Terra 31 mai 2018 à 15h00 | Par Nicolas Debéthune, Sophie de Verdelhen, chambres d'agriculture de Bretagne

E-commerce alimentaire, la petite bête qui monte, qui monte…

Dans une société de plus en plus connectée, le commerce en ligne, ou e-commerce, poursuit son inexorable ascension. La vente de produits alimentaires, confrontée à de nombreux défis logistiques, représente encore une part infime de ce marché. Mais l’influence du web sur le commerce est bien plus large que le seul e-commerce…

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La grande distribution conserve une longueur d'avance sur le e-commerce alimentaire avec ses drives qui se sont multipliés depuis le début des années 2010 (ici une recherche de localisation des drives dans l'agglomération rennaise), mais Amazon et Google sont très investis dans la recherche de solutions de livraison directe de produits alimentaires à domicile.
La grande distribution conserve une longueur d'avance sur le e-commerce alimentaire avec ses drives qui se sont multipliés depuis le début des années 2010 (ici une recherche de localisation des drives dans l'agglomération rennaise), mais Amazon et Google sont très investis dans la recherche de solutions de livraison directe de produits alimentaires à domicile. - © Terra

Depuis près de 15 ans, la digitalisation de la société française se poursuit à un rythme rapide et soutenu. Le smartphone est devenu incontournable et près des trois quarts des Français en sont aujourd’hui équipés . D’ailleurs, ils l’utilisent maintenant comme premier terminal d’accès à internet, avant l’ordinateur et la tablette. Un effet "réseaux sociaux" qui consultés tout au long de la journée via les smartphones, créent un rapport renouvelé au mobile.

Ce qui explique notamment qu’en 2017, seule 12 % de la population ne se connecte jamais à internet. Signe de l’omniprésence de la vie numérique, la plupart des internautes (76 %) se connectent quotidiennement. Et si le manque de sécurisation des paiements en ligne est toujours perçu comme le principal frein à l’achat, 61 % de Français ont néanmoins effectué des achats en ligne en 2017.

Le secteur du commerce en ligne connaît d’ailleurs une évolution constante et marquée au niveau mondial. Si 1 336 milliards d’euros ont été dépensés en 2014 dans le cadre d’achats en ligne, les transactions de l’année 2017 se situent à hauteur de 1 800 milliards d’euros. Une progression impressionnante de 17 % par rapport à 2016, en deçà cependant des 1 900 milliards qui avaient été envisagés par certains observateurs.

En France aussi, le e-commerce se porte bien, le pays se situe à la troisième place sur le podium européen. Les chiffres donnent d’ailleurs le tournis : 82 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 1,2 milliard de transactions en 2017, 200 000 sites marchands… Pour autant, il faut les analyser de plus près. 61 % du chiffre d’affaires correspond à des services, proposés par exemple par les plateformes de contenus culturels et les sites d’achat de voyages. On estime à 8 % la part de commerce de détail réalisé sur internet. Ce chiffre baisse encore lorsqu’on se concentre sur les achats de produits frais alimentaires. Seuls 2 à 3 % des achats de produits frais alimentaires se feraient sur le web. Ce qui représente tout de même un marché de 3 à 4 milliards d’euros…

 

Le e-commerce alimentaire français tiré par le drive

Deux types d’acteurs cherchent particulièrement à s’emparer de ce secteur. D’une part, les grands groupes de distribution propriétaires d’hypermarchés (Auchan, Carrefour, Intermarché…) qui, perdant des parts de marché sur leurs ventes non alimentaires, cherchent à valoriser leur réseau d’implantations locales et leur logistique existante. Et d’autre part, les géants technologiques du web (Amazon et Google en tête) qui mettent en œuvre leur force d’innovation technologique et leur culture du "test & learn" pour tenter de renverser la table.

Malgré les coups d’éclats de ces dernières, le secteur de la distribution alimentaire conserve encore en France quelques longueurs d'avance grâce à l’invention du "drive" au début des années 2000. Ce principe de préparation de commandes souvent adossé à un hypermarché afin de faciliter la vie au client tout en permettant au distributeur d’optimiser sa logistique a explosé depuis son invention. Alors qu’elle comptait 59 drives en mars 2010, la France (pays des hypermarchés), en dénombrait 4 025 en avril 2016 et 4 343 en janvier 2018. La répartition des achats est aussi sans appel. En livraison à domicile, l’alimentation représente 35 % du panier moyen de produits de grande consommation alors qu’en drive ce taux monte à 67 %. Ceci explique notamment la bataille dans laquelle se sont engagés tous les distributeurs en 2018.

 

 


LE FORUM DES OPPORTUNITÉS EN PRATIQUE

- Le 11 juin à Ploudaniel (29) - Espace Brocéliande, (complexe Coat Daniel).

- Le 12 juin à Loudéac (22) à la MFR -  31 rue Anatole le Bras.

- Plus d'infos sur www.bretagne.synagri.com/synagri/act-forum-des-opportunites-circuits-courts-filiere-qualite

- Gratuit, sur simple inscription en ligne ou auprès de  Marie-Pierre Guyon au 02 23 48 27 23 (marie-pierre.guyon@bretagne.chambagri.fr

 

 


- © Terra

Faire connaÎtre ses produits fermiers

Page sur un site existant (celui de sa commune, celui de Bienvenue à la ferme, …), réseaux sociaux, annuaires de producteurs, site internet dédié, diverses solutions s'offrent aux producteurs pour être visibles des consommateurs en recherche de bons produits alimentaires locaux.

Une présence sur la toile, même modeste, soutient le bouche-à-oreille. Elle permet de communiquer des informations pratiques importantes comme les horaires d'ouverture à la ferme ou la présence sur les marchés, de rappeler l'origine "direct producteur" et les spécificités des produits fermiers. Attention toutefois à garder les informations à jour sur tous le sites où vous vous êtes inscrits au fil du temps, même si vous avez changé d'horaires ou de modes de vente ! Sur internet, les traces anciennes ne s'effacent pas d'elles-mêmes.

Si vous souhaitez aller plus loin en cherchant à vendre vos produits sur internet, demandez-vous à qui vous vous adressez (clients locaux en pré-commande de caissette de viande ? Clients à distance avec commande et livraison ?) et comment vous vous ferez connaître. Il reste bien sûr plus facile et moins coûteux de vendre via un système en place qui communique (site collectif, Ruche qui dit oui, Okadran,…) que de se lancer dans sa propre boutique en ligne. Un projet qu'il vous faudra bien préparer.

 

L'influence du web sur le commerce est plus large que le e-commerce

Avec la multiplication des interfaces virtuelles, le "magasin" a pris une autre dimension. D’ailleurs ne parle-t-on pas des sites internet comme de "vitrines" ! Entre boutique en ligne et places de marchés, le consommateur a de nombreuses occasions de rencontrer l’entreprise qui lui propose ses produits. On caractérise même son comportement "full web" s’il choisit et achète en ligne, "full store" s’il fait tout en magasin, "ropo" ou "showroomer" suivant qu’il prépare ses achats sur internet pour les réaliser dans une boutique ou l’inverse.

L’enjeu des vendeurs n’est donc plus seulement de bénéficier d’une solution de vente en ligne, mais surtout de continuer à assurer une visibilité à leur activité sur tous les canaux. Il s’agit par exemple que les clients puissent trouver sur leur smartphone en quelques secondes les coordonnées du point de vente, ses horaires d’ouverture, la disponibilité des articles ou encore d’éventuelles promotions…

Fin 2013, l’Ifop recensait les pratiques  des Français dans la préparation de leurs courses alimentaires. 30 % d’entre eux avaient le réflexe de consulter internet, quasiment autant que les 31 % qui consultaient les prospectus papier. Cinq ans ont passé… un siècle à l’heure du digital, si l’enquête n’a pas été réitérée, on peut sans difficulté imaginer que le phénomène ne s’est pas tari.

- © Terra

Forum des opportunités à Ploudaniel et Loudéac

Le 11 juin à Ploudaniel et le 12 juin à Loudéac, le forum des opportunités qu'organisent les chambres d'agriculture est l'occasion de rencontrer les différents prestataires des circuits courts. Ces rendez-vous qui se déroulent en Finistère et en Côtes d'Armor visent aussi bien un public d'agriculteurs déjà engagés dans ces filières et qui recherchent des partenaires des fournisseurs d'équipements et de services que des personnes en quête d'informations sur ces filières et en phase de projet.

 

Ce que vous trouverez au forum des opportunités :

- Des acteurs de la transformation et de la conservation : Biralux (inox pour les métiers de bouche), B.Froid Concept (chambre froide, vitrine réfrigérée, cave d'affinage), Boulanger SA (sous-vide), Cozinox (transformation laitière), Hygiplus (hygiène alimentaire), Mon labo fermier (atelier clé en main), Techna (autoclave), Temaco (contenants)

- Un prestataire de service en transformation : Le bois Jumel

- Des solutions logistiques : Chronopost Food,
La Charrette, STEF

- Une solution de paiement et de gestion des commandes avec le Crédit agricole (smart TPE) et Panier local

- Des fournisseurs de matériel pour la vente : ABC Drive (distributeurs automatiques en casiers), Biralux (inox pour les métiers de bouche)

- Des acteurs du financement participatif et du don agricole : Miimosa, Solaal

- Des filières qualité : les Fermiers d'Argoat (Label Rouge en volailles, pondeuses, et lapins), les filières biologiques bretonnes notamment Bretagne Viande Bio

- Un accompagnement à la communication et la commercialisation avec Bienvenue à la ferme et la chambre d'agriculture.

 

Le programme

Chaque après-midi de 14h à 17h :

- Visite des stands selon vos besoins : de nombreux prestataires de solutions pratiques en circuits-courts et des filières locales en développement seront présents pour échanger avec vous.

- Stand d'accueil des porteurs de projet

- Des témoignages d’agriculteurs sur leur parcours en circuits-courts

- Une conférence participative sur le thème du e-commerce : " Vendre sur internet, une opportunité ? Sous quelles conditions ?"

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