Terra 22 avril 2016 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Fonds d'urgence : coup dur pour les éleveurs de porc

La section porcine JA 22 a invité Carole Joliff, administratrice FNP et présidente de la section porcine FDSEA, à s'exprimer sur la question du fonds d'urgence mardi dernier à Plérin. Si les nouvelles ne sont pas bonnes, les éleveurs ne sont pas prêts à lâcher.

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Des jeunes éleveurs de porcs inquiets et impuissants face à l'enlisement des projets pour sortir la filière de la crise.
Des jeunes éleveurs de porcs inquiets et impuissants face à l'enlisement des projets pour sortir la filière de la crise. - © terra

Le 5 avril, les abatteurs du syndicat Culture viande indiquaient qu'ils ne s'associeraient pas à la collecte du fonds d'urgence porcin. Après des mois de travail de la FNP et de la FNSEA, c'est un nouveau rebondissement qui pourrait enterrer peut-être la démarche alors que 100 millions d'euros sont en attente d'être versés aux producteurs de porcs. "Nous avons eu un coup des abatteurs de Culture viande, qui ne veut pas être l'organisme collecteur par crainte que la GMS se refasse une santé sur leur dos", confirme Carole Joliff, (Terra 529 du 15 avril, page 9). Pour la responsable professionnelle, ils ne sont pas les seuls à s'opposer au dispositif : "tout le monde se cache derrière Culture viande. Il y a aussi une réticence de Coop de France. Pour nous, c'est un faux débat : ils ne veulent surtout pas que les producteurs entrent dans les relations commerciales", analyse-t-elle.
Aujourd'hui, c'est le point mort. Enfin, pas tout à fait puisque la FNP avec Xavier Beulin a transmis le 11 avril dernier à 600 entreprises françaises un courrier très détaillé sur la nécessité et les modalités de collecte du fonds d'urgence, avec une demande de réponse à la date butoire du 20 avril. "Nous citerons les entreprises qui ne valident pas le dispositif en l'état, ainsi les éleveurs sauront qui sur leur territoire ne joue pas le jeu",annonce Carole Joliff. En Côtes d'Armor, trois entreprises sont concernées, et pas des moindres : Cooperl, Kermené et Quintin viandes.
Quoi faire maintenant ?
C'est un nouveau coup de massue et une frustration énorme qui s'abat une fois de plus, alors que les éleveurs de porcs, les jeunes surtout, ont un besoin urgent et vital de trésorerie. "Vous vous rendez compte, tout le monde a besoin de trésorerie chez soi. Combien d'éleveurs vont partir, alors que tout le monde autour de nous se graisse la patte ?", s'indigne un producteur très remonté. Au pied du mur face à l'aval (industriels et distribution), les jeunes agriculteurs ont décortiqué le problème dans tous les sens : que faire pour que les éleveurs reprennent leur destin en main ? Quels leviers actionner par le maillon production contre l'immobilisme  de  la filière porcine ? Faut-il ou non aller vers des actions fortes ?
Changer les hommes à la tête des structures de la filière pour faire évoluer les raisonnements jugés "obsolètes" est un des souhaits des Jeunes agriculteurs. "Il faut que la filière porcine évolue, que les raisonnements changent", s'accordent à défendre les adhérents JA. Sous la houlette de Nicolas Botrel, co-président de la section, les Jeunes agriculteurs iront prochainement demander des comptes à chacun des groupements réunis en assemblée générale. Même questions à tous.

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