Terra 14 décembre 2018 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Garun Paysanne garde le cap, tout en s'adaptant aux évolutions

La coopérative Garun Paysanne poursuit sa progression d'activité. En position offensive, les dirigeants veulent "renforcer leur agilité" pour s'adapter aux évolutions attendues par la société. Tout en gardant le cap d'un modèle d'entrepreneurs agricoles, "ni village gaulois, ni intégrés".

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Jean-Luc Cade, président de Garun-Paysanne.
Jean-Luc Cade, président de Garun-Paysanne. - © Terra

"La coopérative est en mouvement positif. Notre projet stratégique, entamé il y a trois ans, porte sur les métiers historiques de la coopérative. Le mouvement se poursuit", aborde le président de la coopérative Garun-Paysanne, Jean-Luc Cade, à l'issue de l'assemblée générale dans son discours de clôture. La coopérative dont le siège se situe à Hénansal en Côtes d'Armor, spécialisée sur le métier de l'alimentation animale, arbore une bonne santé, les témoins toujours au vert. Outre le chiffre d'affaires de 106 millions d'euros pour un résultat net de 365 500 €, "notre ratio endettement sur notre capacité d'autofinancement est​​​​​ bon", relève le nouveau directeur, Sébastien Blot, en poste depuis le 1er octobre 2018.

 

Hausse des tonnages

En 2017-2018, les tonnages d'aliments progressent de +7,5 %, à 335 146 t d'aliments commercialisées "dans un marché breton en baisse de -3,5 %", souligne Jean-Luc Cade. L'équivalent de 4,5 % de part de marché en Bretagne. Dans toutes les filières, les volumes sont en augmentation : + 9,7 % en porc (186 kt) ; + 5 % en bovin (114 kt) ; + 4 % en volailles (34 kt). Autres activités en progression, la santé animale avec les produits complémentaires en prévention sanitaire porcine. "L'entrée dans une nouvelle centrale de référencement a permis d'améliorer nos produits d'achat". Enfin, la collecte par une bonne récolte 2017 et par la prise de part de marché fait progresser l'activité de + 21 % à 134 kt de céréales.

 

Prendre le virage

En choisissant l'émulation, et non le repli sur soi face aux attentes sociétales, Garun Paysanne, avec ses 2 600 adhérents et ses 165 salariés, met en avant des valeurs de proximité et d'ouverture, prête à saisir des opportunités de partenariats, "nous ne sommes pas de vilains Gaulois, nous sommes prêts à créer des partenariats avec des gens qui pensent comme nous". À la recherche de "davantage de valeur et d'une meilleure répartition", la coopérative veut se positionner sur le segment de la bio, tester de nouveaux parcours culturaux aux alternatives des traitements phytosanitaires, à partir "peut-être d'une plateforme de recherche". Dans les projets également, la création d'une commission jeunes.

Mais il est un point critique qui devrait modifier le contexte économique des coopératives agricoles : la séparation de la vente et du conseil des phytos. "C'est un très gros problème qui va nous bousculer économiquement. Nous, si l'on doit faire un choix, on ira sur le conseil", conclut Jean-Luc Cade.

 

 

Les bienfaits de la viande (re)démontrés

Le véganisme est à la mode, employé à toutes les sauces. Pour aider les agriculteurs à contrer les attaques et disposer de quelques arguments, la coopérative lors de son AG avait invité le professeur Philippe Le Grand, responsable du laboratoire de biochimie et nutrition humaine Inra de Rennes. Le scientifique n'a pas hésité à remettre les pendules à l'heure, expliquant que toute éviction de produits animaux était une prise de risque pour la santé. "Il va y avoir des problèmes de santé. Cela commence à se savoir. D'ailleurs, tous les animaux en déficit sont soit prostrés soit agressifs", indique le spécialiste.

En premier lieu, l'éviction de viande écarte de notre alimentation une vitamine "extrêmement rare" mais indispensable à la vie : la vitamine B12. Sans elle, pas de division cellulaire, pas de développement neurocérébral. D'où le recours à des compléments alimentaires dans le régime végan. "Le végan doit sa survie à l'industrie pharmaceutique", souligne malicieusement le chercheur. Fer, vitamine A, iode, zinc, acides aminés, oméga 3... sont présents dans la viande en bonne quantité et facilement assimilables. À l'inverse, il faudra avaler de grandes quantités de végétal chaque jour pour accéder aux mêmes apports. Pour preuve, 100 g de viande apportent l'équivalent en fer de 12 kg de mâche ; 2,5 kg de chou chinois fournit 900 mg de calcium ! Avec l'accès au lait, œufs, viande et poisson, "les malnutritions infantiles ont été résolues". Philippe Le Grand met en garde sur l'alimentation des enfants pour lesquels aucune éviction n'est permise. "Un crime d'enfant est actuellement jugé en Belgique".

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