Terra 23 mai 2019 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Hénaff veut devenir le poisson pilote breton de l'économie verte

Hénaff, la célèbre marque bretonne de pâté en boîte, plus que centenaire, a dévoilé son plan stratégique à l'horizon 2030 et son engagement dans la Breizh Cop. Son ambition est double : poursuivre sa révolution verte en soignant son impact environnemental et aller plus loin dans la bientraitance animale et les conditions d'élevage.

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De gauche à droite, André Sergent (chambre d'agriculture de Bretagne), Mireille Peuziat (Hénaff), et Thierry Gallou (Evel'Up), venus parler de nouveaux engagements dans la filière porc.
De gauche à droite, André Sergent (chambre d'agriculture de Bretagne), Mireille Peuziat (Hénaff), et Thierry Gallou (Evel'Up), venus parler de nouveaux engagements dans la filière porc. - © Terra

"Nous entrons dans un nouveau monde, dans lequel il faudra produire bien, produire bon et produire sain !". Plutôt discret dans sa communication avec les médias, le groupe Jean Hénaff a organisé la semaine dernière un point presse pour faire le point sur ses résultats, mais surtout pour parler d'avenir et de son plan stratégique pour 2030. Persuadé que le schéma de l'économie linéaire, extraire - produire - jeter, fait désormais partie du passé, le groupe entend répondre aux attentes sociétales sur le développement durable et l'environnement. "On ne cherche pas à être gros, mais à avoir de l'impact ! Notre ambition est d'être un poisson pilote en Bretagne pour donner aux autres le goût d'avancer", explique Loïc Hénaff. Et pour y arriver, l'entreprise s'est fixé un plan : Be good 2030, qui se déploie autour de 5 piliers, 14 engagements, 36 objectifs, et 72 indicateurs. Sur son impact environnemental, et son volet développement durable, l'entreprise ne part pas de zéro. Gestion de l'eau en circuit fermé, valorisation des déchets (84 % actuellement), approvisionnement local (76 %), dimension sociale de l'entreprise (94 % des salariés en CDI)... Autant d'actions mises en avant par le groupe et que son plan stratégique prévoit d'intensifier. Même chose sur le bio, qui représente aujourd'hui 10 % de la production, et dont l'objectif est d'atteindre un tiers du chiffre d'affaires en 2030.

42 000 porcs transformés par an

Avec 42 000 porcs transformés par an, soit 0,2 % de la production de la Bretagne, l'entreprise a bien conscience de n'être qu'un petit maillon de la chaîne. Pour autant, elle souhaite engager avec elle ses partenaires, au premier rang desquels les éleveurs. "Tout le monde a conscience que l'on est dans un nouvel écosystème. Les éleveurs sont des gens responsables et se positionnent sur des sujets tels que la bientraitance animale, la préservation de l'environnement ou le volet nutritionnel", souligne Thierry Gallou, directeur de la coopérative Evel'Up. Concrètement, cela signifie par exemple que des recherches sont menées pour arrêter la coupe des queues des porcelets, la castration, ou encore le meulage des canines. "Avant, entre éleveurs, producteurs et transformateurs, on ne se parlait pas", commente André Sergent, nouveau président de la chambre d'agriculture de Bretagne, qui fait partie de la douzaine d'éleveurs à fournir la marque. Nouer des relations encore plus étroites avec ses fournisseurs, c'est aussi un des engagements de Hénaff. "Ils sont déjà 47 % à travailler avec nous depuis plus de dix ans, et pour certains depuis un siècle, comme l'entreprise Franpac, qui nous fournit les boîtes de métal", détaille le patron de l'entreprise basée à Pouldreuzic.

Toutes ces annonces ont déjà fait réagir. À commencer par l'association L214, qui dans un communiqué laconique et assez surprenant pour une association qui prône l'arrêt de l'élevage, a félicité la démarche de l'entreprise en saluant "la réactivité et la bonne volonté d'Hénaff qui a su réagir concrètement et avec sérieux à une demande sociétale qui réclame aujourd'hui de meilleures conditions de vie pour les animaux dans les élevages".

 

 

 

Loïc Hénaff.
Loïc Hénaff. - © Terra

Résultats 2018

Avec sa révolution verte, le groupe Hénaff ne cache pas non plus sa volonté d'être performant économiquement. "On doit gagner de l'argent pour être viable. Pour autant, si une entreprise qui ne gagne pas d'argent est condamnée, une entreprise qui ne pense qu'à gagner de l'argent est aussi condamnée", rappelle Loïc Hénaff. En 2018, le chiffre d'affaires est de 45,5 millions d'euros, soit en augmentation de 9,1 %. Une croissance qui est le fruit des acquisitions (Globe XPlore et Kervernn) alors que le cœur historique de l'entreprise est en recul. Le groupe s'est aussi désengagé des marques distributeurs et doit donc trouver de nouveaux leviers. À commencer par le bio avec le lancement d'une nouvelle saucisse bio qui devrait voir le jour d'ici la fin d'année.

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