Terra 04 septembre 2014 à 08h00 | Par Chantal Pape

FDSEA/JA - La rentrée s'annonce houleuse !

La FDSEA et les Jeunes agriculteurs ont invité leurs adhérents à venir échanger lors de 5 réunions d'arrondissement. Le constat est catastrophique : toutes les productions, ou presque, souffrent. Mais les agriculteurs n'entendent pas subir sans rien faire !

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De gauche à droite, Pascal Prigent, secrétaire général de la FDSEA, Thierry Merret, président, Guénolé Kerbrat, trésorier des Jeunes agriculteurs, et Philippe Quillon, président de la section légumes de la FDSEA.
De gauche à droite, Pascal Prigent, secrétaire général de la FDSEA, Thierry Merret, président, Guénolé Kerbrat, trésorier des Jeunes agriculteurs, et Philippe Quillon, président de la section légumes de la FDSEA. - © Chantal Pape

Lait

"C'est, pour le moment, la production qui se porte le moins mal", reconnaît Thierry Merret, le président de la FDSEA. "Le contexte est favorable, tiré par la demande chinoise", renchérit Pascal Prigent, le secrétaire général. Mais les prix français ne suivent pas. "Il y a 100 EUR/1 000 l d'écart avec les Pays Bas". Et la fin des quotas laitiers, en avril 2015, n'est pas sans causer quelques inquiétudes. "La libéralisation des volumes va entraîner autant de systèmes que d'entreprises de collecte, estime Pascal Prigent, qui dénonce une certaine forme d'intégration des producteurs. Il n'y aura plus d'équité entre producteurs. Et ils n'auront pas le choix de leur entreprise".

 

Porc

Alors que le prix des céréales est à la baisse, celui de l'aliment peine à suivre la même voie. "Les baisses se font au compte-gouttes", dénonce Jean-Luc Page, membre du Bureau de la section porcs de la FDSEA. Et le différentiel entre FAF, fabrication à la ferme et achat se chiffre désormais à 40 ou 50 EUR/t. "Il va falloir aller demander des comptes aux marchands d'aliment".

L'embargo russe, mis en place depuis le mois de janvier sur le porc européen pour des raisons sanitaires, pèse sur les prix. "La mention d'origine sera notre seule porte de sortie, estime François Pot, le président du groupement Porélia, qui voudrait qu'elle soit rendue obligatoire. Sinon, la viande à bas prix va envahir le marché français".

 

Viande bovine

"Le contexte est difficile", analyse Michel Gallou, membre du Bureau de la section bovine de la FDSEA. Alors que la France ne produit plus assez et est devenue importateur net, les prix ne suivent pas. La faute à une consommation intérieure atone et au changement d'habitudes de nos clients. "Les Italiens, qui nous achetaient de la viande de qualité, s'approvisionnent maintenant en Pologne, pour moins cher". Et la production ne cesse de diminuer, 1 à 2%/an. "Si ça continue, on fermera aussi un abattoir en viande bovine".

 

Volaille

"Les vides sanitaires ont atteint 4 à 6 semaines et on ne fait plus que 5 lots/an". Producteur de volailles à Brasparts, Jean-Paul Mazé attire l'attention sur la situation catastrophique des éleveurs travaillant pour Tilly Sabco. "Pourtant, le marché est là", tempête Thierry Merret, qui ne comprend pas l'arrêt brutal des restitutions et demande à ce que la parité euro-dollar soit compensée. "Le poulet export représente un tiers de l'activité totale du port de Brest, 63% de son activité container !"

Comme en porc, les producteurs de volailles exigent l'indication de provenance. "Aujourd'hui, la plupart du poulet que l'on mange dans les plats préparés est importé. Il faut exiger l'origine des viandes sur les produits transformés", lance un producteur.

 

Légumes

"La tomate est en crise depuis le 15 août 2013, rappelle Guénolé Kerbrat, producteur à Taulé et trésorier des Jeunes agriculteurs. On avait peur pour 2014, on ne s'est pas trompés". L'embargo russe et le mauvais temps ont conjugué leurs effets néfastes, et l'on retrouve des tomates belges, espagnoles, hollandaises ou marocaines sur le marché français "à des prix au ras des pâquerettes. Et on est bien obligés de suivre".

Mais la tomate n'est pas le seul légume à souffrir : la campagne de l'endive a été difficile, celle du chou-fleur perturbée par le climat. Et 2014 s'annonce catastrophique en échalote.

 

Sortir du bois

"Il va falloir sortir du bois". Pour Thierry Merret, pas d'autre solution pour se faire écouter ! "Les productions vont mal. Les charges augmentent, les contraintes administratives aussi. Et l'emploi disparaît". L'agriculture et l'agroalimentaire ne sont pas les seuls secteurs touchés, comme l'a démontré l'incroyable mobilisation des Bonnets rouges, à l'automne dernier. Alors ? S'unir pour espérer être enfin entendus ? "On ne peut pas rester crever en silence". L'automne promet d'être chaud !

 

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