Terra 06 mars 2014 à 08h00 | Par Jean Dubé

frank Guehennec - PAROLES, PAROLES

Compétitivité ! Performance économique ! Simplification administrative ! Pacte de responsabilité ! Autant de mots que nos responsables politiques -à commencer par le premier d’entre eux François Hollande- prononcent à l’envi depuis quelques mois. Comme s’il suffisait de les déclamer, pour voir, comme par enchantement, notre économie se redresser, la croissance repartir et le chômage décroître. Mais il faudra bien plus que des mots pour nous convaincre, nous, agriculteurs. Il y en a marre des paroles ! Tous les jours, nous constatons l’écart entre les déclarations et les faits. Les Politiques, par force, finissent par admettre qu’ils ne peuvent plus faire fi de certaines réalités économiques. Mais l’Administration, elle, ne change pas. Tel un rouleau compresseur, elle continue à produire des règles, des procédures, des contraintes, d’une telle complexité que plus personne n’y comprend rien. Même les plus volontaires d’entre nous, finissent par baisser les bras ! Et pendant ce temps, chaque jour, l’agriculteur sur son exploitation essaie de travailler en véritable chef d’entreprise. Un simple exemple : le plan prévisionnel de fumure. Les nouvelles règles à prendre en compte pour le réaliser constituent un monument de complexité administrative. Un magnifique symbole de ce que notre technocratie peut produire. Le résultat est prévisible : les paysans en confieront la réalisation à des partenaires, à des organismes de service. Ils perdront ainsi encore un peu plus d’autonomie, de capacité de décision, sans que le coût engendré par cette délégation n’ait le moindre effet sur l’amélioration des pratiques agricoles, et sur la qualité de l’eau. Quant à la performance économique des exploitations agricoles, je ne vois pas comment elle s’améliorerait. La délégation de tels actes, conséquences directe de la complexification, va alourdir les charges de nos exploitations. Et les conséquences négatives ne s’arrêtent pas là. La modification des normes risque fort d’amener certains, notamment les éleveurs laitiers, à reprendre les terres d’épandage mises à disposition. Cela va aviver les tensions entre les productions, et accroître la pression sur le foncier. Par ailleurs, l’évolution des dates d’épandage, non-sens agronomique, va entraîner des difficultés de stockage et des coûts supplémentaires. Ce sont des exemples. Je pourrais malheureusement en citer bien d’autres ! C’est pourquoi, face aux discours auxquels aujourd’hui nous, agriculteurs, pourrions adhérer, je dis : STOP. Il y en a marre des paroles : Il nous faut des actes !Laissons le monde paysan s'exprimer par la production, et participer au redressement de la France. Libérons les énergies, nous sommes prêts à relever le défi.

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