Terra 17 mai 2018 à 13h00 | Par Frank Guehennec, président de la FDSEA du Morbihan

Egalim : il est encore temps d'amender !

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Frank Guehennec, président de la FDSEA du Morbihan.
Frank Guehennec, président de la FDSEA du Morbihan. - © Terra

À l’approche du vote du projet de loi pour "l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, et une alimentation saine et durable", le mot équilibre semble être oublié ! Au terme d’un nombre incalculable de réunions, d’ateliers et d’échanges au niveau national, mais aussi local avec notamment les parlementaires, le projet de loi qui sera étudié en séance plénière fin mai est bien loin des promesses du discours de M. Macron lors des conclusions des États généraux de l’alimentation à Rungis en octobre dernier !

Face à ce projet de texte, le réseau des FDSEA a tenté de faire porter des amendements pour améliorer le projet et se rapprocher de l’objectif initial de retour de la valeur dans les exploitations… Pas loin de 2 000 amendements, dont une quarantaine par le réseau, ont ainsi été présentés à la commission économique qui a finalisé le projet qui sera présenté en séance plénière… Malgré cela, les articles les plus importants qui auraient pu permettre un retour de la valeur dans nos exploitations ne sont que trop peu contraignants, notamment sur les relations commerciales et la prise en compte d’indicateurs de coûts de production dans les prix des produits agricoles ! De plus, de nombreux articles, issus des travaux du chantier 2 "pour une alimentation saine et durable" risquent de faire fleurir des coûts de productions supplémentaires et des contraintes nouvelles pour répondre à la sacro-sainte "montée en gamme".

Nos parlementaires et décideurs sont-ils donc si loin de nos réalités pour ne pas nous entendre ? Nous restons mobilisés pour faire valoir un réel retour de la valeur dans nos exploitations. Il reste un long chemin à faire pour que nos décideurs comprennent enfin que nous travaillons bien dans nos exploitations, quels que soient nos mode de production.

La montée en gamme ne rime à rien tant que nos produits ne seront pas achetés à leur juste valeur. Les consommateurs français ont une chance évidente de pouvoir trouver des produits alimentaires de qualité, issus de nos exploitations, de nos territoires, de nos savoir-faire et surtout répondant à toutes nos règles sociales et environnementales. Voilà ce que nous devons faire comprendre à nos décideurs ! Le challenge n’est pas simple et c’est pour cela qu’il faut faire savoir ce que nous faisons, comment nous produisons dans le respect de règles souvent plus contraignantes que dans de nombreux autres pays.

Tout cela à un prix, le prix de la reconnaissance et le prix du retour de la valeur dans nos fermes. Il viendra c’est certain, mais pour cela il faut frapper aux bonnes portes, avec les bons arguments. C’est ce que notre réseau essaie de faire chaque jour. Et même si les choses avancent trop doucement, elles avancent !

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