Terra 02 avril 2014 à 08h00 | Par Chantal Pape

Installation - Un enjeu stratégique pour demain

120 installations aidées pour plus de 400 cessations d'activité : dans le Finistère comme ailleurs, le renouvellement des générations est loin d'être assuré. Pour tenter d'inverser la vapeur, la chambre d'agriculture propose quelques pistes.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Le 1er janvier dernier, Sébastien Sévignon a pris la suite de son père, producteur de dinde et de viande bovine à Combrit.
Le 1er janvier dernier, Sébastien Sévignon a pris la suite de son père, producteur de dinde et de viande bovine à Combrit. - © Chantal Pape

Depuis tout petit, il rêvait de s'installer sur l'exploitation familiale. Le 1er janvier dernier, le rêve est devenu réalité pour Sébastien Sévignon, désormais producteur de dindes à Combrit. Mais il a pris le temps de mûrir son projet : BEP, Bac pro et BTS Acse en poche, il a été salarié pendant 8 ans en porc et lait, le temps que son père atteigne l'âge de la retraite.

André Sergent, président de la chambre d'agriculture, et Sophie Enizan, vice-présidente, en charge du dossier installation.
André Sergent, président de la chambre d'agriculture, et Sophie Enizan, vice-présidente, en charge du dossier installation. - © Chantal Pape

120 installations aidées

 

Un schéma de plus en plus fréquent dans le Finistère puisque, comme pour Sébastien, l'âge moyen à l'installation est de 29 ans et que 68% des candidats à l'installation commencent leur vie professionnelle par du salariat. Mais ils se raréfient ! "En 20 ans, le nombre d'installations a été réduit de moitié, constate Sophie Enizan, élue à la chambre d'agriculture. On est passé de 200 dans les années 90 à 120, en moyenne, ces dernières années".

En 2012, 266 agriculteurs sont partis en retraite et la MSA a enregistré 142 départs anticipés, qu'il s'agisse de raisons économiques ou de santé, par ras-le-bol, envie d'aller faire autre chose... Même si l'on rajoute au nombre des installations les 30 à 40 dossiers qui ne bénéficient pas des aides, on est encore loin d'une installation pour deux départs !

"Il s'agit pourtant d'un enjeu stratégique, estime André Sergent, le président de la chambre d'agriculture. Demain, les industries agro-alimentaires auront encore besoin de lait, de porc, de volailles...". Mais, depuis quelques années, l'élevage connaît des difficultés et, dans les campagnes, le moral n'est pas au beau fixe, n'incitant pas les jeunes à franchir le pas de l'installation. "Or, d'ici 10 ans, près d'un chef d'exploitation sur deux va partir en retraite", calcule Sophie Enizan.

 

Former, informer

 

Pour attirer jeunes et moins jeunes, la chambre d'agriculture multiplie les opérations de communication dans les écoles mais aussi auprès des organismes en charge de l'orientation et l'insertion professionnelle. Elle souhaiterait également que le parcours à l'installation soit assoupli. "C'est vrai que c'est compliqué d'obtenir toutes les autorisations", confirme Sébastien Sévignon, qui aura mis 10 mois à boucler son projet.

En agriculture, le taux de viabilité des entreprises est exceptionnel, 90% à 10 ans quand, dans le commerce, il n'est que de 52% à 5 ans. André Sergent y voit le résultat d'un accompagnement à la création d'entreprise plus important. Mais, pour autant, hors de question de relâcher les efforts. "Le métier a changé ! Il faudrait que les formations initiales soient plus en adéquation avec les besoins". Les exploitations s'agrandissent, se mécanisent. "Il faut proposer aux candidats à l'installation de se former à la gestion et au management, deux compétences dont ils auront besoin au quotidien".

Autre souci, le foncier qui souvent fait défaut au moment de l'installation. "Aujourd'hui, les jeunes sont prioritaires", rappelle André Sergent. Mais les exploitations en place ne peuvent pas faire l'économie d'une réflexion sur le sujet, les agrandissements successifs ayant souvent eu pour effet de déstructurer le foncier. "CDOA, Safer, nous devons garder les outils de gestion du foncier. Dans certaines régions, ils ont disparu. Et c'est le carnet de chèques qui fonctionne".

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui