Terra 16 novembre 2017 à 08h00 | Par Agra

Glyphosate : aucune majorité pour ou contre

De nouveau, les Vingt-Huit ne sont pas parvenus à tomber d'accord sur la durée du renouvellement du glyphosate dans l'UE. La Commission européenne a proposé 5 ans (contre 10 ans jusqu'à présent). Mais cela n'a pas permis de débloquer la situation. Un nouveau vote en comité d'appel va être organisé à la fin du mois.

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C'était écrit. Aucune majorité qualifiée pour ou contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate pour cinq ans dans l'UE ne s'est dégagée entre les Vingt-Huit lors du vote organisé le 9 novembre. Quatorze pays ont voté pour (Danemark, République tchèque, Irlande, Espagne, Lituanie, Lettonie, Estonie, Hongrie, Pays-Bas, Slovaquie, Slovénie, Finlande, Suède et Royaume-Uni), neuf contre (France, Italie, Belgique, Grèce, Croatie, Chypre, Malte, Luxembourg, Autriche) et cinq se sont abstenus (Allemagne, Bulgarie, Pologne, Portugal, et Roumanie). Un nouveau vote en comité d'appel sera organisé fin novembre. Si une fois encore aucune majorité ne se dégage - dans un sens ou dans l'autre -, la décision reviendra alors entre les mains de la Commission européenne qui clame depuis le début des discussions qu'elle ne donnera pas son feu vert à cette autorisation sans une majorité claire. L'autorisation actuelle du glyphosate dans l'UE expire le 31 décembre.

Allemagne et France pour 3 ans

La nouvelle proposition de renouvellement pour 5 ans contre 10 ans pour la précédente n'a pas suffi à convaincre les États membres les plus opposés au texte comme la France et l'Italie. Dans une lettre adressée à la Commission, le ministre allemand de l'Agriculture, Christian Schmidt, se dit prêt à voter en faveur d'un renouvellement pour trois ans. La France est sur la même position, estimant qu'il faudra ensuite deux ans pour écouler les stocks restants. Le Parlement européen - dans une résolution non contraignante - s'est prononcé pour un plan de sortie d'ici 5 ans.

Mais les États membres qui, au cours des débats, s'étaient prononcés en faveur d'un renouvellement pour 15 ans (les mêmes qui ont voté en faveur du texte) ont déjà prévenu que le compromis le plus bas qu'ils pourraient accepter était de 7 ans.

Les organisations professionnelles agricoles Coceral (commerce de céréales) et Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l'UE) regrettent qu'aucune décision n'ait été prise et demandent encore et toujours, une autorisation de 15 ans pour ce "produit jugé sûr".


Producteur de porcs à Lannilis, Jo Simon pratique les TCS depuis le début des années 2000.
Producteur de porcs à Lannilis, Jo Simon pratique les TCS depuis le début des années 2000. - © Terra

Témoignage :

Sans glyphosate, aujourd'hui, je ne sais pas faire...

Producteur de porcs à Lannilis (29), Jo Simon s'est lancé dans les TCS, les techniques culturales simplifiées, au début des années 2000. Sur ses 55 ha de SAU, il n'utilise le glyphosate que pour lutter contre le chiendent. "Il n'y a pas d'autres produits efficaces", constate l'agriculteur, qui traite à faible dose, 2 à 3 l/ha et, dans le débat actuel, ne s'estime pas pollueur. "Je traite seulement quand il y a besoin, tout comme je ne prends de médicaments que quand je suis malade". Et il limite les risques, en ne l'utilisant qu'en période sèche, "fin mars, début avril ou à l'automne, entre une céréale et un colza".

Supprimer la molécule ? "Je ne sais pas comment je ferais... Il faudrait aller vers une lutte mécanique ? Passer beaucoup plus souvent dans les parcelles, ce qui induirait aussi une autre forme de pollution et augmenterait coûts de production et temps de travail ?"

Australie et Argentine inquiètes

Dans des courriers adressés au commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, le ministre de l'Agriculture australien Barnaby Joyce (le 20 septembre) et son homologue argentin Ricardo Buryaile (le 13 octobre) se sont inquiétés de la possible interdiction du glyphosate dans l'UE. Le ministre australien demande si une interdiction du glyphosate au niveau communautaire pourrait avoir des conséquences sur les exportations de son pays vers l'UE. Ricardo Buryaile estime, lui, que l'UE doit se baser sur l'évaluation des risques menée par ses agences de sécurité sanitaire qui ont toutes les deux conclu que le glyphosate ne devait pas être classé comme cancérigène.

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