Terra 25 mai 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

Et si vous pensiez autrement l'astreinte de la traite ?

Traire deux fois par jour, 7 jours sur 7 et à 12 heures d'intervalle... Et si ces contraintes, c'était surtout l'éleveur qui se les fixait ? Car il est tout-à-fait possible de faire autrement, comme l'ont montré les rendez-vous techniques bovins, organisés à Trévarez (29) et Plumaudan (22) par les chambres d'agriculture de Bretagne.

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Organisés à Trévarez le 18 mai et Plumaudan le 23 mai, les rendez-vous techniques bovins ont été l'occasion de faire le point sur les dernières recherches en ce qui concerne la traite, les déjections ou le logement.
Organisés à Trévarez le 18 mai et Plumaudan le 23 mai, les rendez-vous techniques bovins ont été l'occasion de faire le point sur les dernières recherches en ce qui concerne la traite, les déjections ou le logement. - © Terra

"Il existe des solutions pour simplifier l'astreinte de la traite". Si tous les éleveurs ne veulent pas passer à la traite robotisée, ils n'en ont pas moins pesté, à l'occasion, contre cette contrainte qui les oblige à être présents dans la fosse de traite deux fois par jour, 7 jours sur 7 et à 10 ou 12 heures d'intervalle...

Jeudi dernier, à Trévarez, la curiosité était au rendez-vous, dans l'atelier organisé par les chambres d'agriculture de Bretagne autour de l'organisation de la traite.


Ne plus traire le dimanche soir

"On peut réduire le nombre de traites par semaine", commence par expliquer Amandine Caille. Si ne plus traire le dimanche soir est la solution la plus couramment choisie, supprimer une traite par semaine entraîne une diminution de 5 % de la production laitière. "Dans l'idéal, il faut limiter l'intervalle entre traites à 21 heures, en décalant celle du dimanche matin à 10h et celle du lundi matin à 7h". Et l'effet sur les cellules se fera sentir jusqu'au mardi. "Cette technique permet une vraie coupure dans la semaine, en libérant une demi-journée".


Trois traites en deux jours

Très peu pratiquée sous nos latitudes, la technique des trois traites en deux jours est courante en Nouvelle Zélande, où les vaches ont souvent de grandes distances à parcourir pour atteindre leur pâturage. "En jour 1, la traite a lieu à 5h et à 21h, détaille Amandine Caille. Et à 13h en jour 2". Si elle permet des "horaires de bureau" un jour sur deux, elle implique une très longue journée le lendemain. "C'est souvent une solution adoptée de manière temporaire, car les horaires sont décalés".


Une traite par jour

Plus connue, la monotraite, tout ou partie de l'année, est régulièrement pratiquée par un noyau d'éleveurs. "Certes, la production laitière chute de 25 %. Mais les taux sont améliorés, tout comme l'état des animaux et les résultats de reproduction". Une solution qui nécessite un troupeau sain en cellules et une ration très économe. "Mais le travail est allégé de 20 %. Et les éleveurs voient toutes leurs soirées libérées".


Un autre intervalle de traite

Si traire deux fois par jour n'est pas une obligation, conserver un long intervalle entre deux traites ne l'est pas plus. Mais les habitudes ont la vie dure ! "Une enquête d'Agrocampus Ouest avec BCEL Ouest et Eilyps, a montré que l'intervalle moyen entre deux traites, en Bretagne, est de 10 heures et 20 minutes, indique Sophie Tirard. Et seuls 0,5 % des élevages ont un intervalle inférieur à 9 heures". Pourtant, un essai à l'Enita de Clermont Ferrand l'a démontré, descendre cet intervalle entre deux traites jusqu'à 7 heures n'a aucune incidence sur la production laitière. "Les éleveurs ont des craintes pour la santé de la mamelle et le bien-être animal".

Mais les salariés sont de plus en plus nombreux en élevage laitier et leur imposer une longue coupure en milieu de journée peut être un frein à l'embauche. La ferme expérimentale de Trévarez a donc voulu à son tour tester un intervalle plus court entre traites et a comparé deux lots pendant trois mois, l'un trait à 7h et 17h, l'autre à 9h et 15h30. "En moyenne, le lot trait à un intervalle de 6h30 a produit un kilo de lait de moins par vache et par jour". Un écart qui va en s'amenuisant au fil du temps.

"Et les techniciens d'élevage n'ont noté aucune difficulté d'adaptation des vaches : pas de perte de lait sur les quais, pas de différence de comportement, pas plus de mammites, de cellules ou de problèmes de santé". Un seul bémol à cette technique : le taux butyreux est plus élevé à la traite du soir. "Il faut donc faire attention à l'alimentation des veaux, en diminuant les quantités de lait distribué ou en supprimant la buvée du soir". Une technique qui pourrait faciliter l'embauche mais aussi permettre à l'éleveur de caler son emploi du temps sur celui de ses enfants d'âge scolaire ou de se libérer du temps pour d'autres activités.

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