Terra 12 juin 2019 à 12h00 | Par Claire Le Clève

Innov’action : quand simplicité rime avec efficacité

Diverse dans ses systèmes et ses productions, l’agriculture bretonne ne cesse d’innover pour être multi-performante. Pour voir ces différentes facettes, rendez-vous du 18 au 21 juin lors de la semaine Innov’action, 11e du nom. La chambre d’Agriculture de Bretagne, en partenariat, les met en lumière à la faveur de 22 portes ouvertes.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Autonomie de réflexion et de décision sont au cœur du système mis en place par Christian et Patricia Perret, l’une des 22 fermes bretonnes qui ouvriront leur porte pour cette semaine Innov’action présentée ici par Éric Touzard (à gauche).
Autonomie de réflexion et de décision sont au cœur du système mis en place par Christian et Patricia Perret, l’une des 22 fermes bretonnes qui ouvriront leur porte pour cette semaine Innov’action présentée ici par Éric Touzard (à gauche). - © Terra

"L’agriculture ne cesse d’évoluer et de s’adapter pour répondre aux attentes, aussi bien sur le plan de l’organisation du travail et des résultats économiques qu’en matière environnementale, sociétale, ou du développement de nos territoires", note Éric Touzard, élu de la chambre régionale d'agriculture de Bretagne, référent Innov’action avec Fabienne Garel, Frédéric Chevalier et Anthony Taoc. C’est à la multitude des réponses innovantes adoptées par les agriculteurs pour servir leurs projets stratégiques face à leurs aspirations et leurs contraintes, que s’intéressent ces portes ouvertes. "Il n’y a pas une réponse mais de multiples, aussi diverses que les fermes bretonnes", pour contribuer à ces performances, toutes aussi multiples, attendues des exploitations. L’enjeu ? "Être là demain", appuie Éric Touzard, pointant également les nouvelles générations pour qui l’innovation est aussi une motivation supplémentaire à investir les métiers de l’agriculture. Ainsi, début novembre, les lycées agricoles seront à leur tour conviés à découvrir ces fermes qui rouvriront leurs portes pour les accueillir.

Encourager líinnovation et l'échange

Initiée en 2008 par les Côtes d’Armor, cette formule d’encouragement et de soutien à l’innovation a fait mouche, trouvant écho dans les trois autres départements bretons pour promouvoir ce panel varié de solutions mises en places par les exploitants. Quatre mille visiteurs s’y sont retrouvés l’an passé, y puisant de nouvelles sources d’inspirations et de solutions, matières à échanger. Un temps fort de rencontres et de témoignages. "L’innovation ne recouvre pas que les aspects matériels. Innover, c’est aussi aller vers du collectif, trouver des solutions en groupe pour recueillir une plus-value individuelle. L’innovation n’est pas que technique, il y a de l’innovation humaine, sociale, managériale", illustre Éric Touzard qui invite à ne pas se contenter d’une porte-ouverte mais d’organiser un circuit de visites, selon les centres d’intérêts et besoins de chacun, cette option est rendue possible par le calendrier d’Innov’action qui s'étale sur plusieurs jours sur toute la Bretagne. "Il ne s’agit pas d’ériger des modèles mais juste de montrer la diversité des systèmes qui fonctionnent avec une maîtrise des agriculteurs, une réflexion et une analyse en amont". Des systèmes où simplicité et efficacité font bon ménage, comme chez Patricia et Christian Perret à Ploërdut (lire encadré).

 

Pratique

Restauration sur place, fléchage depuis les bourgs. Renseignement et programme

www.chambre-agriculture-bretagne.fr

 

Autonomie de réflexion et de décision

"On a quatre yeux sur l’élevage". À Ploërdut, en ce presque centre Bretagne largement arrosé par la pluie, l’herbe est verte sur les 60 ha que lui consacrent Patricia et Christian Perret, sur les 94 ha de SAU du Gaec
St-Michel. Là, 60 vaches donnent 500 000 litres de lait. "Et un revenu qui nous permet de vivre correctement. Ici, on travaille sur les charges plutôt que de rêver sur un prix", résume le couple. "Ça s’est construit. On est parti de l’historique et on a composé avec, en travaillant sur l’herbe et le pâturage, 250 jours par an, avec toujours un peu de maïs et de la betterave, pour un coût alimentaire de 80 euros des 1 000 l", pointent les associés. Patricia est présidente d’Idea de Res’agri quand Christian a été président de la Cuma. Rien de rutilant dans cette exploitation qui a choisi l’autonomie de réflexion et de décision. Et le bien-être avec l’aire paillée pour le confort de ses vaches qui sortent dès que le sol est portant. Et de l’efficace, avec l’achat en propre d’une désileuse automotrice, pour améliorer leur organisation du travail, un matériel que ces Cumistes très investis apprécient. Car ils ne voient pas l’intérêt de multiplier le nombre de tracteurs sur leur ferme. Engagés dans les groupes de développement et d’échanges, "notre réflexion s’est aussi enrichie de notre participation au groupe prospective", une stratégie construite avec leurs pairs. Ici, chaque souci trouve sa solution, "il n’y a pas de fatalité, on fait au plus simple en anticipant". Ainsi les problèmes métaboliques au vêlage ont été supprimés grâce à une préparation alimentaire et un box spécifique. Autant d'éléments à découvrir, "avec tous les chiffres" au cours de portes-ouvertes Innov'action qui se dérouleront chez eux le 18 juin, un rendez vous que le couple souhaite convivial et riche de nombreux échanges, que ce soit avec une géobiologue ou avec Marylise Le Guénic, vétérinaire de la chambre d’agriculture.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui