Terra 21 juin 2018 à 08h00 | Par Jean Dubé

Hors de question de se faire voler les EGA

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Thierry Coué, président de la FRSEA
Thierry Coué, président de la FRSEA - © Terra

Les États généraux de l’alimentation (EGA) ont été initiés après un large mouvement de manifestations de notre réseau. Le revenu des agriculteurs était au centre des débats. Hélas, certains ont profité des EGA pour faire du prosélytisme et tenter de rallier les citoyens à leur doctrine. Alors que nous avons l’agriculture la plus sûre du monde, la plus contrôlée, la plus qualitative, ils voudraient faire croire que ce n’est pas encore assez. Certains voudraient même que les Français renoncent à manger de la viande et que l’on supprime l’élevage. Bien que minoritaires, non représentatifs et défendant des positions aux impacts désastreux, ils ont réussi à convaincre nos décideurs, nos parlementaires, de réorienter les discussions. Médias boboïsés, politiques manipulés : nous étions en train de nous faire voler les EGA !

Il a fallu se mobiliser fortement pour éviter l’adoption à l’Assemblée nationale de mesures ayant pour conséquence des charges et des contraintes supplémentaires pour les agriculteurs.
Malgré nos efforts, le sujet de la compétitivité de l’agriculture française a été totalement oublié - bien que quelques députés aient tenté de le remettre sur le devant de la scène. C’est pour cela que le réseau FNSEA-JA s’est mobilisé la semaine dernière en bloquant plusieurs raffineries. Il était urgent de rétablir un rapport de force entre nous et un Gouvernement devenu sourd à nos demandes. Ce mouvement de trois jours a dénoncé les incohérences entre la logique souhaitée dans le cadre des États généraux de l’alimentation et la réalité subie par les agriculteurs et les consommateurs. Il est demandé aux agriculteurs français de "monter en gamme", d’améliorer sans cesse leurs standards de production. En parallèle, la France laisse entrer sur nos marchés des marchandises ne respectant pas ces normes environnementales, sanitaires, sociales. Les charges imposées aux agriculteurs français leur font subir une concurrence déloyale. Et les consommateurs continuent d’acheter des produits importés non conformes à leurs attentes !

Par cette action, notre réseau a montré sa force, sa capacité à se faire entendre. Le Gouvernement a compris qu’il ne peut pas faire sans nous ! En témoignent les discussions nocturnes qui ont permis de remettre en avant les problématiques de revenu et de compétitivité, avec une reconnaissance publique de l’existence des distorsions de concurrence subies par les agriculteurs français. Cela a débouché sur des engagements du ministre de l’agriculture : relance de travaux français et européens pour limiter l’importation de produits ne respectant pas nos normes, remise en place du Corena, le comité de simplification des normes en agriculture, et renforcement du grand plan d’investissement au profit des exploitations agricoles qui passe à 1,8 milliard d'euros. Nous continuons à nous battre pour le revenu des agriculteurs et pour la compétitivité de l’agriculture française. Nous n’accepterons jamais que l’on nous "vole" les EGA !

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui