Terra 13 décembre 2018 à 14h00 | Par Chantal Pape

EGA : une signature des ordonnances avant la fin de l'année ?

Des bruits de couloir faisaient état d'un report au printemps des ordonnances faisant suite aux EGA, les états généraux de l'alimentation. Pour en avoir le cœur net, la FDSEA et les JA du Finistère ont invité députés et sénateurs lundi dernier. Ils en ont profité pour rappeler à leurs élus qu'ils attendent d'eux un soutien sans faille, face à l'agri-bashing dont ils sont sans cesse la cible.

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Sandrine Le Feur, députée, et les attachés parlementaires de Jean-Charles Larsonneur, Liliana Tanguy, députés, et Michel Canévet, sénateur, ont répondu à l'invitation de la FDSEA et des JA du Finistère, le 10 décembre dernier.
Sandrine Le Feur, députée, et les attachés parlementaires de Jean-Charles Larsonneur, Liliana Tanguy, députés, et Michel Canévet, sénateur, ont répondu à l'invitation de la FDSEA et des JA du Finistère, le 10 décembre dernier. - © Terra

"Nous avons eu des réponses rassurantes", indique Thierry Merret à l'issue de l'entrevue avec la député Sandrine Le Feur, seule à avoir répondu à l'invitation de la FDSEA et des JA, lundi dernier à Saint Ségal (29). "Les EGA, les états généraux de l'alimentation, étaient le premier chantier de la mandature du président Macron", rappelle le président de la FDSEA. Engagé en juillet 2017, il n'a toujours débouché sur rien de concret, les ordonnances étant annoncées pour le printemps pour ne pas renchérir le panier de la ménagère, en cette période de grogne des Gilets jaunes. "Faux, rétorque aussitôt Sandrine Le Feur. En relevant le seuil de revente à perte, l'idée est bien de reverser la différence aux producteurs. Pas de renchérir les prix aux consommateurs". Une idée aujourd'hui admise par tous les distributeurs... sauf un ! "J'ai eu l'occasion de lui préciser ma façon de voir".


Peser dans les négociations

La députée du Finistère l'a assuré, les ordonnances des EGA sont inscrites à l'ordre du jour du conseil des ministres du 12 décembre. "L'encadrement des promotions en valeur sera effectif au 1er janvier, le relèvement du seuil de revente à perte au 1er février, l'encadrement des promotions en volume au 1er mars prochain". De quoi peser, espèrent les agriculteurs, sur les prochaines négociations commerciales, qui devraient s'achever fin février.

"J'aurais voulu aller plus loin, en demandant à l'observatoire des prix et des marges de servir d'arbitre dans les négociations sur la formation du prix, indique Sandrine Le Feur. C'est le médiateur qui jouera ce rôle. J'espère que ça suffira". Et la députée d'exhorter les agriculteurs à ne pas laisser passer l'opportunité qui leur est offerte. "La loi vous donne la possibilité de vous organiser encore un peu plus, pour peser dans les négociations".

À l'occasion de ces EGA, la députée souhaite aussi adresser un message aux consommateurs. "Ils doivent enfin comprendre qu'il faut mettre le prix pour un produit de qualité ! Il y a là toute une éducation à faire".


Stop à l'agri-bashing

La publication, fin novembre, d'une plateforme de fermes-usines par Greenpeace a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. "Ces listes ont fait beaucoup de mal chez les agriculteurs, indique Thierry Merret. Mais que fait l'État ? On ne peut pas permettre un tel dénigrement, une telle calomnie de la profession". Et le président de la FDSEA de dénoncer, dans la foulée, "L214 qui distribue ses brochures dans les écoles. Et même le gouvernement qui s'y met, avec sa start-up glyphosate, recensant les agriculteurs qui en utilisent, ceux qui n'en utilisent pas".

D'une même voix, FDSEA et JA réclament, à l'inverse, qu'élus et gouvernement portent la parole des agriculteurs. "Nous travaillons bien. Mais dans un monde de plus en plus urbain, il y a une méconnaissance de nos pratiques. À vous de le faire savoir à nos concitoyens".


Et le glyphosate ?

La FDSEA et les JA ayant invité une bonne dizaine d'agriculteurs à la rencontre, la discussion s'engage rapidement sur la taxe carbone, le blocage de dossiers de construction de bâtiments d'élevage par les riverains... Sans oublier le glyphosate, "dont ont besoin les agriculteurs pratiquant le semis sans labour", plaide Patrick Penglaou. "La société a fait un choix. Et nous nous sommes engagés à en sortir, répond Sandrine Le Feur. Mais je n'ai pas d'avis tranché sur la question. L'Assemblée nationale a lancé une mission d'information sur le sujet. Et nous allons auditionner des experts". "Ici, à cause de notre climat océanique, adventices et couverts végétaux poussent toute l'année, précise Jean-Alain Divanach. On a besoin de solutions pour les détruire".

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