Terra 20 novembre 2014 à 08h00 | Par Chantal Pape

Fiscalité, environnement, installation... : il est urgent de simplifier !

La session de la chambre d'agriculture se tient vendredi à Quimper. En préambule, les élus ont passé en revue les dossiers du moment. De la fiscalité à l'environnement en passant par l'installation, ils ont presque tous pour dénominateur commun un besoin urgent de simplification !

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De gauche à droite : Jean-Hervé Caugant et Sophie Jézéquel, vice-présidents de la chambre d'agriculture, André Sergent, président, et Odile Caroff, secrétaire adjointe.
De gauche à droite : Jean-Hervé Caugant et Sophie Jézéquel, vice-présidents de la chambre d'agriculture, André Sergent, président, et Odile Caroff, secrétaire adjointe. - © Chantal Pape

Fiscalité

"L'effet de l'embargo russe est désastreux, avec des prix qui ont chuté très fortement dans certaines productions", rappelle André Sergent, le président de la chambre d'agriculture. Face à des crises qui se multiplient et à une volatilité des cours sans cesse plus grande, la profession agricole réclame une réforme de la fiscalité et des cotisations sociales. "Les bonnes années, il faut pouvoir garder de l'argent pour faire face aux années difficiles".

 

Installation

"Bon an mal an, le point info installation, porté par la chambre d'agriculture, reçoit 300 demandes de renseignements, indique Odile Caroff, secrétaire adjointe. Et 110 à 120 jeunes s'installent avec les aides". Des installations loin de couvrir les départs, trois fois plus nombreux. "Le parcours en décourage certains". Et les élus de dénoncer les contraintes administratives d'un suivi aujourd'hui en décalage avec les réalités du métier. "Comment prévoir, 5 ans à l'avance, ce qui se passera ?". Tout en restant attachés à cette notion de parcours à l'installation. "Il permet au jeune de s'approprier son projet. Et il est garant de pérennité dans le métier".

 

PAC

"Une aberration de plus". Jean-Hervé Caugant, vice-président, ne mâche pas ses mots pour évoquer la PAC post 2015 et le calcul des surfaces éligibles. "Il va nous falloir redessiner nos îlots et perdre de la surface cultivée". La SIE, la surface d'intérêt écologique, le laisse aussi perplexe. "Ici, on a gardé des haies et des talus et on va être pénalisé". Un comble ! "Nous réclamons une révision urgente des règles d'admissibilité pour éviter tout risque de dérive anti-environnementale".

 

Déclaration de flux d'azote

"Nous étions d'accord de fournir nos données. Mais les préalables que nous avions posé n'ont pas été respectés", affirme Sophie Jézéquel, vice-présidente, en évoquant, entre autres, la simplification de la mise à jour des plans d'épandage ou le retour du plan prévisionnel de fumure et du cahier de fertilisation comme outils de gestion technique et non plus de contrôle. "Nous demandons à l'Etat des réponses urgentes pour lever l'incitation à suspendre collectivement les envois de déclarations".

 

Contrôles

"En 2013, 2 200 exploitations ont été contrôlées, soit près d'une sur trois". Si les élus ne s'opposent pas aux contrôles, ils dénoncent le climat dans lequel ils se déroulent. "Il y a toujours suspicion, ce qui entraîne du stress pour les agriculteurs", constate André Sergent, qui attend beaucoup du travail entamé à ce sujet par le Préfet de Région. "Il faut privilégier l'aspect pédagogique, allonger le délai de prévention à 5 jours, mettre en place un délai de mise en conformité pour les anomalies constatées et rédiger des procès-verbaux conformes aux constats du contrôle".

 

Mangez français

Comme l'a fait le syndicalisme le 5 novembre dernier, la chambre d'agriculture veut inciter tous les acteurs de la chaîne alimentaire à s'approvisionner au local, en valorisant marques et entreprises régionales. "Nous avons de très belles entreprises d'agroalimentaire sur notre territoire".

 

Le lait au menu de la session

 

Après le budget et un point de conjoncture, les élus ont souhaité consacrer leurs travaux aux perspectives laitières post 2015. "Les quotas laitiers vont être supprimés au 1er avril prochain", rappelle Jean-Hervé Caugant. Une situation qui provoque de nombreuses inquiétudes chez les producteurs. "Mais qui offre aussi des opportunités formidables", rajoute André Sergent. Ouverte à l'ensemble des représentants de la filière lait, la session a présenté la déclinaison départementale de l'étude prospective menée par le Cil Ouest et les chambres d'agriculture, avant de faire le point sur les outils d'aide à la décision mis à la disposition des éleveurs.

 

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