Terra 19 juillet 2018 à 11h00 | Par Claire Le Clève

Entre’Agri, pour mieux détecter et accompagner

Son objectif : détecter tôt les agriculteurs en difficultés pour agir dans leur intérêt et celui de leur famille, en toute confidentialité. Ses moyens : un collectif d’acteurs professionnels pour repérer et accompagner chaque situation avec des solutions adaptées. C’est tout l’intérêt d’Entre’agri que les responsables professionnels entendent mieux faire connaître.

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Représentants de la chambre d’agriculture, de la MSA et de la FDSEA, noyau central d’Entr’Agri, une cellule de détection et d’aide pour les agriculteurs en difficultés.
Représentants de la chambre d’agriculture, de la MSA et de la FDSEA, noyau central d’Entr’Agri, une cellule de détection et d’aide pour les agriculteurs en difficultés. - © Claire le Clève

 

 

"Quand il y a des difficultés, beaucoup de gens se referment. Mais quand on parle, c’est déjà 50 % des solutions qui sont trouvées", encourage Alain Guihard, éleveur laitier à Saint-Dolay, président de la cellule Entr’agri. "Quand il y a des problèmes financiers, les dettes peuvent se cumuler chez les fournisseurs. On ne le voit pas forcément à la banque ou à la MSA", constate Frank Guéhénnec.

 

Un engagement collectif, coordonné

Initié il y a 18 mois par la FDSEA et les JA du Morbihan, l’idée a fait son chemin au sein du conseil agricole départemental pour améliorer l’accompagnement des agriculteurs que les crises, notamment en lait depuis 2015, ont fragilisé. Car si le soutien aux agriculteurs en difficultés financières n’est pas nouveau, "cela se double de difficultés psychologiques. Quand on ne réussit plus à payer régulièrement ses factures, on peut basculer et perdre pied. ", déplore Laurent Kerlir, président de chambre d’agriculture du Morbihan. "On fait le dos rond, on encaisse mais les têtes et les corps souffrent et toute la famille trinque", renchérit Isabelle Coué, présidente du comité d’action sanitaire et sociale de la MSA des portes de Bretagne. Pour améliorer le repérage des situations précaires, 19 OPA partenaires ont signé une charte d’engagement et de confidentialité. Un véritable réseau pour aider à trouver des solutions adaptées et des stratégies globales avec "leurs propres outils et ceux des autres OPA, dans l’intérêt des agriculteurs et de leur famille et non pour leur propre compte", insistent ces responsables. Un engagement collectif, marque de fabrique d’Entr’agri, en cohérence avec le principe d’amélioration de la détection des situations difficiles voulue par de nouveaux textes réglementaires. Ce dispositif s’articule avec celui de la cellule d’accompagnement, anciennement CDOA Agridiff, pilotée par la DDTM vers laquelle peuvent être aussi orientés les agriculteurs en difficulté.

 

Meilleure réactivité pour mieux aiguiller

L’ambition ? "Que l’agriculteur ne reste pas seul face à ses difficultés. Ça se répercute très vite sur les résultats techniques de l’exploitation, c’est un engrenage", estime Frank Guéhennec. "Là on coordonne les actions pour être plus efficaces et réagir aussi le plus tôt possible", enchaîne Laurent Kerlir, pointant les OPA sentinelles, "constamment sur le terrain". L’objectif est aussi "de dédramatiser et d’en finir avec les tabous qui mènent parfois à l’irréparable. Avoir des difficultés peut arriver à tout le monde, surtout en période de crise et ce n’est pas de la responsabilité des agriculteurs", insiste Alain Guihard. De nombreuses solutions existent, de réaménagement et d’étalement des dettes, de relance, y compris techniques. Avec sa vision "globale, du fait du guichet unique, la MSA permet une prise en charge globale de la famille", note Isabelle Coué. Ce peut être aussi un temps pour se poser, "l’aide au répit, 5 jours, reconductible une fois", ou la session "continuer ou se reconvertir". Et si la solution est d’arrêter, "autant le faire dans les meilleures conditions, il y a un après. Aujourd’hui, on est amené à changer de profession au cours de sa carrière", insiste Alain Guihard. Reste que sur les 80 dossiers suivis à l’année par Claude Le Goff, animateur d’Entre’Agri, de la chambre d’agriculture, "80 % poursuivent leur activité".

Claire Le Clève

Contacts

Secrétariat d’Entre "Agri : 02 97 46 22 29 ou au 02 97 46 22 07, claude.legoff@bretagne.chambagri

MSA : 02 99 01 80 20 secretariatass.blf@portesdebretagne.msa.fr

DDTM : 02 56 63 74 32, ddtm-sea@morbihan.gouv.frUn numéro  d’écoute 24h/24 et 7j/7 : Agri’Ecoute : 0969392919 (prix d’un appel local).

 

En chiffres

En 2017, 916 agriculteurs ont été suivis par un travailleurs social de la MSA dans le Morbihan. 48 ont bénéficié de l’aide au répit. 213 ressortissants de la MSA ont suivi la session continuer ou se reconvertir ou travaillé sur leur résilience grâce à la session " avenir en soi ". 287 000 euros de cotisations ont été pris en charge par l’organisme dont le fonds social et de solidarité a permis de faire bénéficier à 210 agriculteurs de 193 000 euros.

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