Terra 30 novembre 2017 à 10h00 | Par Claire Le Clève

États généraux, les chantiers bretons

Qu’attendre de la tenue des États Généraux de l’Alimentation ? Analyse de textes et commentaires, mardi après midi, lors de la session de la chambre d’agriculture à Vannes. Un éclairage ponctué de celui, tout en compromis, d’Yves Trégaro, médiateur délégué des relations commerciales.

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Le " Lait de pâturage ", une initiative de filière présentée par Marie-Andrée Luherne
Le " Lait de pâturage ", une initiative de filière présentée par Marie-Andrée Luherne - © Claire Le Clève

C’était un engagement de campagne, une promesse. Dès le 20 juillet, rapide ici aussi, le président Macron met en œuvre le chantier visant à"permettre aux paysans de vendre à un prix qui permette de vivre dignement… ". La méthode repose sur 14 ateliers répartis en deux chantiers plus un, transversal. Les ateliers sont nationaux, avec des débats régionaux et une consultation large et publique. "Nous avons souhaité organiser la contribution bretonne, nous en avions la légitimité", pointe Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture du Morbihan. Le débat régional a lieu le 19 septembre dernier à Pontivy. Le 3 octobre, la contribution bretonne autour de cinq axes est apportée au débat national.

Aller vite

Elle porte sur la transparence dans l’information des acteurs et entre eux, sur un cadre législatif qui moralise et rééquilibre les relations commerciales, sur les outils mobilisables si les rapports de forces sont rééquilibrés, sur les initiatives de filière et le soutien à l’adaptation. Dès le 11 novembre, avec son discours de Rungis, Emmanuel Macron "clôt la première étape des EGA" cadre Nicolas Debéthune. "Le mot filière est prononcé 78 fois et collectif, 50, ce sont les deux piliers de ce discours", note le chargé de mission. IL se lance dans l’analyse comparée des cinq axes de la proposition bretonne avec les annonces du président qui, là encore, souhaite aller vite avec "une loi présentée et votée dès le premier semestre 2018". Une charte d’engagement pour fédérer les acteurs a été mise sur pied en vue des négociations commerciales à venir. Les filières ont, elles aussi, à rendre leur plan, avant le 10 décembre...

Des bonnes intentions mais...

Sur la transparence et les coûts de production, "ce sera encore un rapport de force. Qu’on ne laisse pas croire qu’il y aura de prix minimum, c’est une nouvelle méthode de calcul qui va être trouvée" note pour sa part Marie-André Luherne, de la FDSEA. "Quand on voit Monsieur Leclerc se faire tirer par l’oreille pour venir signer la charte d’engagement...Je ne vois pas la grande distribution abandonner cette position", craint pour sa part Michel Guernevez quant à la volonté d’équilibrer et de moraliser les relations commerciales. "Il y a quelque chose de juste et de généreux attendu par la profession mais le pouvoir reste du côté des acheteurs et de la grande distribution. Comment s’en défendre quand on est par exemple producteur de légumes et qu’on doit vendre en 24 h une production", interroge Jean-Louis Le Normand pour la Confédération paysanne. Laurent Kerlir pointe"le poids pris par la grande distribution sur la fixation du prix, notamment dans la filière pèche ou l’abattage en porc avec Intermarché". "L’idée est de sortir de ce schéma de guerre des prix en avançant comment on construit de la valeur autrement", pour Yves Trégaro. Avoir la taille suffisante pour être en capacité de bien négocier…

Le juste prix

C’est aussi, selon la profession, pouvoir s’appuyer sur des stratégies de filières. Impliquer plus fortement les producteurs dans l’élaboration de cahiers des charges, regrouper l’offre pour mieux la vendre, avoir une communication moins axée sur le prix. Deux chantiers on été ouverts en la matière, celui de la restauration collective avec Breizh Alim pour contrer "tous ces produits étrangers qui rentrent dans la RHF sous pression du prix", constate Laurent Kerlir en charge du dossier. "Plus on y travaille, plus on s’aperçoit que les prix pratiqués sont pires qu’en GMS avec un prix matière première entre 1,3 euro à 1, 8 par repas, ce n’est pas acceptable". L’idée est de travailler sur la commande publique ou privée en introduisant d’autres critères que celui prix pour faire consommer les productions locales. Autre projet avec "le lait de pâturage". "On a déposé la marque. 95 % des vaches pâturent en Bretagne, on veut juste faire reconnaître cette façon de travailler pour que le citoyen reconnaisse nos valeurs et rémunère cela par son acte d’achat", présente Marie-André Luherne. Autant de propositions à découvrir au cours de six réunions territoriales, en janvier 2018.

En resto-co les prix pratiqués sont pires qu’en GMS

Claire Le Clève

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