Terra 15 décembre 2017 à 08h00 | Par Nadège Desquiens

Hyso Barrières, système de désinfection automatique

La société Elvéo a mis au point début 2017 un portique de désinfection automatique pour les véhicules entrant et sortant d’exploitations, d’abattoirs, ou de toutes sortes de bâtiments concernés par les dispositions de biosécurité, notamment dans le cadre de la lutte contre la grippe aviaire.

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L’Hyso Barrière GA haute, compte 9 pulvérisateurs sur chaque poteau, et 10 pulvérisateurs sur la rampe centrale pour asperger efficacement le dessous des véhicules.
L’Hyso Barrière GA haute, compte 9 pulvérisateurs sur chaque poteau, et 10 pulvérisateurs sur la rampe centrale pour asperger efficacement le dessous des véhicules. - © Terra

"Simple et efficace", voilà comment le décrit Emmanuel Bossard, responsable commercial d’Elvéo. Lui et le directeur de l’entreprise, Rémy Albert, s’étonnent encore du succès fulgurant de leur invention depuis quelques mois.

"On a dû industrialiser rapidement la construction. On a été pris un peu de court, car on pensait en vendre un ou deux, et aujourd’hui on a une quarantaine de commandes. On va en monter deux par semaine jusqu’au premier trimestre 2018. C’était un appareil conçu pour les bâtiments hors-sol, et on a des demandes dans les couvoirs, dans les abattoirs, et dans de plus gros sites", expliquent-ils.

Répondre à un besoin de biosécurité

"Nous avons commencé à travailler sur cette idée lors du premier épisode de grippe aviaire en novembre 2015, se souvient le responsable commercial. Nous avions reçu la demande d’un couveur de trouver un système pour désinfecter tous les véhicules rentrant sur le site de production, aussi bien les véhicules lourds que les véhicules légers". "Nous avons regardé ce qui se faisait sur le marché, ajoute le directeur. Finalement il n’y avait pas grand-chose d’abouti".

C’est lors du second pic de grippe aviaire, fin 2016-début 2017, que le projet s’accélère. "Nous avons mis en place le premier prototype chez le couvoir Daviet en février 2017", indique Emmanuel Bossard. À partir de là, les essais et les évolutions s’enchaînent. "On devait prendre en compte des semi-remorques, des camions d’aliments, des camions d’équarrissage, etc. Tous types de véhicules susceptibles de rentrer dans un site de production hors-sol".

Aujourd’hui les mesures de biosécurité obligent à la désinfection de chaque véhicule en entrée de site. "Désinfecter avec un appareil à dos ou un système de pulvérisation à main, ça prend 5 à 10 minutes. Et l’individu ne couvre pas tout le véhicule, il ne peut pas atteindre le dessous et le dessus, seulement les roues et un peu les côtés. Nous avons automatisé le système, et l’avons rendu bien plus efficace", explique Emmanuel Bossard. Avec l’Hyso Barrière, il faut compter 30 secondes pour la désinfection totale d’une semi-remorque.

Fonctionnement du portique

Il existe deux modèles : Hyso Barrières basses et hautes. "Les barrières basses désinfectent jusqu’à 2 m de hauteur ; les barrières hautes jusqu’à 3,50 m. Les deux modèles sont équipés d’une rampe centrale pour désinfecter sous les véhicules. La consommation est de 35 à 45 l/min selon le modèle", décrit Emmanuel Bossard. La rampe au sol est ce qui a posé le plus de difficultés. "Pulvériser sur les côtés, c’est relativement simple, appuie Rémy Albert. Trouver la solution pour pulvériser sous le véhicule, et sous le développé de roue, ça n’était pas évident".

Il y a deux capteurs : à l’entrée et à la sortie du portique. Quand le véhicule apparaît devant le premier capteur, le système se met en route. Il passe devant le second capteur, et quand il sort du portique et que le second capteur ne perçoit plus de véhicule, le système se coupe. Le chauffeur n’a même plus à descendre de son véhicule. De base, le système se met automatiquement en route à chaque entrée et sortie de véhicule, mais Elvéo propose une option permettant de désactiver la désinfection de sortie. "Lorsque l’installation reçoit une centaine de camions par jour, cela permet un gain de temps et une économie de produit", précise le responsable commercial.

Et l’Hyso Barrière peut-être installée sur n’importe quel type de site. "On demande une surface plane, dans l’idéal de 4x5 m, soit bétonnée, soit en goudron, avec une pente pour l’évacuation des écoulements. Il faut aussi une arrivée d’eau et une arrivée électrique en 220", énumère Emmanuel Bossard.

Une barrière évolutive

"L’avantage, c’est qu’aujourd’hui, on a le même modèle de pompe pour la barrière basse et la barrière haute. Ce qui signifie que l’éleveur qui prend la barrière basse, s’il décide de passer en barrière haute, on peut rajouter 1m50 de rampe sur son système déjà existant. Le système a été conçu pour pouvoir évoluer", se réjouit Emmanuel Bossard. Facile à installer et désinstaller, l’éleveur peut aussi changer l’appareil de place s’il venait à changer la configuration de son exploitation.

La barrière haute permet, sur un poids lourd, de désinfecter tout le tour du véhicule : aussi bien le toit, les côtés et le dessous. Les barrières basses ne vont désinfecter que jusqu’à mi-hauteur. "Cela dépend des besoins des éleveurs. Par exemple dans les abattoirs, ils demandent à désinfecter les semi jusqu’à mi-hauteur pour éviter que les poulets qu’elles transportent soient touchés par le produit", explique Emmanuel Bossard. "Dans les évolutions en développement, on voudrait mettre au point un bouton pour couper le tronçon de pulvérisation haute uniquement lors du passage avec les animaux", imagine Rémy Albert.

La société Elvéo n’a pas fini d’innover : en plus de faire évoluer l’Hyso Barrière, elle travaille actuellement sur l’automatisation d’autres processus de désinfection.

 


Emmanuel Bossard, responsable commercial, et Rémy Albert, directeur d’Elvéo, près de la chaîne de montage des Hyso Barrières installée au fond de leur atelier.
Emmanuel Bossard, responsable commercial, et Rémy Albert, directeur d’Elvéo, près de la chaîne de montage des Hyso Barrières installée au fond de leur atelier. - © Terra

Elvéo

Créée en 1956, la société Elvéo a d’abord été spécialisée en matériel de traite, qu’elle a arrêté en 2014 pour se spécialiser dans l’équipement de bâtiments d’élevage hors-sol et en distribution de produits d’hygiène. Elle compte 50 salariés répartis sur trois sites à Saint-Denis la Chevasse (85), Puceul (44) et Bressuire (79).

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