Terra 21 juillet 2016 à 08h00 | Par Audrey Dibet

Géomyze : 20 % de la surface bretonne fortement touchée

L'attaque de mouches géomyze sur les maïs ce printemps est inédite. La protection insecticide au semis (Sonido) utilisée sur 55 % des surfaces régionales a permis de préserver les cultures qui ont subi 7 % d'attaque en moyenne, contre 42 % en l'absence de protection. Voilà un des enseignements de l'enquête menée par la chambre d'agriculture de Bretagne et Arvalis-Institut du végétal auprès des agriculteurs bretons.

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Symptôme de l'attaque, le maïs reste bloqué au stade 2-3 feuilles puis dessèche rapidement. 42 % des pieds en moyenne ont été touchés sur les parcelles non traitées au semis.
Symptôme de l'attaque, le maïs reste bloqué au stade 2-3 feuilles puis dessèche rapidement. 42 % des pieds en moyenne ont été touchés sur les parcelles non traitées au semis. - © Louis Le Roux

Plus d'une parcelle de maïs sur deux a subi des attaques en Bretagne. La faute à un hiver 2015/2016 exceptionnellement doux, favorable à la survie des populations de mouches. Compte tenu de l'ampleur des dégâts ce printemps, la chambre d'agriculture et Arvalis ont lancé une enquête auprès des agriculteurs bretons ainsi que des distributeurs. Entre 17 et 22 % de la surface totale régionale serait fortement touchée. À l'échelle d'une exploitation moyenne bretonne par exemple, cela représente une perte de fourrage de 100 tonnes de matière sèche, d'après l'estimation des instigateurs de l'enquête.

Des dégâts dans toute la région

Environ 55 % des maïs semés en 2016 étaient protégés par un insecticide au semis (Sonido principalement), d'après l’enquête auprès des distributeurs. Sur ces parcelles protégées, l’enquête agriculteurs indique que les attaques sont en moyenne de 7 % de la surface touchée . Une efficacité confirmée par les observations et autres retours terrain.

Deux tiers des parcelles non traitées ont quant à elles subi des dégâts, dans des proportions plus ou moins fortes : 42 % des pieds sont touchés en moyenne sur ces parcelles non protégées .

À partir de 10°C de température au sol, la mouche géomyze peut émerger, voler et pondre sur les maïs déjà levés. L'introduction de la larve entre le coléoptile et la première feuille signe le desséchement et la mort rapide de la plante dans la plupart des cas. Identifiée pour la première fois dans les années 70, la mouche géomyze est reconnaissable à ses trois points sur les ailes (geomyza tripunctata). Ses dégâts avaient jusqu'alors été localisés et limités à des situations spécifiques de semis précoces, levées en conditions froides... Cette année, hormis le traitement insecticide au semis, aucun autre élément de conduite culturale n'explique les dégâts de géomyze : ni la date de semis, ni l'utilisation d'engrais starter, ni l'environnement des parcelles (exposition, proximité de haies ou de prairies...) n'ont joué sur l'intensité des attaques.

La totalité de la région est concernée, bien que des secteurs aient été plus durement touchés (Finistère et centre Bretagne).

12 % de la surface resemée

12 % de la surface a été resemée au final. Les resemis peuvent aller jusqu'à 30 hectares sur certaines exploitations.

Quel est le bilan économique de ces attaques ? La chambre d'agriculture de Bretagne y répondra par des éléments précis, à l'automne après les récoltes.

D'après l'enquête de la chambre d'agriculture-Arvalis

* L'enquête auprès des agriculteurs s'est effectuée notamment via le Bulletin de santé du végétal. Elle a été relayée par de nombreux partenaires : coopératives, les FDSEA de Bretagne et la Fredon. 418 agriculteurs ont répondu au total.

Répartition des parcelles non traitées par niveau de dégâts
Répartition des parcelles non traitées par niveau de dégâts - © Terra

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