Terra 04 octobre 2018 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Fermiers d'Argoat inquiet pour son œuf label rouge

Garants de la bonne application des 24 cahiers des charges label rouge et de l'IGP "Volailles de Bretagne", les Fermiers d'Argoat sont reconnus depuis 2006 en tant qu'organisme de défense et de gestion (ODG) par l'Inao. Derrière ces sigles, 250 éleveurs, dont une cinquantaine engagés dans la filière œufs. Une filière qui redoute l'arrivée massive d'œufs bio sur le marché en fin d'année.

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Gwénaëlle Chevance, présidente de la section œufs : "Avec une surproduction d'œufs bio annoncée, aux conséquences probablement négatives pour les œufs fermiers label rouge, nous devons plus que jamais porter les atouts de qualité de notre filière auprès des consommateurs".
Gwénaëlle Chevance, présidente de la section œufs : "Avec une surproduction d'œufs bio annoncée, aux conséquences probablement négatives pour les œufs fermiers label rouge, nous devons plus que jamais porter les atouts de qualité de notre filière auprès des consommateurs". - © Fermiers d'Argoat

Les Fermiers d'Argoat, l'organisme de défense et de gestion (ODG) piloté par un conseil d'administration de 27 membres, étaient réunis en assemblée générale jeudi 26 septembre à Saint-Caradec en Côtes d'Armor. Un retour sur l'année passée a permis au président Joël Durand, éleveur de volailles, de décrire une "année 2017 plus qu'exceptionnelle". Au global, les volumes progressent. Les crises sanitaires dans d'autres bassins de production ont eu pour effet des reports, avec par exemple l'influenza aviaire qui a touché la production du Sud-Ouest se traduisant par la hausse de 11 % des mises en place de volailles label rouge Fermiers d'Argoat en 2017. Mais l'œuf pourrait être le point noir de cette année 2018. Les craintes des éleveurs proviennent d'éléments extérieurs. Le Synalaf* a alerté sur le risque futur d'une surproduction d'œufs bio, conséquence des décisions prises pour l'élevage des pondeuses en cage, au profit des systèmes alternatifs. Une surproduction serait le synonyme de perte de valeur pour la filière label rouge. "Sans une certaine régulation, ce sera un grave problème avec un prix de vente du bio qui se rapprochera dangereusement de l'œuf label rouge", décrit Joël Durand. Et de déplorer la situation des éleveurs de pondeuses en cage, rattrapés par de nouveaux investissements. "L'éleveur a les miettes, toujours assujetti à de nouvelles contraintes environnementales et de bien-être. Il est urgent de répercuter le surcoût de nos produits aux consommateurs. On ne vend pas une Mercedes au prix d'une 2 CV".

* Syndicat national des labels avicoles de France

 

 

- © Terra

Le label rouge veut être plus visible

 

Volailles de chair : une année 2017 faste

Toutes les productions, excepté les pintades, sont en hausse sur 2017 avec des chiffres de mise en place de +5 % en poulets fermiers noirs, +22 % en poulets fermiers blancs, +13 % en poulets fermiers jaunes et +21 % en volailles festives. La volaille labellisée découpée poursuit sa progression (+2 %) avec une proportion de 31 %. Le reprise de la production dans le Sud-Ouest aura des répercussions en 2018 sur les mises en place bretonnes. Dans le but de se démarquer, la section volailles travaille à la mise en place d'une filière bio sous IGP.

 

Porc : Se faire davantage connaître

Porc fermier label rouge et porc label rouge, il existe deux cahiers des charges distincts pour ces deux productions sous signe de qualité. Le premier (logement sur paille, 2,6 m²/porc...) connaît un recul depuis 2010 (-12 000 porcs abattus/an en cumulé à 33 000 porcs/an). La forte baisse chez les grossistes et en boucherie traditionnelle contrarie les représentants de la section. "Le porc fermier correspond aux attentes des clients des boucheries traditionnelles en recherche d'une différence gustative et de bien-être. Il y a un travail à faire pour faire connaître notre porc au boucher traditionnel", insiste Gildas Couailler pour l'abattoir partenaire Bigard. Le second, à l'inverse, est en hausse pour la 4e année consécutive (+16 %), proche des 130 000 porcs/an abattus. "Sans OGM, sans antibiotiques..., le consommateur est noyé par toutes les propositions des étals", reproche Stéphane Haigron, président de la section. "Notre savoir-faire est à faire savoir".

 

Lapin : à la recherche d'éleveurs

La production, relancée depuis 5 ans, repose sur trois producteurs, l'équivalent de 70 000 lapins mis en place, en hausse de 3,6 %. "La demande de lapin label rouge reste soutenue", rapporte le président de la section Mickaël Grall. Or la relance de production s'avère plus lente que prévu dans un secteur en difficulté. "Un projet pourrait entrer en production fin 2018", avance-t-il.

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