Terra 15 décembre 2016 à 08h00 | Par Actuagri

Élection présidentielle : la FNSEA attend "du pragmatisme et du concret"

À l’approche des élections présidentielle et législatives, la FNSEA présente ses "13 mesures pour les 200 premiers jours" du futur chef de l’État. Les candidats seront invités à se positionner sur ces propositions qui vont d’un plan national d’investissement agricole à la PAC, en passant par les relations commerciales, le loup ou encore le statut d’agriculteur.

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Xavier Beulin lors de la présentation des "13 mesures" le 13 décembre à Paris.
Xavier Beulin lors de la présentation des "13 mesures" le 13 décembre à Paris. - © Terra

On ne va pas passer notre vie, à la FNSEA, à être en défensif ! Ce que l’on veut, c’est offrir au consommateur comme au citoyen des choix, mais des choix éclairés : une alimentation diversifiée, l’excellence gastronomique française, une agriculture territorialisée, des exploitations et des industries performantes. C’est ce que l’on attend du projet du futur Président", a affirmé Xavier Beulin lors de la présentation des "13 mesures pour les 200 premiers jours", préparées par la FSNEA en vue de l’élection présidentielle. Dans un contexte de crise qui perdure pour beaucoup de filières, le syndicat veut prendre les devants avec des propositions immédiatement applicables : "On veut être très concrets et très pragmatiques", souligne le président de la FNSEA.

Compétitivité

Pour Xavier Beulin, c’est en effet la question de l’avenir de l’agriculture et de toute la filière qui est en question. Il faut choisir entre un système où le coût alimentaire doit être le plus bas possible, ce qui aura pour corollaire une agriculture axée sur la compétitivité pure et dure, "ou alors on revendique notre spécificité mais cela suppose de ne pas être indexés sur les mêmes prix que nos voisins", explique-t-il. Pour redonner des marges de manœuvre aux agriculteurs, la FNSEA propose ainsi une TVA sociale afin de supprimer totalement les cotisations famille et maladie des agriculteurs, soit 8,29 points, une augmentation du taux du CICE pour faire baisser le coût du travail salarié, la création d’une réserve de précaution, et le calcul de la retraite agricole sur les 25 meilleures années. Sans oublier, bien sûr, l’arrêt de la sur-transposition des normes européennes.

D’autres mesures sont davantage en lien avec la valorisation des produits, comme la réforme du cadre réglementaire des relations commerciales. "La diversité agricole et agroalimentaire doit être revendiquée", souligne Xavier Beulin, en particulier en regard des concurrents européens qui ont souvent des productions plus standardisées. Enfin, à l’échelle européenne, la PAC doit être repensée, en lien avec les attentes citoyennes, mais en protégeant davantage les producteurs de plus en plus soumis à la volatilité.

Investissement et durabilité

Par ailleurs, l’avenir de l’agriculture ne pourra être exempté d’investissements : la FNSEA propose un grand plan national 2017-2022 d’au minimum six milliards d’euros, pour moderniser l’agriculture française. L’innovation est en effet la clé de la durabilité de l’agriculture française, d’où la volonté du syndicat d’introduire un "principe d’innovation" dans la Charte de l’environnement et assurer l’évolution constante des pratiques fondée sur des évaluations scientifiques des risques. La FNSEA souligne également la nécessité de mettre en place une politique structurée de la ressource en eau, nécessaire pour anticiper le changement climatique. Tous ces investissements sont nécessaires pour permettre à l’agriculture française de passer un cap difficile et de se projeter dans l’avenir en misant sur ses qualités. Il s’agit aussi de défendre un modèle agricole, avec des agriculteurs à la tête de leurs exploitations, responsables de leurs décisions. Ce qui, pour la FNSEA, doit également passer par la mise en place d’un véritable statut de l’agriculteur, demandé mais non obtenu lors de la rédaction de la loi d’avenir, statut d’autant plus d’actualité qu’il permettrait de protéger aujourd’hui le patrimoine privé des agriculteurs, qui se voient prélever leurs biens personnels.

À partir de janvier, la FNSEA rencontrera les candidats à la présidentielle pour leur soumettre ces propositions. Le Salon de l’agriculture et, comme en 2012, le congrès de la FNSEA fin mars, seront également l’occasion pour la profession agricole de recevoir les candidats.

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