondre précisément au besoin de la plante et permet une meilleure efficience des mm apportés.

 

Économiques ?

Selon Éric Faure, l’intérêt de ces sondes est principalement de mieux ajuster la quantité d’eau. Avec du recul, si certains ont économisé 300 à 400 m3 d’eau par hectare, d’autres ont augmenté leur volume par passage, mais cela s’est traduit par une meilleure récolte (rendement et qualité). Dans l’ensemble, le système rassure l’agriculteur et permet une meilleure anticipation de ses pratiques. Un pluviomètre ainsi qu’une station météo peuvent également être associés au système.

 

 

- © Terra

Télétransmission bas débit

Les données, initialement transmises à distance par modem GPRS, profitent depuis le début de l’année du système Sigfox. Développé depuis 2009 par une société toulousaine spécialiste de l’IoT (internet of the things), c’est un réseau de communication très bas débit, à basse consommation d’énergie et qui ne nécessite ni smartphone, ni compte chez un opérateur. L’intérêt est double : la réduction du coût de l’abonnement d’une part et la meilleure couverture réseau d’autre part, puisque le système se propage sur de plus longues distances et qu’il peut ainsi accéder à des endroits plus reculés. Le kit sonde et boîtier Sigfox (commercialisés par Agralis) sont facturés aux alentours de 1 495 € HT et l’abonnement se réduit désormais à un coût proche de 80 €HT/an (au lieu des 170 €HT initialement et à quoi s’ajoutait l’abonnement à l’opérateur téléphonique d’environ 3 €/mois). Eric Faure estime qu’une seule sonde sur l’exploitation apporte des données utilisables et transposables assez facilement sur le reste des parcelles irriguées.

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