Terra 19 octobre 2016 à 09h00 | Par Claire Le Clève

Face à la crise, des accompagnements

A peine 3 600 euros de revenu annuel en 2016 en moyenne pour les éleveurs laitiers du Morbihan. C'est une crise profonde et sans précédent que vit la profession agricole. Pour accompagner les producteurs, la chambre d'agriculture mobilise ses équipes et propose formations et réunions d'information.

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Marc Leblanc éleveur à Monteneuf et Laurent Kerlir
Marc Leblanc éleveur à Monteneuf et Laurent Kerlir - © Claire Le Clève

"La situation est très délicate, jamais la production laitière n'a connu de crise comme celle -ci. On veut être au plus près des agriculteurs" resume Laurent Kerlir, président de la Chambre d'agriculture. Et la conjoncture n'est guère meilleure pour les autres productions agricoles poursuit-il. L'inquiétude est amplifiée par un climat sec, peu favorable. Le coût alimentaire s'en ressent, "50 euros plus cher que l'année dernière en septembre". Une surenchère dont la profession se serait bien passée face aux trésorerie exsangues. Les chiffres du CER l'attestent : de 16 474 euros par UTH familiale en 2015 le résultat courant en lait passerait à 3 615 euros en moyenne en 2016. "35 % des exploitations sont sous la barre du zéro", prévient Alain Guihard, vice président de la chambre d'agriculture. Le nombre de dossiers d'aides financières aux exploitations agricoles, AFEA, traités s'envole : 66 en 2015, "nous en attendons 80". Idem pour les règlements amiables judiciaires. Face à cette recrudescence, le réseau inter organisations, RIO, s'est déjà réuni 3 fois. "Nous essayons d'activer toutes les solutions pour écouter, conseiller, appuyer", résument ces responsables.  "le RSA peut être aussi une source de revenu", suggère Alain Guihard, le tiers des exploitations de Morbihan pourrait y prétendre.
Se former, s'informer
C'est le cas de Marc Leblanc, installé depuis 2003 à Monteneuf sur l'exploitation familiale. "Mais je ne le demande pas", confie l'éleveur qui, sur 61 ha, produit 470 000 l avec 52 vaches laitières. "J'ai fait un dynavenir  en 2013 pour envisager différents scénarios, pour mieux m'organiser, pouvoir dégager du temps libre pour assumer mes mandats auprès de Sérémor, de BCEL Ouest, de la mairie, du groupe prospective d'Idréa". Résultat ? Passage en Cuma intégrale avec un salarié à mi temps. " Je ne fais que 40h/semaine. J'ai différé la construction de mon bâtiment génisses. Je préfère vendre des animaux que de produire du lait à 20 ct d'euros. Dynavenir m'a permis d'appréhender cela", explique l'éleveur qui a également suivi la formation trésorerie proposée par la Chambre d’agriculture. "Ma force aujourd'hui, c'est mon niveau d'investissements avancé en amortissements" résume Marc Leblanc. Des formations proposées par la chambre d'agriculture complétées fin novembre par trois réunions. Leur thème ?  Produire du lait économique. Elles se dérouleront à Plouray le 22 novembre, Questembert le 25 et Locminé le 29 novembre prochains.
Claire Le Clève

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