Terra 29 avril 2014 à 08h00 | Par Claire Le Clève

FDSEA - Cantonal, Guénaël Le Luel cultive aussi l'art de la relance, syndicale

Depuis sa commune de Questembert, où il on lui a mis en mains les rênes locales de la FDSEA, en 2010, Guénaël Le Luel, éleveur laitier, cultive l'art de la relance syndicale. Une relance tranquille, assise sans esbroufe sur la force de l'exemple forgée par l'action et l'engagement chez cet ancien salarié, aux manettes du canton, depuis 2013.

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Guénael le luel "Pour ne pas vivre sur les acquis du syndicat, il faut y participer
Guénael le luel "Pour ne pas vivre sur les acquis du syndicat, il faut y participer - © claire le clève

 

 

Le grand saut. "J'ai repris le local en 2010. Ça s'est fait tout naturellement, en réunion communale, avec Anthony Rouillé qui m'y a amené. Ici, c'était en perdition, j'ai doublé le nombre d'adhérents depuis, en prenant le temps". Tranquillement. La technique, s'est depuis lors rodée, chez cet éleveur laitier installé en 2002 en Gaec. Il a été rejoint par son frère sur une exploitation qui produit 720 000 litres de lait sur 145 ha. Ici, on envoie à chaque adhérent sa cotisation. Ensuite "je relance et je passe voir certains pour qui la motivation n'est pas toujours là. Il faut discuter". L'éternel point noir en cause ? "Le dossier structure, on a beau discuter, regrouper les personnes avant, voir ce que chacun veut et pourquoi, et c'est là que ça se passe le mieux, en jouant carte sur table". Mais l'avis émis est rarement suivi, "et ça empoisonne les choses". Pour autant, 100 % des adhérents ont ré-adhéré sur ce canton qui compte une dizaine de nouveaux, suite au travail de relance du début d'année. "Ça repart". Un vrai bonheur, estime cet éleveur pour qui "nombreux, on est plus forts syndicalement. Comment peux tu représenter une profession sinon". Affaire de légitimité. "Pour ne pas vivre sur les acquis du syndicat, il faut y participer". Pour lui, il est dérangeant "que quelques uns donnent du temps mais que tout le monde profite des avancées. C'est un argument qui fait parfois mouche", estime l'homme dont la force de conviction se joue ailleurs et qui répugne à jouer la corde de la culpabilité.

 

Asseoir sa crédibilité et sa légitimité sur les actions et l'engagement

Ailleurs, et notamment sur l'engagement, en premier lieu lors des manifs. "J'en ai été, très vite, avant même d'être adhérent en 2006 et j'en suis toujours et encore". Être en responsabilité ? "Ça ne me déplaisait pas". Et pour asseoir sa légitimité ? "On est jugé sur ce que l'on est et ce que l'on a fait. Certains m'ont dit : le syndicat, j'y vais parce que c'est toi. J'étais gêné mais il y a la confiance. C'est la base. Je me souviens d'un dossier structure. Tout le groupe s'est arrangé. Il y avait des gens qui n'étaient pas syndiqués. Ils le sont devenus après". Quant à la conviction et la force de l'exemple ? "Je ne suis pas un commercial. Je vais voir les gens comme je suis, avec ce que l'on a fait. Notre crédibilité, nous l'avons assise sur des opérations. Il y a eu la paille en 2011. La salle à Questembert était pleine. Il faudra d'ailleurs penser à nous former à intervenir en public parce que là... Nous avons évalué les besoins. Il y avait aussi des non syndiqués. Tout le monde a été servi, en qualité et en quantité. En 2012, nous avons planté du maïs pour les Restos du cœur et on leur a remis plus de 4600 euros, en 2013,1500 euros. Ça fait du bien de montrer qu'on est là pour nourrir les hommes et qu'on est solidaires. 2013, nous avons paillé les supers-marchés de nuit. Il y a eu une action de prévention avec la gendarmerie, contre les vols en exploitations, avec la chambre d'agriculture et les réseaux. Cette année, on s'attaque aux problèmes qu'occasionnent les chevreuils sur les fermes avec des soucis sur l'indemnisation. Les dégâts sont pourtant là. Notre pétition a été signée par 70 % des agriculteurs", énumère t-il heureux de fédérer l'ensemble de ceux-ci. Car pour souder, "il y a, avant tout, une bonne ambiance et de la convivialité entre nous".

 

Le retour sur investissement, ce sont les adhésions

Toutes ces actions portent leurs fruits. "Le retour sur investissement, je l'ai en adhésions pour la FDSEA". Des adhésions travaillées, pour certaines, sur l'ouvrage de la relance. "C'est mon truc. En fait, je n'ai fait que ça, tout le temps, petit à petit, sans forcer, en demandant aux autres adhérents d'en parler et quand c'est à point, je vais avec eux. Je l'ai fait une journée avec Frank Guéhennec. Ce n'est pas du temps perdu. Certains ne reprennent pas leur cotisation simplement parce que personne ne va les voir !". Un manque, à travailler.

Propos recueillis par Claire Le Clève

 

 

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